Troubles du sommeil : quand et où faut-il consulter ?

Les trois quarts des Français disent mal dormir et cela est accentué par la crise liée au Covid-19. Un tiers d’entre eux souffre de troubles du sommeil qui nécessitent de consulter. Ce sont ces patients que la neuropsychiatre Marie-Françoise Vecchierini reçoit au centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu, à Paris.

troubles du sommeil

Nous passons un tiers de notre vie à dormir, soit 118 jours par an. Un temps nécessaire pour se développer quand on est enfant et, à tout âge, pour récupérer des forces, assurer le bon fonctionnement de son cerveau, consolider les défenses naturelles de son organisme. C’est dire l’importance vitale d’un sommeil de qualité. Or, plus des trois quarts des Français se plaignent de mal dormir.

Ce ressenti s’est aggravé avec la crise sanitaire et économique du Covid-19. « Les consultations se sont poursuivies après le confinement, dont un grand nombre en téléconsultation. Juste avant ce deuxième confinement, la demande de suivi dans les centres du sommeil a augmenté. Les délais pour obtenir un rendez-vous se sont, de ce fait, allongés. », observe Marie-Françoise Vecchierini, neuropsychiatre au centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu, à Paris, et membre de l’Institut national du sommeil et de la vigilance. « Dans certains cas, des troubles sont apparus. Dans d’autres, ils se sont aggravés. »

10 % de la population souffrent d’insomnies

Les troubles du sommeil se caractérisent la plupart du temps par des insomnies. Ils peuvent aussi être consécutifs à des pathologies telles que le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil, l’hypersomnie (somnolence diurne excessive et persistante). « On consulte surtout parce que l’on ne peut pas dormir. Les difficultés insomniaques touchent 10 % de la population », poursuit le docteur Marie-Françoise Vecchierini.

Certains médecins généralistes se sont formés à la médecine du sommeil et prennent en charge les patients en cabinet de médecine libérale. Si le généraliste estime qu’il n’a pas suffisamment de connaissances, en particulier quand les troubles constatés sont anciens et ont déjà été traités par de multiples thérapeutiques, il va orienter le patient vers un docteur du sommeil.

« Divers spécialistes sont impliqués en médecine du sommeil, spécialité transdisciplinaire : neurologue, pneumologue, ORL… » La médecine du sommeil est reconnue spécialité universitaire depuis 2017. Le diplôme universitaire forme un nombre toujours plus important de praticiens.

Une équipe interdisciplinaire analyse le problème

Le patient peut aussi être adressé par son médecin à un centre du sommeil, où une équipe pluridisciplinaire se penchera sur son cas. On trouve ces structures ou services spécifiques au sein de très nombreux CHU et établissements privés.

L’entretien clinique va reposer sur l’écoute et l’interrogatoire du patient, sur sa connaissance sur le sommeil en général et sur son sommeil en particulier. « On s’intéresse de très près au trouble du sommeil en question : comment se manifeste-t-il, dans quel contexte survient-il, quelle est sa place dans le vécu du patient et ses éventuelles pathologies… », raconte la neuropsychiatre.

L’histoire du sommeil est retracée : son déroulement de la période de l’enfance à l’âge adulte, les besoins ressentis, les heures de lever et coucher, l’environnement, le lieu où le patient dort… « Les antécédents médicaux et psychiatriques, les traitements suivis ou en cours, sont importants pour cette compréhension. »

La tenue d’un agenda du sommeil

Pour compléter ces données, et pouvoir définir un protocole de soins adapté et efficace, le médecin consultant a souvent recours à l’agenda du sommeil. Le patient va remplir un cahier ou des feuilles d’observations et de ressentis durant au moins quinze jours : combien de temps il met pour s’endormir, comment se déroule la nuit de sommeil, quelle est son humeur au réveil, somnole-t-il en journée, fait-il des siestes…

L’agenda du sommeil peut être complété par une actimétrie. Cet enregistrement du rythme repos-activité renseigne sur le rythme veille/sommeil. Les données objectives qu’il délivre sur de longues périodes seront comparées aux informations subjectives de l’agenda du sommeil.

L’hospitalisation de nuit du patient peut être préconisée comme l’explique le docteur Vecchierini. « On la prescrit surtout lorsque l’on soupçonne qu’une pathologie est à l’origine des troubles, telle que l’apnée du sommeil. S’il s’agit de troubles liés à l’anxiété ou à la dépression, les enregistrements nocturnes sont alors et avant tout effectués dans un but de recherches cliniques ».

Quelques conseils pour mieux dormir

  • Adopter des horaires et des habitudes réguliers. Se lever et se coucher toujours à la même heure facilite le sommeil. En journée, ne pas hésiter à faire une courte sieste si l’on en ressent le besoin. Pratiquer une activité physique permet aussi de mieux dormir.
  • Adapter la température de la chambre. Il est conseillé se coucher dans une pièce dans laquelle la température se situe entre 17 et 19 degrés.
  • Doser la lumière. Si en journée, il est recommandé de s’exposer à la lumière, l’obscurité est, en revanche, nécessaire la nuit. L’endormissement correspond au début de la sécrétion de l’hormone mélatonine, inhibée par la lumière. De ce fait, les objets connectés, comme les écrans de téléphone, sont à proscrire.
  • Se protéger du bruit, des sources qui perturbent. Qu’il soit extérieur ou intérieur, le bruit peut empêcher le sommeil. De même que les activités qui peuvent perturber la sensibilité comme regarder un programme télévisé violent.
  • Choisir une alimentation adéquate. Le soir, l’alimentation ne doit pas être trop abondante ni lourde. Il faut éviter les excitants comme l’alcool. Ne pas trop boire en amont du sommeil car cela risque de provoquer des envies d’uriner dans la nuit.
  • Consulter son médecin si les troubles persistent. Il ne faut surtout pas s’automédicamenter.
  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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