Pharmacies : de nouveaux services pour les patients

De nouveaux services se développent dans les pharmacies. Objectif : vous simplifier la vie et proposer un meilleur suivi.

« On nous voit encore trop souvent comme de simples vendeurs de médicaments. Mais notre mission est bien plus large », déclare Agnès Praden, pharmacienne à Alès (Gard). Et ce rôle ne cesse d’évoluer. Ainsi, des pharmacies développent des applications gratuites comme l’ordonnance en ligne. « Lorsque le patient sort de chez son médecin, il lui suffit de prendre en photo son ordonnance et de nous l’envoyer. Quand il arrive à la pharmacie, sa commande est prête, témoigne Katy Garcias pharmacienne à Pézenas (Hérault). La réception des médicaments se fait au comptoir ou au drive ».

Le drive ? Un service, calqué sur les restaurants et les supermarchés « drive in », qui permet de récupérer sa commande sans sortir de son véhicule. Et si vous êtes dans l’incapacité de vous déplacer (en raison de votre état de santé ou de difficultés liées à l’âge), les médicaments peuvent parfois venir à vous : « Nous faisons du portage à domicile en donnant tous les conseils nécessaires à la bonne prise du traitement », précise Damien Desforges, pharmacien à Sainte-Sévère-sur-Indre (Indre).

 

Un suivi personnalisé

Les patients attendent également plus d’accompagnement. « Aujourd’hui, les malades sortent souvent plus tôt de l’hôpital. Certains suivent des traitements lourds à domicile. Les pharmaciens ont alors un rôle à jouer dans leur suivi », explique Alain Guilleminot, président de l’Utip, association pour la formation continue des pharmaciens. Ainsi depuis 2012, des entretiens pharmaceutiques sont proposés aux personnes asthmatiques ou sous anticoagulants, afin d’améliorer le respect des recommandations médicales. Ces entretiens gratuits* et sur rendez-vous sont réalisés dans un espace de confidentialité avec le pharmacien. Certains vont encore plus loin et étendent ces entretiens à d’autres situations : diabète, grossesse, maintien à domicile pour les plus âgés…

 

Cap sur la prévention

« Nous avons aussi de plus en plus de demandes d’information sur les médecines naturelles et la diététique, poursuit Agnès Praden. Sur Internet, les gens lisent tout et son contraire. À la pharmacie, ils viennent chercher une expertise. On a besoin de médicaments, certes, mais la prévention est une véritable nécessité.»

La prévention, c’est aussi une priorité pour Katy Garcias qui a ouvert le premier site français de télépharmacie. « Il propose des entretiens en ligne sécurisés, par visioconférence, jusqu’à 23 h. Le patient peut poser toutes les questions sur une thématique (vaccination, confort veineux, santé oculaire…). C’est un prolongement virtuel du conseil en pharmacie qui permet de garder le contact avec les patients, même lorsque les kilomètres nous séparent.»

 

Et demain ?

De nombreux services restent à développer comme, par exemple, des cabines de télémédecine installées dans les pharmacies qui pourraient devenir des lieux d’échange à distance avec les médecins.

Les pharmaciens pourraient également contribuer à améliorer la couverture vaccinale. « Ils rencontrent des populations sorties du parcours de soins qu’ils peuvent réorienter vers les professionnels de santé de proximité (médecin généraliste, spécialiste, infirmière…), précise Alain Guilleminot. Avec des compétences élargies, ils pourraient jouer un rôle renforcé dans la coordination des soins et assurer pleinement leurs missions d’accompagnement. »

* Pris en charge par l’Assurance maladie.

 

  • Philippe Artru
  • Crédit photo : Yuri_Arcurs / iStockphoto

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