Covid-19 : où, quand et comment se faire vacciner ?

La vaccination contre le SARSCoV2 a débuté en France le 27 décembre 2020. Elle s’organise en plusieurs étapes recommandées par la Haute autorité de santé. Le professeur Élisabeth Bouvet, infectiologue au CHU Bichat-Claude Bernard à Paris, y préside la commission technique des vaccinations. Elle fait le point sur les vaccins administrés, leur efficacité, le calendrier déployé.

vaccin covid

Les vaccins disponibles et leur efficacité

Deux vaccins contre le Covid-19 sont actuellement disponibles en France dans l’attente de la validation d’autres sur le marché*. Le premier est celui de Pfizer/BioNTech, administré depuis fin décembre 2020. Le second, le vaccin de Moderna, est en circulation depuis le lundi 11 janvier. « On les appelle ARN Messager**. Ils sont très similaires sur le plan de leur mode d’action et de leur efficacité. Ils protègent à plus de 90 % des formes cliniques et graves du SARSCoV2 », précise le professeur Elisabeth Bouvet, infectiologue et présidente de la commission technique des vaccinations à la Haute autorité de santé (HAS).

« On considère que deux doses doivent être administrées pour que le vaccin soit pleinement actif. » En effet, des essais cliniques ont démontré qu’avec une seule injection, l’efficacité du vaccin Pfizer est d’à peine 52 %. Et le docteur Bouvet de poursuivre : « Il faut compter au moins 21 jours avant de procéder à la deuxième injection pour le vaccin Pfizer, 28 jours pour le Moderna. »

Le rendez-vous pour la seconde piqûre est fixé lors de la première. On estime que ces vaccins protègent du Covid-19 au moins six à huit mois. « On n’a pas suffisamment de recul. On espère que c’est plutôt autour d’un à deux ans. »

L’organisation de la vaccination

La campagne de vaccination se déroule en plusieurs étapes. « C’est progressif car on ne peut disposer d’emblée de 60 millions de doses. C’est déjà une prouesse d’avoir des vaccins un an après le début de l’épidémie », rappelle l’infectiologue. Entre cinq et dix millions de personnes seront vaccinées les prochaines semaines. « On a établi une priorisation pour prendre en charge dans un premier temps les plus vulnérables, ceux qui sont le plus à risque d’être en contact avec le virus, de développer une forme grave et d’en mourir. »

Les vaccins sont administrés en priorité aux personnes âgées en établissements de santé (Ehpad…), ainsi qu’aux professionnels de santé, aux pompiers et aux aides à domicile de 50 ans et plus en contact avec les personnes à risque et les plus âgées. « Les soignants de plus de 65 ans et/ou qui ont des pathologies particulières sont vaccinés en premier. On descend ensuite en âge pour les personnes prioritaires au fil des jours, des doses disponibles, de la validation de nouveaux vaccins ».

La vaccination des 75 ans et plus, non résidents d’Ehpad, initialement prévue en février, est lancée dès le lundi 18 janvier. Il en va de même pour celle de quelques 800 000 personnes atteintes de maladies qui les rendent vulnérables aux formes graves du Covid-19 : insuffisances rénales chroniques sévères, cancers sous traitement, trisomie, etc. Ces personnes devront consulter, au préalable à la prise de rendez-vous, leur médecin traitant afin d’obtenir une ordonnance pour prétendre au vaccin.

Où et par qui se faire vacciner ?

Cette compétence relève des centres de vaccination qui s’ouvrent progressivement sur le territoire ***. On en comptera entre 500 et 600 fin janvier, chacun placé sous la supervision d’un médecin.

Pour prendre rendez-vous dans le centre le plus proche de chez soi, il suffit de se rendre sur le site www.sante.fr ou de composer le numéro national gratuit 0800 009 110, ouvert 7 jours sur 7, de 6 h à 22 h.

« A l’heure actuelle, le vaccin ne peut être injecté que dans les centres de vaccination par un médecin, un infirmier… C’est encore en discussion pour les pharmaciens bien que la HAS y soit très favorable », ajoute le professeur Bouvet.

Les conditions de conservation des vaccins ne sont pas simples et ne permettent pas leur mise à disposition sur le plan logistique dans les cabinets médicaux. Cet état des lieux sera amené à évoluer avec l’arrivée sur le marché de vaccins qui ne nécessitent pas d’être conservés à moins 80 degrés. Se faire vacciner par son médecin traitant sera alors possible.

Volontariat et gratuité

La vaccination contre le Covid-19 n’est pas obligatoire. Elle est conseillée. L’accord de la personne qui souhaite se faire vacciner est oral. Il n’y a pas de consentement écrit à fournir. Le jour du rendez-vous, il faut se munir de sa carte d’identité et de sa carte vitale ou d’une attestation de droits.

Le vaccin est entièrement gratuit et fournit par le centre de vaccination. Il n’y a pas à le retirer en pharmacie ou dans un autre lieu. « C’est l’Etat qui a pris en charge l’achat de millions de doses. Cela ne dépend pas du circuit classique de la Sécurité sociale ».

Le cas des femmes enceintes

Les femmes enceintes font partie des personnes à risque au 3e trimestre de la grossesse. Or, comme le souligne la présidente de la commission technique des vaccinations au sein de la HAS, « pour l’instant, on ne peut pas leur recommander le vaccin, car les essais thérapeutiques effectués avec ceux que nous avons à disposition n’ont pas été réalisés chez la femme enceinte. Ce, pour des raisons de prudence habituelle. Les futures mamans ne feront donc pas partie de cette première strate de vaccination. Toutefois, nos recommandations évolueront certainement ».

Pour les personnes qui ont déjà eu le Covid-19

« On sait que l’on peut être à nouveau contaminé par le Covid-19 mais que l’on ne peut pas recontracter le virus avant quelques mois. » Se faire vacciner ne pose donc pas de problèmes quand on a eu le SARSCoV2. « Il est conseillé de le faire au-delà des six mois. » En l’espèce, la sérologie ne sert à rien. « Elle n’indique pas la période de protection. Seulement si l’on a eu le virus ».

Les effets secondaires constatés

Les deux vaccins sont très bien tolérés. Ils peuvent provoquer une petite douleur au point d’injection dans les jours qui suivent, avec éventuellement un peu de fièvre.

« Il y a eu quelques accidents allergiques décrits juste après l’injection donc qui sont probablement liés à un des excipients, c’est-à-dire aux molécules dans lesquelles le vaccin est dilué, notamment le polyéthylène glycol. C’est de l’ordre du 1 % pour mille doses et c’est arrivé chez des personnes qui avaient des antécédents allergiques graves et connus. On fait attention notamment aux œdèmes de Quincke et autres manifestations de ce genre. La personne vaccinée patiente un temps après l’injection pour être bien sûr qu’il n’y ait pas de réaction », complète l’infectiologue.

L’efficacité des vaccins face aux variants anglais et sud-africain du Covid-19

Les informations scientifiques sont tout à fait rassurantes sur l’efficacité des vaccins face au variant anglais. « Pour le variant d’Afrique-du-Sud, c’est moins évident », admet le docteur Bouvet. « Nous n’avons pas encore toutes les données pour se prononcer mais cela ne saurait tarder car tout évolue très vite ».

* L’agence européenne des médicaments a fait savoir, le 12 janvier, qu’elle avait reçu une demande d’autorisation de la multinationale Altra-Zeneca et de l’université d’Oxford pour la mise sur le marché de leur vaccin, déjà utilisé au Royaume-Uni. Cette requête sera examinée dans les plus brefs délais avec une décision attendue à partir de fin janvier.

** Selon la définition donnée par l’Inserm, les ARN messagers sont des molécules chargées de transmettre l’information codée dans notre génome pour permettre la synthèse des protéines nécessaires au fonctionnement de nos cellules.

*** La liste des centres de vaccination, mise à jour régulièrement en fonction des ouvertures, est consultable sur le site : https://sante.fr/carte-vaccination-covid

 

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : Getty Images

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