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Vrai/Faux sur la ménopause

Vrai/faux sur la ménopause

Période charnière dans la vie d’une femme, la ménopause suscite encore bien des fantasmes et contre-vérités. Quels en sont les signes précurseurs ? À quel âge une femme est-elle ménopausée ? Quelles en sont les conséquences sur la santé ?

1 – L’arrêt des règles à la cinquantaine correspond à la ménopause.

Vrai. À condition que cette absence totale de règles aux alentours de la cinquantaine, dure depuis au moins un an. Si l’arrêt des règles est le signe le plus objectif de la ménopause, il n’est cependant pas le seul et s’accompagne le plus souvent d’autres symptômes (bouffées de chaleur, fatigue, irritabilité…).

 

2 – La ménopause s’accompagne toujours de troubles gênants.

Vrai et Faux. Les bouffées de chaleur dues à l’arrêt de la production d’œstrogènes par les ovaires représentent le trouble le plus fréquent. Sans danger mais incommodantes, les bouffées de chaleur peuvent être sources d’insomnie et donc de fatigue et de troubles de l’humeur. En cette période, la plupart des femmes se plaignent aussi de prendre du poids et de voir leur silhouette changer, car ces kilos supplémentaires ont tendance à se localiser autour de la taille. À la longue, les sécrétions hormonales diminuent et le vagin peut s’assécher et perdre sa souplesse. Les relations sexuelles deviennent alors douloureuses. La carence en œstrogènes qui caractérise la ménopause favorise aussi l’accélération de la perte osseuse et l’ostéoporose.

Tous ces symptômes varient d’une femme à l’autre en fréquence et en intensité. On considère que 3 femmes sur 4 vont connaître des symptômes, en particulier des bouffées de chaleur et sueurs nocturnes. Les bouffées de chaleur peuvent durer très longtemps, en moyenne 7 ans ½ et parfois beaucoup plus longtemps. Quand ces troubles deviennent gênants et altèrent la qualité de vie, il convient de consulter car il existe des traitements très efficaces.

 

3 – La ménopause est précédée d’une période transitoire.

Vrai. Dans la grande majorité des cas, la ménopause est précédée d’une période intermédiaire de transition appelée périménopause, qui varie de quelques mois à 7 ans. En moyenne, trois à quatre années s’écoulent entre le premier dérèglement des cycles et l’arrêt définitif des règles.

 

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé pour les femmes de 25 à 65 ans. En quoi cela consiste ? Pour en savoir plus : Cancer du col de l’utérus : quel dépistage ?

 

4 – Il faut toujours suivre un Traitement Hormonal de la Ménopause (THM).

Faux. Ce traitement à base d’hormones de substitution en comprimés, gel ou patch, n’est justifié que si vous êtes très gênée par vos troubles. Ce traitement fait habituellement disparaître ou diminuer considérablement les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Il permet de préserver une sexualité satisfaisante, redonne tonus et énergie, améliore la qualité du sommeil et protège le capital osseux.

En revanche, certains traitements hormonaux de longue durée peuvent augmenter faiblement le risque de cancer du sein. Le traitement hormonal de la ménopause doit donc être prescrit à dose et durée minimales et réévalué chaque année en fonction du rapport bénéfice/risque propre à chaque femme (recommandations de la Haute autorité de santé).

 

5 – Il est possible de retarder l’arrivée de la ménopause.

Faux. Chaque femme naît avec un stock limité de follicules qui contiennent chacun un ovule (ovocyte) et cette réserve ne peut être ni renouvelée, ni enrichie. Lorsque ce capital initial d’ovocytes est épuisé, c’est la ménopause.

 

6 – Certaines femmes ne peuvent pas bénéficier du Traitement Hormonal de la Ménopause (THM).

Vrai. Ce traitement est contre-indiqué en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant (sein, utérus). Il existe aussi des précautions d’emploi chez les femmes présentant un fibrome de l’utérus (tumeur bénigne de tissu fibreux et musculaire), une endométriose (présence de muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine), une mastose (sein dur, tendu, douloureux, granuleux) ou des antécédents cardiovasculaires.

 

7 – Le traitement hormonal de la ménopause ne supprime pas les règles.

Vrai et faux. Il existe différents protocoles de traitement hormonaux de la ménopause, certains avec des règles régulières et d’autres sans aucun saignement. La grande majorité des femmes qui suivent un traitement hormonal de la ménopause souhaitent et réclament un traitement sans règles.

Dans la pratique, il est assez facile de prescrire et d’obtenir un traitement sans règles en particulier quand on emploie la progestérone naturelle et une posologie hormonale modérée. Parlez-en à votre médecin traitant ou votre gynécologue.

 

8 – Si ma mère a été ménopausée tard, je le serai aussi.

Vrai et faux. C’est un indice mais pas une règle. Il peut y avoir une certaine prédisposition familiale à la survenue précoce ou tardive de la ménopause mais chaque femme reçoit des gènes de sa mère mais aussi de son père.

 

9 – Certains traitements peuvent entraîner une ménopause précoce.

Vrai. L’ablation chirurgicale des ovaires, mais aussi certaines chimiothérapies ou radiothérapies prescrites en cas de cancer, peuvent provoquer une ménopause précoce, en altérant la fonction ovarienne. C’est pourquoi on peut proposer aux femmes jeunes atteintes d’un cancer, de congeler leurs ovocytes (ou des fragments de tissu ovarien) pour préserver leur fertilité avant de commencer les traitements.

 

10 – Le tabac avance l’âge de la ménopause.

Vrai. Un tabagisme important pendant plusieurs années avance l’âge de la ménopause d’une à deux années. Sous l’influence du tabac, Les ovaires et les ovocytes semblent vieillir prématurément et le stock de follicules s’épuise plus rapidement.

 

POINT DE VUE

« Nous prescrivons des traitements sur-mesure »

par le Dr Alain Tamborini, gynécologue

« Si une femme souffre de troubles importants qui altèrent sa qualité de vie, elle ne doit surtout pas se résigner. Comprimés, gels, timbres… il existe une soixantaine de traitements hormonaux de la ménopause possible, pris en charge par l’Assurance Maladie.* Au médecin de trouver en collaboration avec sa patiente le bon produit, le bon dosage suivant le bon protocole. On peut y associer des traitements hormonaux locaux vaginaux en crèmes et ovules pour lutter contre la sécheresse vaginale, un lubrifiant à utiliser pendant les relations sexuelles, des conseils nutritionnels pour limiter la prise de poids… L’intérêt du traitement hormonal de la ménopause sera réévalué au moins chaque année et, avec le temps, sa posologie pourra être judicieusement et progressivement réduite jusqu’à disparition des symptômes. »

* ce traitement est remboursé à 65 % par l’assurance maladie, le complément pouvant être pris en charge par votre mutuelle.

  • Isabelle Blin
  • Crédit photo : Getty Images

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