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Le bon usage des antibiotiques

Utilisés à tort ou en quantité trop importante, les antibiotiques deviennent progressivement de moins en moins efficaces. Pour préserver leur efficacité, il est essentiel de respecter les règles de bon usage.

Le bon usage des antibiotiques

Largement utilisés depuis la Seconde Guerre Mondiale, les antibiotiques ont permis une véritable révolution médicale en faisant reculer la mortalité liée à des maladies infectieuses graves, comme la tuberculose ou la peste, dans le monde entier. Mais victimes de leur succès, ils ont aussi été utilisés de façon massive et pas toujours à bon escient. Par conséquent, il existe aujourd’hui de plus en plus de bactéries qui y sont résistantes. Les autorités sanitaires organisent donc régulièrement des campagnes pour rappeler quelques règles de bon usage des antibiotiques.

 

Les antibiotiques ne soignent pas tout, et pas tout de suite

Les antibiotiques sont des substances naturelles ou synthétiques qui s’attaquent aux bactéries, et à elles seules. Ils sont impuissants contre les virus, eux aussi responsables d’infections, et contre les champignons et levures qui sont à l’origine de mycoses. Le problème, c’est qu’il n’est pas toujours facile de faire la différence entre infection bactérienne et infection virale car les symptômes les plus fréquents peuvent être similaires : fièvre, courbatures, toux ou troubles digestifs… Or des maladies aussi banales que les otites, les angines ou même les gastro-entérites, peuvent aussi bien être causées par des bactéries que par des virus. Seul un médecin peut faire la différence et décider si un traitement antibiotique est justifié ou non (à lire aussi « Angine et test de diagnostic rapide »).

Le principe d’action des antibiotiques est d’empêcher les bactéries de se multiplier. Ils n’agissent donc pas sur les symptômes mêmes de la maladie mais évitent que celle-ci se prolonge, voire s’aggrave. C’est pourquoi quand on prend des antibiotiques, la guérison peut parfois prendre un peu de temps, mais cela ne signifie pas que le traitement est inefficace.

 

Mal utilisés, ils perdent de leur efficacité

Si vous prenez des antibiotiques alors que vous ne souffrez pas d’une maladie d’origine bactérienne, le traitement n’aura aucun effet. Par ailleurs, vous prenez le risque de fragiliser votre flore digestive en tuant les « bonnes bactéries ». Présentes au niveau du gros intestin, elles sont indispensables pour bien digérer. Autre menace : la prochaine fois que vous aurez réellement besoin d’un traitement antibiotique, celui-ci peut s’avérer moins efficace que prévu.

En effet, le risque principal d’une mauvaise utilisation de ces médicaments, c’est le développement de l’antibiorésistance : plus on utilise les antibiotiques, et surtout lorsqu’on le fait à tort, et plus les bactéries s’y habituent en quelque sorte et deviennent résistantes. Les antibiotiques perdent alors leur efficacité. Ce problème est aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Il existe de plus en plus de souches de bactéries résistantes à plusieurs familles d’antibiotiques. Elles sont donc plus difficiles à combattre. C’est le cas par exemple des Escherichia coli (appelées aussi colibacilles), responsables notamment d’infections urinaires, des pneumocoques qui provoquent des maladies respiratoires et des otites ou encore des staphylocoques dorés, à l’origine de redoutables infections à l’hôpital.

 

Règles de bon usage

Pour conserver toute l’efficacité des antibiotiques, il est très important de les utiliser correctement en respectant la prescription faite par votre médecin. En pratique, il y a 5 règles d’or à suivre :

  • Respecter scrupuleusement les doses et la durée du traitement antibiotique qui vous a été prescrit.
  • Prendre votre traitement jusqu’au bout, sans écourter la durée même si les symptômes évoluent favorablement.
  • Ne pas donner votre traitement à quelqu’un d’autre, ou utiliser celui d’une autre personne, même si vos symptômes sont similaires.
  • Une fois le traitement prescrit terminé, ramener les comprimés ou le sirop restant à votre pharmacie.
  • En cas de doute ou d’effets indésirables, demander conseil à votre médecin.

 

Angine et test de diagnostic rapide (TDR)

Dans 75 à 90 % des cas chez l’adulte, et 60 à 75 % des cas chez l’enfant, les angines sont d’origine virale. La plupart du temps donc, les antibiotiques ne sont d’aucune efficacité. Pour déterminer l’origine d’une angine, le médecin peut réaliser lors de sa consultation un test de diagnostic rapide (TDR), simple, indolore et très efficace. En pratique, il utilise une sorte de coton-tige pour faire un prélèvement au niveau de la gorge, puis le plonge dans un réactif liquide. En quelques minutes, il sait si l’angine est d’origine bactérienne ou virale, et donc s’il convient ou non de prescrire un traitement antibiotique. Dans le cadre d’une consultation, le TDR est gratuit.

 

Pour en savoir plus

  • Émilie Gillet
  • Crédit photo : Ariel Skelley/Getty Images

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