Tuberculose : maintenir la vigilance

La tuberculose, encore très présente sur certains continents, poursuit sa décroissance en France. Les autorités sanitaires préconisent toutefois le maintien de la vigilance.

En 2015, 10,4 millions de personnes ont contracté la tuberculose à travers le monde et 1,8 million en sont mortes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette pathologie due au bacille de Koch, qui touche principalement les poumons (dans 70 % des cas), reste la maladie infectieuse la plus meurtrière.

La France est un pays à faible endémie. 4 714 cas ont été déclarés cette même année, soit un taux d’incidence de 7,1 pour 100 000 habitants. « La décroissance régulière observée depuis plusieurs années se poursuit en 2015, où le taux de déclaration a baissé de 17 % par rapport à 2005 et de 11 % par rapport à 2010 », observe le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, Santé publique France) dans son édition du 21 mars 2017.

Mais, malgré cette tendance à la baisse, la maladie persiste, notamment dans les zones où il y a le plus de pauvreté et de promiscuité. « Les populations chez lesquelles on trouve les taux d’incidence les plus élevés sont les personnes sans domicile fixe, les migrants arrivés récemment et accueillis en centre d’hébergement d’urgence, ainsi que les personnes nées à l’étranger ou dont l’un des deux parents est né dans un pays à forte endémie », précise le docteur Amel Medjahed, cheffe du centre de lutte antituberculeuse des Hauts-de-Seine (CLAT 92).

Le vaccin BCG recommandé pour les enfants à risque

Dans les milieux les plus touchés, « la vaccination BCG de l’enfant constitue l’un des principaux moyens de prévention », explique le BEH. S’il n’est plus obligatoire depuis 2007 en France, ce vaccin reste donc fortement recommandé chez les enfants à risque* dans les départements où l’incidence est la plus élevée (Ile-de-France, Guyane et Mayotte).
Plutôt bien suivie, cette préconisation permet de maintenir un taux satisfaisant de couverture vaccinale dans les territoires sensibles. En Ile-de-France, par exemple, il atteint 90 % des enfants nés en 2014, d’après une note de la Direction générale de la Santé (DGS) datant de mars 2017. Ainsi, la baisse de l’incidence se poursuit dans cette région et reste stable en Guyane. À Mayotte, en revanche, les données de 2015 révèlent un taux de déclaration multiplié par deux.

Parfois pointée du doigt pour expliquer la persistance de la maladie, la fin de l’obligation vaccinale ne semble pas avoir eu de conséquence particulière. « Les données chez l’enfant n’indiquent pas d’impact des nouvelles modalités de vaccination par le BCG », souligne le BEH. « Depuis 2007, le nombre de cas de forme grave est même bien inférieur à ce qui était attendu », rassure de son côté Amel Medjahed.

Traitement rapide et dépistage

Pour la France, la formule « non-obligation-recommandation » retenue semble bien être la bonne, même si l’on manque encore de recul pour en être sûr. La surveillance de la maladie fait en outre l’objet d’une attention très soutenue de la part de la direction générale de la sante (DGS) et des agences régionales de santé (ARS).

Lorsqu’un médecin diagnostique un cas, il doit non seulement le déclarer, mais aussi préciser l’issue du traitement mis en place si ce dernier intègre au moins trois antituberculeux. Dès qu’un cas est signalé, les équipes du CLAT (centre de lutte antituberculeuse) se déplacent. Elles organisent le dépistage au sein de l’entourage proche du patient et traitent les infections tuberculeuses (même latentes) diagnostiquées, selon les recommandations de l’OMS. Placées au plus près du terrain, ces équipes travaillent en collaboration étroite avec les services départementaux, médico-sociaux ainsi qu’avec les centres de protection maternelle et infantile (PMI) et les structures d’accueil.

À noter enfin que la France dispose d’un sanatorium spécialisé dans la prise en charge des cas complexes de tuberculose, à Bligny, dans l’Essonne.

* Enfants nés dans un pays à forte endémie ou dont l’un des parents en est originaire, devant séjourner au moins un mois dans un de ces pays, ayant des antécédents familiaux de tuberculose ou vivant dans des conditions de logement précaire ou surpeuplé.

  • Aliisa Waltari (ANPM-France Mutualité)
  • Crédit photo : Shutterstock

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