Tablettes et casques de réalité virtuelle entrent au bloc opératoire

Le bloc opératoire est souvent un endroit intimidant pour les enfants. Isabelle Durand, directrice des blocs opératoires de la clinique Saint-Michel et Sainte-Anne et de la polyclinique de Quimper Sud (Finistère)*, a mis en place un projet pour rendre ce lieu plus accueillant. Des tablettes numériques et des casques de réalité virtuelle sont proposés aux jeunes patients avant l'opération afin de limiter leur stress.

Tablettes et casques de réalité virtuelle entrent au bloc opératoire

Comment est née l’idée de ce projet ?

Isabelle Durand : Je me demande depuis longtemps comment transformer le bloc opératoire, un lieu froid et blanc, en un endroit chaleureux et accueillant afin de chasser l’angoisse qui peut saisir les enfants en y arrivant. Ils viennent d’être séparés de leurs parents et se retrouvent entourés d’inconnus portant des masques. Cela peut générer une forte angoisse qu’ils auront du mal à exprimer. Et si le stress est présent avant l’anesthésie, il sera toujours présent au réveil, ce qui pourra ralentir la récupération.

Vous avez trouvé la réponse du côté de la technologie ?

I.D. : Oui, on l’utilise afin qu’elle transforme la relation patient/soignant en un échange ludique. Lorsque l’enfant arrive au bloc, le brancardier ou l’infirmier lui propose une tablette numérique. Dans cet environnement inconnu, il retrouve donc un objet familier. Nous y avons installé des applications permettant de dessiner, de regarder des dessins animés ou de faire des jeux ludo-éducatifs. La relation peut ainsi se nouer avec le soignant. L’enfant utilise la tablette pendant environ 20 minutes avant l’anesthésie, jusque dans la salle d’intervention. Puis, il peut aussi la retrouver au réveil s’il le souhaite et si son état le permet.

Vous avez aussi des casques de réalité virtuelle. Comment sont-ils utilisés avant les opérations ?

I.D. : Ils sont davantage destinés aux adolescents. Grâce à ce casque, le jeune patient est plongé dans un autre univers pendant une trentaine de minutes : fonds marins, forêt remplie d’oiseaux, musées… Cela a un effet complètement déstressant, mais aussi hypnotisant. Ce qui permet d’éviter les anesthésies générales et de privilégier les anesthésies loco-régionales.

Aujourd’hui, des critiques sont émises face à une utilisation excessive des écrans. Était-il vraiment nécessaire de les introduire dans le bloc ?

I.D. : Nous savons bien que les écrans sont partout et que les jeunes ne doivent pas y être trop exposés. Avant d’avoir ces tablettes et ces casques, nous avions déjà commencé ce processus de distraction des jeunes patients avec des livres et des kaléidoscopes. Nous nous sommes juste adaptés à l’ère du temps. Et d’ailleurs, nous proposons toujours des livres aux enfants en même temps que la tablette. Ils choisissent ce qu’ils préfèrent. Ces technologies sont utilisées dans un temps très limité et avec bienveillance.

Quelles sont les réactions des enfants et des parents ?

I.D. : Nous avons reçu quatre tablettes et quatre casques (deux par clinique) au mois de juin 2019. Donc nous sommes encore dans une phase d’observation. Les parents sont enthousiastes quand nous leurs présentons le dispositif. Quant aux enfants, ils ont le sourire au bloc et sont moins angoissés au réveil. Les retours sont aussi très positifs du côté du personnel. En effet, cela ouvre un boulevard pour échanger avec les jeunes patients. Nous avons commencé par cibler les enfants et les adolescents car c’est un public très réceptif à l’innovation. Mais nous envisageons d’élargir ce dispositif aux adultes.

*Établissements du groupe Hospi Grand Ouest

  • Lola Cloutour
  • Crédit photo : © Hospi Grand Ouest

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