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Que faire des médicaments et du matériel médical usagés ?

Médicaments et dispositifs de soins usagés ne sont pas des déchets comme les autres. Ils font l’objet d’une législation spécifique qu’il convient de respecter. Un réflexe nécessaire pour l’environnement... et la sécurité domestique.

Femme triant des médicaments dans son armoire à pharmacie

Les Français consomment une boîte de médicaments par semaine et par personne, selon les chiffres publiés fin 2011 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm). Et près de 2 millions de personnes (dont 90 % de diabétiques) utilisent chaque année des produits perforants dans le cadre de leur traitement médical à leur domicile. Mieux vaut donc savoir quels sont les risques liés à leur utilisation pour mieux les prévenir en adoptant des réflexes responsables.

Connaître les risques

  • Pollution : les médicaments et dispositifs de santé usagés contiennent des molécules chimiques actives potentiellement néfastes ou dangereuses pour l’environnement. Ils sont susceptibles de polluer les sols, les cours d’eaux et les nappes phréatiques.
  • Sécurité : en 2007, les médicaments étaient responsables de plus d’une intoxication sur deux chez les enfants (80 % des cas pour les enfants de 1 à 5 ans). Conservés au domicile, ils sont donc une double source de risques : confusion pour les personnes âgées et ingestion accidentelle par les enfants ou les animaux domestiques. Les déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) perforants exposent les patients, leur entourage, mais aussi les professionnels responsables de la collecte et du tri des ordures ménagères, à des risques de blessure, d’infection et d’inquiétude en cas de blessure avec un dispositif potentiellement contaminé.

Les médicaments non utilisés (MNU)

Depuis 1997, toutes les pharmacies ont l’obligation de récupérer les médicaments non utilisés, afin qu’ils soient détruits de manière sécurisée et pas dispersés dans la nature.

Les médicaments récoltés sont récupérés par les grossistes répartiteurs, puis expédiés vers des incinérateurs conformes aux normes environnementales. Depuis fin 2008, ils sont valorisés énergétiquement pour éclairer et chauffer des logements.

Les IRM, scanners et radios

Ils contiennent des matières plastiques qui représentent une source potentielle de pollution. Il ne faut donc pas les jeter avec les déchets ordinaires. Rapportez-les à votre pharmacien ou au cabinet d’imagerie médicale.

Les déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI)

Les déchets de soins des ménages et des personnes en auto-traitement concernent les diabétiques, insuffisants rénaux, insuffisants respiratoires, porteurs de virus (herpès, hépatite, sida) et toute personne faisant usage d’un test à domicile (test de grossesse par exemple). 

  • Déchets piquants ou coupants (aiguilles, bistouris, seringues…)
    Depuis le 1er novembre 2011, la distribution gratuite aux patients de mini-collecteurs (boîtes jaunes) pour les DASRI perforants se met en place progressivement dans les pharmacies, afin que chaque patient élimine ses déchets en toute sécurité. Les déchets devront, à terme, être collectés et traités par une filière spécifique. Pendant la période de mise en place, le pharmacien ou la mairie sont tenus de fournir la liste des points de collecte existants (bornes automatiques, déchetteries, associations, laboratoires de biologie médicale…).
  • Déchets mous (pansements, coton, seringues sans aiguilles…) et déchets liquides ou semi-liquides (drains, restes de médicaments injectables ou perfusables…)
    Une réflexion est actuellement en cours pour la collecte de ces produits mais rien n’est encore officiellement organisé. Chacun doit donc adopter une attitude responsable et les jeter dans la poubelle (et non dans le lavabo ou les WC pour les produits liquides !). Le cas échéant (si ces déchets sont très souillés par exemple), il est conseillé de doubler la protection en les enfermant dans un sac, à mettre ensuite dans le sac poubelle. En présence d’un patient à risque (pathologie contagieuse), l’infirmier(e) délivrant les soins à domicile, où le médecin prescripteur, sauront conseiller sur l’attitude à adopter. En cas de doute, ne jamais hésiter à poser la question à un professionnel de santé : pharmacien, infirmière ou médecin.
     

Pour en savoir plus

  • Fabienne Cassagne
  • Crédit photo : Getty

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