Les génériques : des médicaments comme les autres

Mieux remboursés mais moins efficaces, moins bien tolérés… Les médicaments génériques font l’objet de nombreuses idées reçues. Le point avec deux spécialistes.

Les médicaments génériques sont aussi efficaces que les médicaments de marque.

VRAI. « Un médicament générique a la même composition en principes actifs que la spécialité de référence et présente, de fait, les mêmes propriétés en matière d’efficacité thérapeutique et de sécurité », assure le Dr Jean-Paul Tillement, professeur et membre des Académies nationales de médecine et de pharmacie. En revanche, les excipients (substances non actives entrant dans la composition d’un médicament et qui conditionnent son aspect, son goût et sa couleur) peuvent différer et modifier, de fait, la quantité et la vitesse d’absorption du médicament. « Des variations toutefois peu significatives et donc sans incidence sur la fiabilité du traitement », précise François Chast, président honoraire de l’Académie de pharmacie, responsable de l’unité de pharmacie clinique à l’hôpital Necker-Enfants Malades.

 

Il n’existe pas de génériques des médicaments vendus sans ordonnance.

FAUX. Lorsque des médicaments de marque sont vendus sans ordonnance, leurs génériques sont également en vente libre. En effet, les mêmes règles de prescription et de délivrance imposées aux médicaments originaux s’appliquent à leurs génériques.

 

Les médicaments génériques ne doivent pas être prescrits aux enfants.

FAUX. Les médicaments génériques étant des copies des spécialités de référence, ils peuvent parfaitement être prescrits à des enfants s’il existe une indication pédiatrique. Ce principe vaut pour tout le monde, femmes enceintes, personnes âgées et nourrissons, les mêmes précautions devant être prises avec les spécialités génériques qu’avec les médicaments originaux.

 

Les médicaments génériques sont moins bien tolérés.

FAUX. « Un médicament générique présente les mêmes effets bénéfiques et les mêmes effets indésirables que le médicament original, et a donc un profil de tolérance identique, indique le Pr Chast. Il arrive toutefois, dans de rares cas, que certains excipients soient mal tolérés chez des patients sensibles, mais leur présence n’est pas spécifique aux génériques », nuance-t-il.

 

J’ai le droit le refuser un médicament générique.

VRAI. Vous avez parfaitement le droit de refuser la délivrance d’un médicament générique, mais vous vous exposez dans ce cas à un refus de prise en charge du tiers payant. C’est alors à vous de faire l’avance des frais des médicaments. Pour vous faire rembourser par l’Assurance maladie, vous devez envoyer à votre caisse une feuille de soins papier, ce qui ralentit le remboursement.

 

Les médicaments génériques sont systématiquement moins chers.

VRAI et FAUX. « Les médicaments génériques remboursables par l’Assurance maladie doivent être vendus à un prix inférieur d’au moins 30 % par rapport à celui des médicaments de marque », indique le Dr Tillement. La raison ? Le brevet qui protège le secret de fabrication du médicament d’origine et assure à son concepteur une exclusivité sur le marché tombe dans le domaine public au bout de 20 ans. Les laboratoires qui exploitent le générique n’ont alors pas à amortir de frais de recherche. En revanche, les génériques dits de « conseil », non remboursables, peuvent être plus chers que les médicaments de marque.

 

Je suis mieux remboursé si je choisis un générique.

VRAI et FAUX. Les taux de remboursement d’un médicament générique sont les mêmes que ceux du médicament de marque, variant de 15 à 65 %, selon le niveau du service médical rendu du produit. Cependant, en cas de refus d’un générique, l’Assurance maladie se base sur le prix du médicament générique le moins cher pour vous rembourser. Et la différence qui reste à votre charge n’est pas remboursée par votre mutuelle.

 

Tous les médicaments existent sous forme générique.

FAUX. « Les médicaments qui existent sous forme générique sont ceux qui sont inscrits au répertoire national des génériques », indique le Pr Chast. Il en existe 494 (voir la liste complète). Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existe pas de spécialité générique du paracétamol !

 

Pour en savoir plus

  • Amélie Pelletier
  • Crédit photo : shapecharge / iStockphoto

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