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À quoi sert une sage-femme ?

À quoi sert une sage-femme ?

En dix ans, la mission des sages-femmes a été largement étendue. Elles sont désormais compétentes pour le suivi gynécologique classique ou la vaccination.

Anne-Marie Curat est présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes (CNOSF). Elle revient pour Essentiel Santé Magazine sur l’évolution du rôle des sages-femmes.

 

Qu’est-ce qu’une sage-femme ?

Anne-Marie Curat
Anne-Marie Curat – Crédit photo : Alain Guiomard

Anne-Marie Curat : Le mot « sage » vient du grec « sophos » qui signifie « habile, expert ». C’est donc une personne qui a la connaissance de la femme (de son corps, de son psychisme et de sa physiologie). Aussi, pour les quelques hommes représentés dans la profession, on parle également de « sage-femme ».
Les sages-femmes assurent la surveillance médicale de la grossesse (dont les échographies), pratiquent l’accouchement et effectuent les soins de la toute jeune maman et du nouveau-né, c’est-à-dire le bébé âgé de moins de 28 jours.

Plus globalement, nous aidons les couples à se préparer à la naissance et à la parentalité puis à accueillir leur enfant. Nous nous occupons aussi de la rééducation périnéale liée à l’accouchement.

Des diplômes complémentaires permettent aux sages-femmes d’accomplir des actes d’acupuncture et d’ostéopathie, pour soulager certains maux de la grossesse par exemple.

Elles ont aussi le droit de pratiquer certaines vaccinations chez les nouveau-nés, l’entourage des femmes enceintes (donc des hommes !) et les femmes, même quand elles n’attendent pas d’enfant.

 

Le rôle des sages-femmes ne se limite donc pas à la période qui entoure la naissance.

A.-M. C.  : Depuis 2009, leur mission a été étendue au suivi gynécologique de prévention de toutes les femmes, à partir de l’adolescence et même après la ménopause. Elles réalisent les examens de contrôle classique, dont le frottis cervico-utérin visant à dépister le cancer du col de l’utérus. Elles s’occupent aussi de la contraception et peuvent poser un implant, un stérilet…

Les patientes qui souhaitent arrêter de fumer peuvent par ailleurs trouver de l’aide auprès des sages-femmes, pour accéder à des substituts nicotiniques par exemple.

La profession a également le droit de prescrire des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse.

 

Quelle est la différence avec un médecin gynécologue ?

A.-M. C.  : Sage-femme est aussi un métier médical, accessible après une première année commune aux études de santé (PACES) avec les futurs médecins, suivie de quatre années en école spécialisée.

Mais nous ne prenons en charge que les patientes en bonne santé. En cas de pathologie (diabète de la femme enceinte par exemple), nous devons passer le relais au médecin. Rien n’empêche cependant à ce dernier de nous faire intervenir ensuite sur prescription.

Étant donné la pénurie de gynécologues, il peut être plus aisé d’obtenir un rendez-vous auprès d’une sage-femme.

 

Où trouver des sages-femmes ?

A.-M. C.  : Jusque dans les années 1950, elles faisaient partie des notables du village, aux côtés du maire et du curé. Avec la médicalisation de la naissance, elles ont rejoint en grand nombre les maternités et sont devenues moins visibles.

Même si une grosse moitié de la profession continue d’exercer de manière exclusive dans les maternités, l’extension de nos missions et la fermeture des petits hôpitaux a inversé la tendance. De plus en plus de sages-femmes travaillent à leur compte, en cabinet. Les coordonnées des professionnelles libérales sont disponibles en ligne, dans l’annuaire du CNOSF, auprès des cliniques et des centres hospitaliers… Enfin, une petite proportion de sages-femmes est présente dans les services départementaux de protection maternelle infantile (PMI).

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : MachineHeadz / Getty Images

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