Qu’est-ce que l’ostéoporose et comment la traiter ?

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L’ostéoporose est une maladie généralisée du squelette. Elle expose à des risques plus élevés de fractures au-delà de 50 ans. Considérée à tort comme une pathologie uniquement féminine, elle peut entraîner un diagnostic plus tardif chez l’homme, qui représente pourtant deux personnes sur cinq touchées.

Ostéoporose
Pr. Cortet
Pr. Cortet (© DR)

L’ostéoporose est la maladie des os poreux. Elle touche le squelette dans sa globalité et se caractérise par deux types d’anomalies : une diminution de la quantité d’os et une atteinte de la microarchitecture osseuse, c’est-à-dire une détérioration de la structure interne du tissu osseux. La résistance des os est amoindrie et le patient est exposé à un risque plus élevé de fractures.

L’os est constitué d’une enveloppe extérieure appelée la corticale. Entre les corticales se trouvent les travées osseuses. « Quand on développe une ostéoporose, la corticale s’amincit. L’os est parsemé de petits trous et il devient poreux. Même cas de figure pour les travées. Elles diminuent d’épaisseur et se perforent », explique le Professeur Bernard Cortet, chef du service de rhumatologie au CHU de Lille.

Les femmes perdent entre 30 et 40 % de leur masse squelettique à partir de 50 à 80 ans

Entre 50 et 80 ans, les femmes perdent 30 à 40 % de leur masse squelettique. « C’est le lot de chacun d’entre nous en vieillissant. Cette perte n’est pas linéaire. Mais le processus se révèle plus important en cas d’ostéoporose. » La maladie peut se déclarer à partir de 50 ans. Elle touche très marginalement les plus jeunes.

L’ostéoporose se manifeste le plus souvent chez les femmes, qui représentent trois patients sur cinq. Toutefois, il ne faut pas la réduire à une pathologie strictement féminine. « En agissant ainsi, on diagnostique tardivement ou mal les hommes qui peuvent en souffrir. Même incidence, en sens inverse, lorsque l’on associe à tort les maladies cardiovasculaires aux seuls hommes alors que les femmes en sont de plus en plus victimes », souligne le Professeur Bernard Cortet.

Le praticien préside le groupe de recherches et d’informations sur l’ostéoporose rattaché à la Société française de rhumatologie. « Nous avons orienté nos dernières recommandations et alerté sur le fait que l’ostéoporose est aussi une affaire d’hommes même si les femmes sont davantage touchées. »

L’ostéoporose plus fréquente chez la femme en raison de la ménopause

Cette atrophie osseuse est deux à trois fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme principalement en raison de la ménopause. « Les œstrogènes, qui contrôlent le remodelage osseux en freinant la dégradation des tissus et en favorisant la formation d’os jeunes, vont progressivement diminuer lors de cette période de vie de la femme », poursuit le rhumatologue. La perte osseuse va s’accélérer et accentuer le risque d’ostéoporose. « Par ailleurs, la femme a des os de plus petite taille que ceux de l’homme. Et plus les os sont épais, plus ils sont solides. »

Moins répandue, l’ostéoporose n’est pas pour autant plus banale chez l’homme. Un quart des fractures observées chez le sujet masculin est lié à une fragilité osseuse. « Attention toutefois, il ne faut pas penser que les os vont totalement se déliter et que le squelette ne va plus tenir le choc, les fractures ostéoporotiques (en dehors des vertèbres) surviennent le plus souvent à la suite d’un traumatisme minime », insiste le Professeur Cortet.

En tant que maladie généralisée du squelette, l’ostéoporose peut toucher tous les os mais elle atteint plus spécifiquement certains d’entre eux. « Les os les plus fracturés ou cassés sont principalement les vertèbres, l’épaule, le bassin, la hanche et le poignet. »

Déformation de la colonne vertébrale et douleurs chroniques

L’ostéoporose ne provoque pas de douleurs au quotidien, en dehors de celles consécutives à une fracture quand elle survient. La pathologie est silencieuse. « Il arrive que le patient ne consulte pas de médecin pour des soucis de colonne vertébrale. Ou alors le médecin va donner des antalgiques ou des anti-inflammatoires sans prescrire de radios qui auraient permis de diagnostiquer une fracture vertébrale », observe le rhumatologue.

Et de déplorer : « C’est dommageable car on peut ainsi favoriser une cascade fracturaire. » Et de ce fait, laisser s’installer une fracture, tassement du corps vertébral, et plus sérieusement une déformation de la colonne vertébrale et des douleurs chroniques.

L’ostéoporose peut être d’ordre génétique « bien que ce ne soit pas l’éventualité la plus fréquente et qu’il n’existe pas un gène responsable de la maladie. En revanche, on observe fréquemment un trait familial. Ainsi, le risque de fracture de hanche est beaucoup plus élevé chez une femme dont la mère a souffert de la même fracture. »

L’ostéoporose peut également survenir à la suite de maladies (polyarthrite rhumatoïde, affections hormonales…) ou de traitements à base de cortisone. « Certains médicaments prescrits aux femmes qui ont eu un cancer du sein mettent à zéro le taux d’œstrogènes. Cela diminue considérablement le risque de récidive mais augmente celui d’avoir une ostéoporose », admet le Professeur Cortet.

L’activité physique, adaptée à l’âge, est bonne pour la santé des os

L’ostéoporose peut se combattre partiellement par l’arrêt de l’alcool et de la cigarette, qui exercent une action directement nocive sur l’os et favorisent une ménopause prématurée. « Le fait d’être sédentaire n’est pas bon pour la santé en général et pour les os en particulier. Il faut donc trouver une activité physique adaptée pour s’entretenir », conseille le praticien, qui indique que la marche est bénéfique. « Un sport où le pied est en contact avec le sol est recommandé. Une activité plus soutenue que la marche à pied – comme la marche nordique, le tennis, le squash pour les plus jeunes – aura un effet plus prononcé sur le squelette. »

La prise de calcium et de vitamine D est encouragée. « Le premier est présent dans les produits laitiers, sachant que les médicaments à base de calcium ne sont parfois pas bien tolérés par l’intestin. » L’huile de foie de morue, peu engageante sur le plan gustatif, contient de la vitamine D, que l’on trouve aussi sous forme d’ampoules ou en gouttes.

En cas d’ostéoporose grave, des médicaments peuvent être prescrits. Ils ont une efficacité préventive sur les fractures et permettent d’éviter la récidive chez les patients qui ont présenté une fracture. Et le professeur Bernard Cortet de conclure : « On dispose de deux sortes de traitements : ceux qui stimulent les cellules qui construisent les os et ceux qui inhibent les cellules qui détruisent le tissu osseux ».

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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