Cécile Hernandez dépasse les barrières de la sclérose en plaques grâce au sport

Sportive de haut niveau, Cécile Hernandez a été touchée par la sclérose en plaques à 28 ans. Elle ne marchait plus, ne faisait plus de sport… Après d’innombrables séances de kinésithérapie et une volonté d’acier, elle remarche et devient même vice-championne paralympique de snowboard en 2014.

Cécile Hernandez dépasse les barrières de la sclérose en plaques grâce au sport

À 28 ans, Cécile Hernandez a vu sa vie bouleversée du jour au lendemain. Le 21 octobre 2002, elle se réveille paralysée des jambes. Plus aucune sensation jusqu’au niveau du bassin. Quatre jours après, le diagnostic tombe : la jeune femme est atteinte d’une sclérose en plaques. « J’étais à l’hôpital et le lendemain, on m’a amené un fauteuil roulant en me disant, voilà, c’est votre nouvelle vie. Personne ne savait si je remarcherai un jour », explique-t-elle. Difficile à entendre pour la jeune femme alors sportive de haut niveau en BMX.

Elle passe plusieurs mois en centre de rééducation où elle n’arrive pas à trouver sa place. « Je n’avais jamais connu l’épreuve de la maladie. J’étais loin d’accepter mon nouveau statut de personne handicapée. La rééducation s’est mal passée, je ne comprenais pas ce que je faisais », raconte-t-elle.

Trois ans avant de remarcher

En 2005, Cécile a connu de nouvelles poussées touchant ses jambes, ses bras, ses yeux, la déglutition… De nouveau hospitalisée, elle refuse de retourner en centre de rééducation et se tourne vers un kinésithérapeute qu’on lui avait recommandé. « C’était en août et il m’a dit que je remarcherai en fin d’année. Plus tard, je lui ai demandé ce qui lui avait permis de me dire ça. Il m’a répondu : ʺ Votre sale caractère. Vous n’aviez pas envie de vous laisser abattre, de laisser la maladie gagner le combat de votre vieʺ. Il a d’abord pris en considération ma maladie et mon épuisement. Il a renforcé mon capital énergétique et une fois que j’ai eu la force et la puissance, il m’a fait remarcher », raconte-t-elle. Fin décembre, après trois ans de galère, la jeune femme remarche.

Le vélo puis le snowboard

En 2007, elle donne naissance à sa fille, « sa plus belle médaille ». Elle se réfugie dans l’écriture et devient journaliste. Mais le sport lui manque toujours. Et c’est par hasard qu’elle remontera sur un vélo. Marraine d’un raid sportif handi-valide, elle décide de prendre le départ sur un vélo couché en binôme avec un valide. « Je me suis rendu compte que je pouvais faire du sport et que je pouvais dépasser les barrières que m’imposait la maladie. Le lendemain, j’ai eu des courbatures mais cela signifiait que je sentais mon corps donc qu’il était vivant », se rappelle-t-elle.

Le vélo deviendra alors son moyen de transport pour aller au travail. Mais avec son tempérament de battante, Cécile Hernandez ne veut pas se contenter du deux-roues, elle, la montagnarde, qui est montée sur des skis à 1 an et 3 mois. Elle rêve de glisse. Lors d’un séjour à la montagne, elle rencontre un membre de l’équipe de France de snowboard handisport. Et elle remonte sur un snowboard. « Je suis tombée, je me suis relevée, je suis retombée et je me suis relevée. Je n’étais pas dans la comparaison avec ce que je faisais avant bien évidemment. Mais je pleurais et c’était bien la première fois que la maladie me faisait pleurer de joie », se souvient la championne.

« Je vis ma vie par tranche de 24 heures »

Dans la foulée, elle réalise des tests avec l’équipe de France handisport de snowboard. Elle participe à une Coupe du monde et termine 4e. En 2014, elle décroche sa première médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Sotchi. Depuis, elle enchaîne les compétitions de haut niveau et espère remonter sur le podium à Pékin en 2022.

« C’est compliqué de vivre avec ce handicap mais la vie est belle. Elle est même plus belle qu’avant. J’ai changé, je suis passée de la personne superficielle que j’étais à une personne plus humaine qui connaît le sens de la vie. Je la vis par tranche de 24 heures, parce que tous les matins je ne sais pas si je vais remarcher. Quand je pose le pied sur le sol et que je sens la fraîcheur du carrelage, je suis heureuse car je sais à quel point tout peut basculer. Je suis une personne handicapée et fière de l’être. J’ai réussi à faire de belles choses avec mon handicap. Je sais que le futur n’est pas rose mais je m’adapterai ».

Parallèlement à sa carrière de sportive de haut niveau, Cécile Hernandez veut développer la pratique des sports extrêmes pour les personnes handicapées : le skate, le snowboard et tous les sports à sensations fortes. « La peur va nous transcender et nous faire nous sentir encore plus vivants. J’aime répéter que la vie est un sport et que le sport c’est la vie. On est tous des athlètes car on est tous acteurs de notre vie », conclut-elle.

Cécile Hernandez, ambassadrice Harmonie Mutuelle

Harmonie Mutuelle soutient la championne de snowboard tout au long de son année sportive. Cécile Hernandez, ambassadrice pour la mutuelle, intervient régulièrement pour raconter son parcours et expliquer comment elle gère au quotidien sa maladie et sa carrière de sportive de haut niveau.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : DR

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