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Des examens bucco-dentaires gratuits entre 6 ans et 24 ans

Des examens bucco-dentaires entre 6 ans et 24 ans

À partir de 6 ans, et désormais jusqu’à 24 ans, les enfants et adolescents ont droit, tous les trois ans, à un dépistage pris en charge par l'Assurance maladie chez le dentiste.

Les jeunes adultes doivent, dès 2018, avoir accès à un examen bucco-dentaire de prévention pris en charge par l’Assurance maladie à 21 ans puis à 24 ans. Il s’agit en fait d’une extension du dispositif M’T dents qui s’adresse depuis 2007 aux enfants et adolescents de 9, 15 et 18 ans, en complément des consultations obligatoires, prévues à 6 et 12 ans. Ces dernières aussi sont sans frais pour les bénéficiaires. Ainsi, à partir de l’âge de 6 ans, on peut consulter un dentiste tous les trois ans sans débourser un euro.

Pour ce faire, l’Assurance maladie envoie un bon de prise en charge à présenter au dentiste de son choix. Attention toutefois, la consultation doit avoir lieu dans l’année après l’anniversaire.

 

Un examen de prévention

C’est un examen de prévention : le praticien vérifie l’état des dents (il peut faire une radio pour détecter un éventuel début de carie par exemple) et il donne des conseils pour bien s’en occuper.

Il établit ensuite un plan de soins reprenant les interventions nécessaires : le traitement d’une carie, l’extraction des dents de sagesse ou encore un détartrage préventif. Ces interventions sont elles aussi financées par l’Assurance maladie. Aucune avance de frais n’est requise de la part du bénéficiaire. Elles sont réalisées pendant le même rendez-vous ou dans les mois qui suivent.

Attention, les appareils d’orthodontie et les prothèses ne sont pas concernés par le dispositif.

 

Faible taux de recours

D’après les données de l’Assurance maladie, le dispositif a permis d’améliorer la santé bucco-dentaire des participants. En dix ans (de 2007 à 2016), le nombre moyen de caries au moment de la visite a diminué, tandis que la part de jeunes bénéficiaires indemnes de soins et de carie a augmenté. Reste que 69 % des enfants et des adolescents ne profitent pas du dispositif, bien qu’ils y soient conviés. Le non-recours concerne notamment les populations fragiles, à plus faibles revenus. L’Assurance maladie mise sur des actions de sensibilisation à l’école dans quelques zones défavorisées pour attirer ces élèves chez le dentiste.

 

Point de vue

Fabien Cohen, secrétaire général de la Société française des acteurs de la santé publique bucco-dentaire (ASPBD)

« Le principe d’un examen bucco-dentaire de prévention pris en charge pour les plus jeunes ne nous paraît pas suffisant. Car il repose avant tout sur une logique de dépistage. Or, lorsque l’on dépiste une maladie, c’est qu’elle est déjà là… Et puis, ce n’est qu’une invitation : qui se rend effectivement chez le dentiste une fois reçu le courrier de prise en charge par l’Assurance maladie ? Uniquement les personnes qui sont déjà prêtes à y aller ! À ce titre, nous trouvons dommage que l’intervention dans les écoles ne concerne aujourd’hui plus que certaines zones. Elle devrait être systématique et s’étendre aux crèches, aux services de Protection maternelle et infantile (PMI), aux collèges, aux universités…

Le problème n’est pas seulement financier, il est d’abord culturel. Pour les populations les plus fragiles, la prévention passe à la trappe face à d’autres priorités comme se loger, se nourrir ou s’habiller. C’est aussi sur ces plans qu’il faut agir. »

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : Antonio Guillem / Getty Images

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