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La douleur, une fatalité ?

La douleur, une fatalité ?

La douleur est difficile à définir. Sa prise en charge est tout aussi complexe. Comment la mesurer ? Comment la traiter ?

Il existe plusieurs types de douleurs.

VRAI. On peut distinguer la douleur aiguë (quand on se brûle, quand on se coupe un doigt…) qui est plus ou moins intense et souvent brève, de la douleur chronique (migraine, douleurs rhumathologiques, douleurs neuropathiques…) qui, elle, dure depuis plus de trois mois. Selon une étude française*, 30 % des adultes sont touchés par une douleur chronique.

Quelle différence entre douleur et souffrance ? Dans le livre blanc de la douleur**, la souffrance est définie comme un mal-être que l’on exprime en disant : « Je suis mal » alors que l’on dira : « J’ai mal » pour la douleur.

*Source : Inserm
**Société française d’étude et de traitement de la douleur (2017)

 

Les douleurs violentes sont toujours le signe de maladies graves.

FAUX. Les douleurs ne sont pas toujours synonymes de maladies graves, « au sens où le pronostic vital n’est pas engagé, explique Christine Péaud, médecin algologue (le médecin spécialisé dans le traitement de la douleur). Le meilleur exemple est sans doute celui de la fibromyalgie (maladie caractérisée par des douleurs diffuses intenses et chroniques). La douleur prend alors beaucoup de place dans la vie du patient et peut devenir invalidante ».

 

La douleur est subjective.

VRAI. Tout le monde ne ressent pas la douleur de la même manière. « Le système nerveux est formaté par qui nous sommes et la vie que nous avons eue. Et nous ne sommes pas tous égaux face à la sensation, à la perception et au seuil de la douleur », précise le Dr Christine Péaud.

Une même personne peut également ressentir différemment la douleur selon l’environnement dans lequel elle se trouve et si elle est sujette à des facteurs de stress. Si l’attention de la personne est sollicitée, elle ressentira (sans doute) moins la douleur que si elle se focalise dessus.

 

Il existe des « outils » pour mesurer la douleur.

VRAI. Même si la douleur est subjective, il est possible de l’évaluer au sein d’une « consultation douleur » avec une équipe pluridisciplinaire (comprenant au minimum un médecin, un infirmier et un psychologue). Des outils d’évaluation sont utilisés comme des échelles douleurs quantitatives et qualitatives ou des questionnaires (de qualité de vie, d’anxiété et de dépression…). L’intensité de la douleur est cotée de 0 à 10 : 0 signifiant l’absence de douleur et 10 une douleur très forte. Pour les enfants ou les personnes peu communicantes, il existe des échelles comportementales. Les soignants observent le visage, la crispation de la personne…

Le patient peut être orienté vers un centre de la douleur où il est hospitalisé si besoin. Il bénéficie ainsi d’une prise en charge personnalisée.

 

Seuls les médicaments permettent de traiter la douleur.

FAUX. Les antalgiques classiques (paracétamol…) ne sont qu’une partie de la prise en charge. En fonction de l’évaluation de la douleur, d’autres antalgiques peuvent être prescrits (antidépresseurs, antiépileptiques, anti-inflammatoires…), notamment pour les douleurs neuropathiques (liées à des lésions du système nerveux).

Mais il existe également d’autres techniques pour soulager la douleur. Les professionnels de santé peuvent avoir recours à l’acupuncture, la relaxation, la sophrologie, l’hypnose, l’ostéopathie… « La douleur a des conséquences sur la vie en général, sur la profession du patient qui peut se retrouver en invalidité et rencontrer des problèmes financiers. Donc en hypnose, nous travaillons sur le symptôme douleur, mais aussi sur le lâcher-prise, la mise à distance. On apprend au patient à se mettre en autohypnose », précise le Dr Christine Péaud.

 

Point de vue

Dr Christine Péaud, médecin algologue à la clinique mutualiste de l’Estuaire à Saint-Nazaire.

 

Christine Péaud - crédit DR« Une prise en charge personnalisée »

« La prise en charge de la douleur est un traitement à la carte. Le travail d’évaluation est très important. Lors d’une “consultation douleur”, on demande au patient de motiver sa venue. Il remplit un questionnaire (état des lieux, antécédents, traitements…) avec son médecin traitant. Il crayonne un schéma de la douleur pour définir les zones où il a mal. On lui demande de qualifier la douleur, son retentissement sur sa qualité de vie… On analyse cela ensemble pendant une heure avant de dégager une prise en charge très personnalisée et validé avec lui pour qu’il y ait une bonne coopération.

La prise en charge est globale. Le patient est vu par le médecin mais peut également consulter un infirmier et un psychologue. Dans un premier temps, il y a le traitement de la douleur et ensuite il y a tout un travail de reconditionnement. Les patients doivent recréer du lien social, reprendre une activité physique… Car quand on a mal, on s’immobilise, on se recroqueville et souvent on ne sort plus. »

 

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : Illustration : Bérengère Staron - Portrait Christine Péaud: DR

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