Maladie de Parkinson : quels sont les symptômes ?

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La maladie de Parkinson touche 160 000 personnes en France. Elle atteint les cellules nerveuses qui contrôlent la précision et la fluidité des mouvements. La motricité est impactée et l’évolution de la pathologie peut aller jusqu’à la démence. Le Professeur Marc Vérin, neurologue au CHU de Rennes, en évoque toute la complexité.

Maladie de Parkinson - symptômes

Marc VérinParkinson. Un mot et vient à l’esprit l’image d’une personne qui tremble. Cette caractéristique concerne les deux-tiers des patients touchés par la maladie neurodégénérative mais ne saurait la réduire à ce seul signe. La lenteur des mouvements et la rigidité des muscles sont aussi des symptômes que l’on retrouve chez les personnes qui souffrent de la pathologie décrite en 1817 par le médecin géologue britannique, James Parkinson.

« Le tremblement est toutefois le signe le plus repérable. Quand il n’est pas présent chez le malade, le diagnostic tarde à être établi », souligne le professeur Marc Vérin*, neurologue au CHU de Rennes. Le neurologue est l’un des spécialistes de cette pathologie dont les malades les plus connus sont le boxeur Mohammed Ali, le Pape Jean-Paul II, ou encore l’acteur américain de la trilogie de Retour vers le futur, Michael J. Fox.

La pathologie dégénérative la plus répandue après Alzheimer

La maladie de Parkinson concerne plus de 160 000 personnes en France. C’est la pathologie neurodégénérative la plus répandue après celle d’Alzheimer et la deuxième cause de handicap moteur après les accidents vasculaires cérébraux. On ne meurt pas de Parkinson mais la maladie affaiblit considérablement la personne qui en souffre. Les cellules nerveuses, qui contrôlent la précision et la fluidité des mouvements, s’éteignent peu à peu. La maladie ne se guérit pas. Cependant, les traitements existants améliorent considérablement le quotidien des patients.

« Pour comprendre Parkinson, il faut appréhender quelles sont les structures qui dysfonctionnent dans le cerveau et leur rôle, confie le professeur Vérin. Nous possédons des neurones en surface, le cortex ». D’autres sont regroupés en profondeur dans les noyaux gris centraux. « Reliés entre eux, ils portent nos automatismes, c’est-à-dire ce que nous avons appris. »

C’est la communication entre ces deux structures qui dysfonctionne dans la maladie de Parkinson. « Leur interaction, leur dialogue est modulé principalement via les neurones dont le neurotransmetteur est la dopamine. En cas de Parkinson, le taux de dopamine intracérébral s’effondre ». Les automatismes deviennent de ce fait plus compliqués.

Les muscles fléchisseurs, l’amplitude des mouvements impactés

La maladie est diagnostiquée à l’âge de 55 ans en moyenne. « Il peut arriver toutefois qu’elle touche des personnes plus jeunes. C’est une erreur de l’associer nécessairement au vieillissement. » Les muscles du malade, en particulier les muscles fléchisseurs, sont impactés. « Ce qui explique que le patient a tendance à se voûter avant l’âge, le ballant des bras est également diminué à la marche », observe le professeur Vérin. Tout se réduit au niveau de l’amplitude du mouvement. L’écriture peut devenir micrographique, la voix s’affaiblir et devenir monotone.

Il existe plusieurs maladies de Parkinson. Et elles évoluent de manière variable en fonction du patient. Certaines sont héréditaires. « Ces anomalies génétiques, qui induisent des protéines anormales, vont mettre en souffrance les neurones dopaminergiques », précise le neurologue. Certaines formes génétiques de Parkinson sont fréquentes en Afrique du Nord et en Israël par exemple. « Elles représentent de 20 à 30 % des Parkinson recensés. »

L’environnement a de toute évidence une influence. « On sait que les pesticides ont une forte part de responsabilité. Et devant cette toxicité, « certaines personnes sont mieux armées que d’autres. » La maladie de Parkinson a une incidence relativement élevée chez les agriculteurs, les viticulteurs, « dans les zones où l’on emploie ces produits chimiques. »

La dopamine, le traitement qui améliore le quotidien des patients

La meilleure réponse pour contrecarrer les symptômes de la maladie de Parkinson est la dopamine. « Les symptômes disparaissent dès les premières prises sous forme de comprimé ou de gélule. » Or, quand la maladie évolue, la capacité de stockage de la dopamine administrée s’atténue. « Après cette lune de miel où le patient est apaisé, il doit faire face à des fluctuations, des phénomènes appelés fin de doses. Il faut donc augmenter les prises en nombre et en dosage », indique le praticien rennais.

Lorsque les médicaments ne suffisent plus, et en cas de dyskinésies sévères** liées à une hypersensibilité à la dopamine, on peut traiter la maladie par stimulation chimique continue. « C’est comme pour le diabète avec la pompe à insuline. On appelle cela les pompes à apomorphine, c’est-à-dire à dopaminergique continue. On la met le matin et l’état moteur reste stable en journée. »

Un autre traitement, prescrit en France, a été développé par des chercheurs suédois. « On injecte directement de la dopamine dans l’intestin grâce à une gastrostomie mise en place par endoscopie et reliée à une pompe. » La stimulation cérébrale profonde***, par électrodes, est aussi pratiquée. Elle agit directement sur les noyaux gris centraux du cerveau, corrige les circuits qui sont affectés par le manque de dopamine et rétablit la capacité à se mouvoir normalement « Cette technique est toutefois réservée aux malades de Parkinson dits moteurs purs ». C’est-à-dire les patients qui n’ont pas de lésions diffuses, affectant le cortex et pouvant mener à la démence.

L’enjeu des critères prédictifs d’évolution de Parkinson

La maladie de Parkinson peut rester au stade moteur pur. Cet état concerne 20 % des malades. Dans les 80 % des cas, la maladie s’accompagne, en progressant, de dégâts cognitifs. Ce qui ne veut pas dire forcément qu’elle va conduire à la démence, c’est-à-dire à l’atteinte progressive des neurones du cortex. « Le spectre est large entre l’atteinte motrice pure et le stade diffus », observe le Professeur Marc Vérin.

Il est nécessaire pour l’avancée de la recherche de trouver les critères prédictifs d’évolution de la maladie. « C’est décisif quand on propose la chirurgie. Il ne faut pas opérer le cerveau d’un patient qui a une maladie de Parkinson diffuse ». Et à l’heure où les essais de traitements neuroprotecteurs sont vus comme prometteurs, « il est important de bien identifier les patients et leur devenir. Il ne faut pas mélanger dans le même groupe d’étude les patients parkinsoniens moteurs purs et les patients avec une maladie diffuse, sans quoi les essais thérapeutiques n’aboutiront à rien de tangible ».

*Marc Vérin est aussi professeur des universités à la faculté de médecine de Rennes et l’auteur d’ouvrages comme La maladie de Parkinson, écrit en collaboration avec Luc Defebvre, aux éditions Elsevier-Masson.

**Mouvements anormaux sévères.

***Cette innovation a été inventée par le Professeur Alim-Louis Benabib, en 1987, au CHU de Grenoble pour traiter les tremblements sévères.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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