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Les vaccins contre les Papillomavirus Humains

La vaccination contre les Papillomavirus Humains (HPV), officiellement recommandée chez les préadolescentes, en prévention du cancer du col de l’utérus, protège-t-elle vraiment, présente-t-elle des risques et peut-on éventuellement s’en passer ?

Depuis 2006, deux vaccins contre les Papillomavirus sont commercialisés en France et officiellement recommandés par les Autorités sanitaires pour la prévention des cancers du col de l’utérus.

 

Que sont les Papillomavirus Humains ?

Les Papillomavirus sont responsables d’infections sexuellement transmissibles (IST) relativement fréquentes : 80 % des femmes seront, à un moment de leur vie, en contact avec un HPV sans que celui-ci ne provoque de lésions.

Mais parfois, ils sont à l’origine des condylomes (sortes de verrues vénériennes bénignes) et de lésions pouvant évoluer vers un cancer du col de l’utérus. Cette probabilité reste extrêmement rare, puisque la très grande majorité des infections par HPV guérissent sans aucun traitement.

À noter : les HPV sont également mis en cause dans certains cancers de la gorge et de l’œsophage.

S’il existe plus de 200 différents types de Papillomavirus, on estime que près de 75 % des cancers du col de l’utérus sont dus aux types 16 et 18*.

* rapport du Haut Comité de Santé Publique, octobre 2011

 

Quelles sont les recommandations officielles concernant le vaccin ?

Le calendrier vaccinal 2013, établi par le Haut Comité de Santé Publique, préconise que la vaccination soit faite, chez les jeunes filles, entre 11 et 14 ans.

Pour celles qui n’ont pu être vaccinées à cet âge-là, un rattrapage est envisageable entre 15 et 19 ans à condition qu’elles n’aient pas encore d’activité sexuelle ou, si elles en ont une, que cela soit depuis moins d’un an.

Trois injections sont recommandées (les deux premières à un ou deux mois d’intervalle, puis un rappel six mois plus tard). Aucun vaccin n’est privilégié par rapport à l’autre, mais il est très important que les 3 injections soient réalisées avec le même produit.

 

Ces vaccins contre les HPV sont-ils efficaces ?

Le laps de temps entre la survenue d’une infection par Papillomavirus et le développement d’un cancer du col de l’utérus est en moyenne de 10 à 15 ans. Ce délai est tel, qu’aucune étude à ce jour n’a permis de démontrer que la vaccination contre les HPV permettait de faire baisser le nombre de ces cancers.

De plus, les vaccins ne protègent pas contre toutes les souches de virus qui peuvent être à l’origine d’un cancer, et on ne sait pas si la protection dure toute la vie ou s’il faut effectuer un rappel vaccinal.

Cependant, des études ont conclu que la vaccination permettait de faire diminuer l’incidence des lésions précancéreuses chez les jeunes femmes.

 

Quels sont les risques éventuels ?

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme pour l’Agence Européenne du Médicament, le bénéfice de ces vaccins est largement supérieur aux risques. Les éventuels effets secondaires sont rares, le plus souvent mineurs et transitoires.

Aucune étude ne démontre que les risques de maladies neurologiques sont plus importants chez les femmes vaccinées que dans la population en générale. A ce jour, plus de 2,5 millions de Françaises sont déjà vaccinées.

 

Pourquoi le frottis reste indispensable ?

Les vaccins contre les HPV ne protègent pas contre toutes les souches de virus et la protection vis à vis des 4 souches ciblées n’est pas de 100 %. Enfin, le délai entre l’infection par les HPV et la survenue d’un cancer est très long.

Pour toutes ces raisons, il est indispensable que toutes les femmes, qu’elles soient vaccinées ou non, se fassent faire un frottis cervico-utérin (tous les trois ans entre 25 et 65 ans), par leur gynécologue, leur médecin généraliste, ou une sage-femme.

Elles peuvent également se rendre dans un hôpital, un centre de santé, un centre de planification familiale ou encore dans certains laboratoires d’analyse de biologie médicale. Le frottis permet de détecter des lésions pré-cancéreuses qui seront ensuite traitées facilement et efficacement.

Rappelons que 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis. En 2011, près de 2 800 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été diagnostiqués en France. Depuis 20 ans, le dépistage par frottis a permis de diminuer de moitié ce chiffre*.

L’efficacité de cette méthode est telle que certains experts appellent même à l’organisation d’un dépistage organisé et systématique des femmes ciblées, comme c’est par exemple le cas avec la mammographie et le cancer du sein.

* Institut National du Cancer, juin 2011.

 

Pour en savoir plus

  • Émilie Gillet
  • Crédit photo : FatCamera/Istockphotos

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