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Le drive : pour les pharmacies aussi

Et si vous pouviez acheter vos médicaments sans avoir à sortir de votre voiture ? En France, quelques officines proposent ce service et entendent simplifier le parcours de leurs clients sans négliger leur rôle de conseil.

Voilà plusieurs années que le concept de drive est entré dans la vie des Français. Initialement né aux États-Unis, ce service qui permet d’acheter ou de récupérer des produits sans sortir de sa voiture est maintenant devenu presque banal dans la restauration mais aussi dans les supermarchés. Et depuis deux ou trois ans, son application s’étend aux pharmacies. S’il est difficile de quantifier le phénomène, des initiatives d’officine drive émergent ça et là en France.

En pratique, la marche à suivre est simple. Comme au « fastfood », le client s’insère sur un axe réservé et avance sa voiture vers un guichet situé à hauteur du conducteur. « Là, il y a une sonnette pour signifier sa présence et le client n’a plus qu’à nous donner son ordonnance et sa carte Vitale, exactement comme s’il était à l’intérieur de la pharmacie, puis à attendre qu’on lui délivre ses médicaments », détaille Habiba Kedidi, pharmacienne titulaire de l’officine Saint Martin à Étampes dans l’Essonne.

Inauguré en décembre 2012, ce drive est le premier de la région. « Les utilisateurs ont différents profils : certains souffrent d’un handicap physique temporaire ou chronique, d’autres sont âgés et craignent une chute. Enfin il y a évidemment les parents qui ont des enfants malades et qui souhaitent les laisser au chaud. ».

Le drive trouve aussi tout son sens pour contenir les épidémies ou faire face aux problèmes de stationnement, et permet même à certains patients timides – grâce au sentiment d’intimité que confère la voiture – d’exposer plus franchement leurs symptômes. Mais « le drive n’est-il pas un gadget dans un paysage où la révolution des services est tout juste en marche ? », s’interroge Xavier Pavie, professeur à l’Essec Business School avant de préciser : « va-t-on vraiment gagner du temps de façon significative avec ce procédé ? ».

Pas forcément car, contrairement aux drive employés pour les produits de consommation courante qui s’inscrivent dans une course à la rentabilisation du temps, les pharmacies drive vendent des médicaments. Une marchandise qui nécessite bien plus de précautions dans sa délivrance qu’un menu hamburger-frites-soda.

 

Conserver le rôle de conseil du pharmacien

« Aujourd’hui, les modes de consommation ont changé et c’est bien de s’y adapter mais il faut rester extrêmement vigilant pour ne pas gommer le rôle de conseil du pharmacien », met en garde Éric Myon, secrétaire général de l’Union Nationale des Pharmacies de France (UNPF) avant de rappeler : « Tout médicament, même le paracétamol, nécessite un échange avec le consommateur qui n’a pas forcément conscience des surdosages ou interactions ». Le risque de ce genre d’initiatives est en effet de transformer le pharmacien en simple distributeur de boîtes mais pour Habiba Kedidi, aucun risque. « Au guichet drive nous sommes, sûrement inconsciemment, encore plus dans le conseil et la discussion avec nos clients afin de bien attirer leur attention sur leur prescription, c’est notre rôle », assure-t-elle.

Pas question donc de voir apparaître un jour des médicaments, même sans ordonnance, dans les distributeurs automatiques 24 h/24 qui fleurissent sur les façades des officines et proposent aux noctambules de la parapharmacie ou des produits de première nécessité.

De son côté, le « mouvement drive » poursuit son éclosion : à Niort, une pharmacie vient d’ouvrir un service permettant aux clients de scanner leur ordonnance depuis chez eux avant de venir récupérer, à l’heure choisie, leur commande en voiture.

 

En chiffres

Sur plus de 21 000 pharmacies libérales en France, seule une poignée proposerait aujourd’hui le drive.

  • Pauline Leduc
  • Crédit photo : DR

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