Vrai/faux sur les saignements de nez

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Faut-il mettre la tête en bas, ou au contraire en arrière ? Se moucher tout de suite, ou plutôt mettre du coton ? Tour d’horizon des idées reçues les plus répandues sur les saignements de nez et la façon dont il faut les soigner.

Saignements de nez

Le saignement de nez, également appelé épistaxis, est une hémorragie des cavités nasales et des sinus, qui débute le plus souvent au niveau d’une zone appelée « tache vasculaire ». Cette tache vasculaire, où se concentrent de multiples petits vaisseaux, se situe de chaque côté de la cloison nasale, à l’entrée du nez.

Certaines personnes ou familles sont plus sujettes que d’autres aux saignements de nez.

Vrai et faux. « Anatomiquement parlant, c’est faux et médicalement parlant, c’est vrai », explique le docteur Vincent Burcia, chirurgien ORL et secrétaire général du SNORL (Syndicat national des médecins spécialisés en ORL et chirurgie cervico-faciale). Il n’existe pas de prédisposition anatomique aux saignements de nez. En revanche, certaines pathologies peuvent les favoriser. « C’est le cas par exemple pour les personnes hyper tendues, celles souffrant de la maladie de Rendu-Osler*, et pour celles sous traitement anticoagulant ».

Un choc ou une pathologie sont toujours à l’origine d’un saignement de nez

Faux. On peut saigner sans raison, c’est même la situation la plus fréquente. « Saigner du nez s’avère beaucoup plus impressionnant que dangereux sur le plan médical. Un choc crée néanmoins un phénomène d’ébranlement ou une ecchymose qui favorise le saignement. »

Des saignements de nez fréquents nécessitent une consultation chez un ORL.

Vrai. Quand on a saigné du nez une première fois, il faut ensuite compter 7 à 10 jours de cicatrisation. Or, on ressaigne facilement pendant cette période. Si, suite à cette phase, le saignement réapparaît, accompagné d’autres symptômes (écoulement nasal, pesanteurs, douleurs au sinus…), il faut consulter. « L’épistaxis doit être un évènement isolé. Si ce n’est pas le cas, on consulte d’abord son généraliste, qui redirigera si besoin vers un ORL ».

Il faut mettre la tête en arrière quand on saigne du nez.

Faux. « Mettre la tête en arrière ne présente aucun intérêt médical, et n’a aucun fondement scientifique, souligne le docteur Vincent Burcia. Ça ne change rien et on avale du sang ! Attention, dans le cadre de soins de type « premier secours« , en particulier si on porte assistance à un inconnu, il faut penser à se protéger, le sang peut être potentiellement contaminant ».
Lorsqu’on saigne, il est recommandé de se moucher tout de suite sans forcer, jusqu’à avoir la sensation de nez dégagé. Cela permet en effet d’évacuer un ou des caillots de sang. « Ensuite, il faut se pincer le nez avec le pouce et l’index pendant 10 minutes. Le saignement s’arrête dans 90 % des cas ». Si possible, il faut également sucer un glaçon, car le froid dans la bouche favorise la vasoconstriction et réduit le débit sanguin. « Ces gestes sont bien plus efficaces que l’introduction de compresses hémostatiques vendues en pharmacie. Enfin, lorsque c’est un enfant qui saigne, il faut lui dire de se calmer, de s’asseoir et surtout le rassurer : ça va passer vite ! S’énerver aggrave la situation ».

Un saignement de nez est toujours bénin.

Faux. Même si 90 à 95 % des saignements sont banals. « Si l’on saigne peu et que cela ne dure que quelques minutes, on peut parler d’une situation peu inquiétante. Ce qui est très souvent le cas ». Or, si le patient est fragile sur le plan cardiaque, le saignement de nez peut être une urgence qui nécessite une prise en charge et une hospitalisation. « Il existe certains contextes bien identifiés : si l’on saigne toujours du même côté, qu’on a des douleurs dans la face et le nez bouché…, précise le docteur Burcia. Il faut alors réaliser une endoscopie pour vérifier qu’il n’y a pas de tumeur ».
« Certains travailleurs, exposés aux colles et aux solvants en général, aux poussières de bois ou encore aux poussières de cuir sont par ailleurs à risque de développer un cancer nasal, qui peut être reconnu comme maladie professionnelle, explique le docteur Vincent Burcia. Ils doivent rapidement consulter un ORL en cas de saignements répétés ».

Les enfants sont plus touchés que les adultes par les saignements de nez.

Globalement vrai. Les saignements de nez touchent principalement les enfants jusqu’à l’adolescence. Les adultes sont rarement concernés, mais des saignements peuvent réapparaître à partir de l’âge de 70-75 ans, notamment si les personnes prennent un traitement pour soigner un problème cardiaque.

Les lavages de nez sont à déconseiller quand on saigne fréquemment du nez.

Faux. Les lavages de nez ne favorisent pas le saignement de nez. En revanche, « c’est la façon de se laver le nez qui, dans 90 % des cas, va y contribuer », indique le docteur Burcia. « Le lavage de nez est un acte d’hygiène intéressant au quotidien. Mais pour le réaliser, les patients doivent acquérir les bons gestes : diriger le jet vers l’extérieur de la cloison, et utiliser du sérum physiologique en pipettes plutôt qu’un spray contenant un gaz propulseur qui peut être irritant ».

Il existe un traitement de référence pour les saignements de nez à répétition.

Vrai en partie. On peut proposer une cautérisation aux patients sujets à des saignements fréquents. La cautérisation est une technique médicale qui permet, à l’aide de chaleur ou d’un produit chimique, de coaguler la muqueuse au sein de laquelle court le vaisseau responsable du saignement. C’est un geste relativement bénin, effectué sous anesthésie locale de contact, la plupart du temps dans le cabinet de l’ORL. « Elle met de 7 à 10 jours pour être efficace. On obtient un résultat positif dans environ deux tiers des cas ».

*La maladie de Rendu-Osler est une maladie génétique qui se caractérise par des malformations vasculaires parfois responsables de complications sévères. Elle se manifeste notamment par des saignements de nez récurrents.

  • Crédit photo : Getty images
Auteur article
Paola Da Silva

journaliste spécialisée en santé et développement durable.

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