Une application de soutien dans le traitement du cancer du sein

Le dispositif myCharlotte aide à mieux gérer les effets secondaires pendant et après les chimiothérapies et autres radiothérapies. Gratuit et personnalisé, cet accompagnement des femmes atteintes du cancer du sein a été lancé par Charlotte Mahr, ancienne malade.

mycharlotte

Charlotte Mahr et son mari Grégoire Nedelec ont pensé l’application myCharlotte dans le but d’alléger le quotidien des femmes atteintes du cancer du sein. Le dispositif en ligne, gratuit, permet de suivre, sur inscription, des conseils audios, des vidéos et d’autres programmes élaborés par des professionnels, notamment de santé. Il propose une série de soins de support à suivre à domicile, d’exercices pratiques qui vont du Pilates au yoga.

Mieux gérer les effets secondaires des traitements

Chaque utilisatrice renseigne son profil, la façon dont elle vit le traitement pour que son suivi soit personnalisé, adapté à son rythme. L’application favorise le maintien et la reconstruction physique et psychologique. « Elle aide à mieux gérer les effets secondaires, souvent lourds, des traitements engagés contre la maladie », explique Charlotte Mahr.

Cette Franco-Autrichienne revient de loin. De deux cancers du sein développés à sept ans d’intervalle. Quand la maladie se déclare, une première fois en 2008, Charlotte est dans le déni. Elle se soigne mais, très vite, replonge dans ses activités sans se ménager. « Je ne me suis pas écoutée, reposée. Je n’ai pas pris soin de moi ».

À l’époque, elle occupe un poste important dans l’hôtellerie et vient de rencontrer Grégoire, avec qui elle part s’installer en Afrique. Fin 2014, le couple rentre en Europe. Charlotte apprend qu’elle est en récidive. C’est le choc. Cette fois, elle va changer radicalement d’optique face à la maladie. « J’ai pris le temps de m’occuper de mon cancer et de moi ».

L’application conçue avec des soignants

Charlotte adopte un autre rapport avec le temps, une hygiène de vie pour mieux appréhender sa maladie. « J’ai accepté l’aide de mon entourage, mis en place des activités qui me faisaient plaisir. Je me suis initiée à la méditation, au Pilates… pour tenir sans m’épuiser, créer un sas de décompression, lutter contre la fonte musculaire ». Les soignants, dont les oncologues, recommandent l’activité physique, notamment pour modérer la fatigue chimiothérapique.

Charlotte lance alors avec Grégoire son projet, incubé au Business & Innovation Centre (BIC) de Montpellier. « Le dynamisme de cette circonscription sur le plan médical et hospitalier a été un atout majeur pour y poursuivre nos activités et notre vie ». Pour concevoir l’application, le couple a travaillé en étroite collaboration avec les hôpitaux publics de Paris, de Marseille et l’Institut du sein du Grand Toulouse. Et s’est entouré d’un comité scientifique.

Étendue à tous les cancers depuis le confinement

MyCharlotte se positionne comme complément aux associations et aux soins de support existants dans les établissements de santé. « Quand on est malade, on n’a pas tous les jours l’énergie d’aller à l’extérieur, de voir d’autres personnes. On préfère rester chez soi ». Certains territoires sont dépourvus de structures d’accompagnement, de suivi. « Ou elles sont trop loin pour envisager les trajets réguliers domicile-hôpital ».

Avec les mesures sanitaires liées au Covid-19, l’application a évolué. Des ateliers collectifs et des entretiens individuels sont à présent proposés à tous les patients atteints de cancer, par visioconférences et messageries, via Bulle by myCharlotte, programme d’accompagnement entre l’établissement de santé et les professionnels de ville.

« Nous l’avons élaboré à la demande d’oncologues et avec l’aide de Florian Scotté, chef du département Interdisciplinaire d’Organisation des parcours patients à Gustave Roussy à Villejuif ». Devant le bon accueil des patients et du corps médical, le dispositif a été pérennisé au-delà du confinement.

Légende de la photo : Charlotte Mahr avec son mari Grégoire Nedelec ont créé l’application myCharlotte pour les femmes atteintes d’un cancer du sein.

  • Crédit photo : DR
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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