La cataracte, une opération courante

L’opération de la cataracte concerne près de 600 000 personnes par an, en France. Elle est majoritairement réalisée en chirurgie ambulatoire, avec un retour à la maison le jour même. De quoi rassurer celles et ceux d’entre nous qui – l’âge aidant – souffrent d’une vision floue ou voilée.

C’est l’intervention chirurgicale la plus pratiquée en France et même au monde, d’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). En France, près de 600 000 personnes se font opérer chaque année de la cataracte, une maladie qui se caractérise par une opacification du cristallin, la lentille naturelle à l’avant de l’œil.

 

Plusieurs types de cataractes

La cataracte peut être héréditaire, congénitale, traumatique… Mais dans l’immense majorité des cas, cette maladie est liée à l’âge. Elle peut apparaître dès 50 ans mais survient le plus souvent après 70 ans. « La substance à l’intérieur du cristallin devient plus jaune, change de forme, ce qui perturbe la formation des images sur la rétine, explique le Pr Jean-Claude Hache, ophtalmologiste. La nuit, les patients ont tendance à être plus éblouis par les phares. »

 

Redécouvrir les couleurs d’origine

L’évolution est généralement lente, si bien que certaines personnes n’ont pas vraiment conscience de cette altération. La palette des couleurs se modifie imperceptiblement. Des tableaux de Claude Monet avant et après une opération de la cataracte montrent les changements de perception : avant, la tonalité jaune est prééminente ; après, les bleus éclatants sont à nouveau sensibles.

L’opacification du cristallin est liée au vieillissement et s’accélère avec le diabète. Le seul traitement possible est l’intervention chirurgicale. Avant de la pratiquer, l’ophtalmologiste doit établir si d’autres pathologies sont présentes, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui ne sera pas améliorée par l’opération, mais les contre-indications sont rares.

« C’est une chirurgie non traumatisante, sans saignement, souligne le Pr Hache. L’opération est réalisée sous anesthésie locale ou topique, c’est-à-dire avec des gouttes anesthésiantes dans l’œil. Mais pour les patients qu’elle effraie, elle peut être faite sous anesthésie générale. »

L’intervention dure environ une vingtaine de minutes. Par une petite ouverture de 2 millimètres le chirurgien introduit un instrument qui brise le cristallin. Les débris sont évacués par aspiration. « Grâce à un tube, on glisse une lentille réalisée dans un matériau pliable, que l’on positionne à la place du cristallin, poursuit le Pr Hache. L’opération est terminée. Dans la plupart des cas, il n’y a pas de suture, car l’incision est petite et auto étanche. Habituellement, on met un pansement et le patient sort sur ses deux pieds. »

 

La cataracte « secondaire »

Les complications sont extrêmement rares. Mais des infections peuvent apparaître quelques jours ou plusieurs semaines après l’opération. C’est pourquoi les interventions sur chaque œil sont dissociées dans le temps afin de pouvoir traiter une éventuelle complication avant d’opérer le deuxième œil.

Considérée comme une suite opératoire et non une complication, une cataracte dite « secondaire » apparaît parfois : c’est une opacification du support de l’implant, qui se traite par le laser en une seule séance. L’opération de la cataracte est fréquemment réalisée chez des personnes très âgées. « Il n’y a pas de danger particulier à se faire opérer, insiste le Pr Hache. On pratique sans problème cette intervention sur des centenaires ! Une fois opérés, la plupart des patients regrettent de ne pas l’avoir fait plus tôt. »

Les implants n’ont pas besoin d’être changés, sauf cas particuliers. Ils peuvent corriger l’astigmatisme, l’hypermétropie, la presbytie ou la myopie. Il existe également des implants multifocaux qui permettent de voir à la fois de près et de loin sans lunettes, mais ils sont déconseillés aux patients ayant des activités visuelles exigeantes, comme la conduite de nuit. « J’ai retrouvé tout de suite une vision très nette »

 

Jean, 79 ans, a été opéré de la cataracte à chaque œil avec deux ans d’intervalle entre chaque intervention :

« Je ressentais une gêne constante de près et de loin, comme si j’avais un voile sur l’œil. Mon ophtalmologiste a diagnostiqué une cataracte. J’ai été opéré en ambulatoire : arrivé le matin, je suis sorti l’après-midi. On m’avait donné un médicament pour rester tranquille. Sous anesthésie locale, j’entendais le chirurgien m’expliquer les étapes de l’intervention. Je voyais des couleurs pastel magnifiques se déplacer dans mon œil. On m’a placé une coquille sur l’œil, que j’ai gardée jusqu’au rendez-vous le lendemain de l’opération.

Dès qu’elle a été enlevée, j’ai constaté que j’avais retrouvé une vision très nette, avec des blancs étincelants et non plus jaunâtres. Toutes les couleurs étaient parfaitement restaurées. Deux ans après, l’intervention sur l’autre œil s’est aussi parfaitement bien passée. Dans les deux cas, une nouvelle opacification est intervenue : il a fallu une intervention supplémentaire, totalement indolore, au laser, chez mon ophtalmologiste. »

 

Chirurgie de la cataracte : combien ça coûte ?

L’intervention chirurgicale de la cataracte est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale si elle est pratiquée par un chirurgien exerçant en secteur 1. En ambulatoire, cette opération coûte entre 1 200 et 1 500 euros en moyenne. Ces tarifs varient selon les établissements, notamment s’ils sont conventionnés ou pas. Restera à votre charge ou à celle de votre mutuelle une participation forfaitaire de 18 euros et un éventuel dépassement d’honoraires si le médecin exerce en secteur 2.

Votre chirurgien peut vous proposer, à cette occasion, la pose d’un implant multifocal permettant de retrouver une bonne vision de près et/ou de loin. Ces dispositifs sont plus chers et le surcoût reste à votre charge ou à celle de votre mutuelle.

 

Pour en savoir plus

  • Corinne Renou-Nativel et Ghislaine Trabacchi (anpm)
  • Crédit photo : Mutweb / Gérard Monico

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