Le cabinet médical est d’habitude plein de vie. Situé à Gigean, dans l’Hérault, il est partagé par deux psychologues, une psychiatre, une nutritionniste, des orthophonistes et un ostéopathe. Les enfants ont leur coin pour jouer. Les adultes feuillettent des magazines. Depuis quelques jours, en raison du coronavirus, les lieux sont désertés, sauf rares exceptions où le présentiel le nécessite.
Élisabeth Orfila, psychologue clinicienne, ne fait quasiment plus le déplacement de son domicile au cabinet. Elle a dû adapter son travail aux mesures sanitaires exceptionnelles qu’impose l’épidémie. « Les séances de thérapie se déroulent en ligne, via des applications comme Skype ou encore WhatsApp. On ne peut pas se permettre de ne plus assurer notre travail. Certains patients ont besoin d’un suivi », explique-t-elle.
La psychologue souligne toutefois qu’elle peut poursuivre ses activités. Ce qui n’est pas le cas de sa consœur ostéopathe, voisine de cabinet. « Tout est allé crescendo. Pour ma part, j’ai commencé à ne plus serrer les mains. Puis, à ne plus recevoir les enfants au cabinet. Enfin, j’ai limité le présentiel avec les adultes, usé de mille et une précautions pour que les patients ne se croisent pas en salle d’attente ».
Dans ce contexte, la téléconsultation s’est mise en place progressivement. Et d’observer : « Avec le Covid-19 et ses inconnus, on sait que le soutien psychologique est nécessaire. Les gens ont besoin d’être rassurés. Et les effets du confinement vont engendrer des tensions que nous pouvons aider à surmonter ».
À défaut de présence physique, ou parce qu’il est parfois incommode de parler derrière un écran, des patients ont préféré annuler ou déplacer les rendez-vous. « Je dirais que ça concerne 60 à 70 % des cas ». Les autres se connectent pour pouvoir suivre leur thérapie. Ce qui n’a rien à voir avec le face-à-face au cabinet et réduit les possibilités. « C’est différent. Il y a des pratiques qui ne sont pas possibles en ligne. Ma collègue fait de l’EMDR*. Elle a dû stopper cette activité ».
Pas évident non plus de mener une séance de relaxation ou d’hypnose à distance. « Afin de calibrer les choses, il faut pouvoir voir les réactions corporelles de la personne. Ça reste plus compliqué par le biais d’un écran ». Sans compter que la technique a parfois ses limites : images défaillantes, sons coupés. Dans ce cas, la patience est de mise. « C’est un peu frustrant certes, mais il faut le voir comme une ouverture, une autre façon de concevoir la thérapie », soutient la psychologue, qui pense que ces nouvelles méthodes de travail, en rodage, sont amenées à évoluer et à s’améliorer.
* Thérapie cognitive par mouvements oculaires saccadés et stimulations tactiles ou auditives.
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