Ces entrepreneuses racontent comment elles surmontent la crise du Covid

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Ces quatre femmes cheffes d’entreprise ont toutes été durement touchées par la crise économique liée au Covid-19. Et pourtant, elles ont su trouver des solutions pour rebondir. Témoignages.

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Elles sont dirigeantes d’entreprise, dans des secteurs différents. Et comme de nombreux chefs d’entreprise en France, elles ont subi de plein fouet la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Une crise sanitaire et économique qui a eu des conséquences graves sur leur activité professionnelle. Mais ces quatre entrepreneuses n’ont pas baissé les bras pour autant.

Elles nous racontent à la fois la détresse des premiers temps, à l’annonce du premier confinement, puis comment elles ont surmonté leurs difficultés. Ces dirigeantes ont su se renouveler pour ne pas mettre la clé sous la porte.

Toutes les quatre sont lectrices d’Essentiel Santé Magazine. Elles nous ont envoyé leur témoignage à la fois plein d’espoir et qui suscite l’admiration.

Réinventer son métier en distanciel

Isabelle est formatrice et coach en entreprise.

« J’ai créé mon activité de formation et coaching en entreprise en 2016. Elle a démarré doucement. J’ai été patiente et j’ai beaucoup travaillé. Fin 2019, je vivais pleinement de mon activité, j’avais passé le « cap des 3 ans » et j’étais sereine… Mais en mars 2020, tout a basculé.

Mes clients m’ont appelée les uns après les autres pour annuler toutes les formations planifiées et reporter tous les projets. Je m’inquiétais de quand je pourrais reprendre mon travail « comme avant ». Dans trois mois, six mois, un an, deux ans ? Alors je me suis réinventée.

J’ai très vite compris que les personnes continuaient plus que jamais à avoir besoin d’aide dans leur quotidien professionnel et personnel, et qu’il fallait trouver une nouvelle manière de les accompagner avec le distanciel. Car utilisé à bon escient, c’est fabuleux ! J’ai passé des semaines entières à étudier les outils de visioconférence et d’interaction, à revisiter toutes mes pratiques pédagogiques, à échanger avec des homologues et des organismes de formation, à mobiliser mon réseau personnel pour faire des tests « grandeur nature » et vérifier la pertinence de mes nouvelles idées d’animation…

Alors que certains s’ennuyaient en confinement, mes neurones étaient en ébullition. Je faisais des semaines de travail de 60 heures sans rien facturer. C’était à la fois dur et grisant de trouver des solutions pour tout. J’en rêvais même la nuit ! Dans le même temps, j’ai pris soin de prendre des nouvelles de mes clients et partenaires, de montrer à mes prospects que j’étais toujours active et présente dans cette période où tout le monde manquait de visibilité.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé un niveau d’activité supérieur à 2019 et je suis désormais confiante sur ma capacité à rebondir et à m’adapter, quoi qu’il arrive à l’avenir ! En résumé, je me sens pleine de gratitude pour tout ce que 2020 m’a appris. »

Créer de nouveaux débouchés pour ne pas subir la crise

Marie est cheffe d’une petite entreprise dans l’évènementiel, en Loire-Atlantique.

« En mars 2020, la saison touristique allait commencer, elle s’annonçait bien. Et puis, j’ai vu toutes les réservations s’annuler. Adieu les projets, tous mes efforts étaient neutralisés d’un coup. Le moral était atteint. Je me sentais happée par le gouffre du désespoir, comme un liquide dans un entonnoir…

Jusqu’au 10 juillet, les plannings étaient clairsemés. Nous ne savions pas si nous devions réembaucher nos saisonniers. Finalement, la saison est partie sur les chapeaux de roues jusqu’en septembre. J’ai travaillé 18 heures par jour, du lundi au dimanche. Les saisonniers y ont mis tout leur cœur et on s’en est très bien sorti.

Je n’ai jamais fermé. J’ai mis à profit ce temps de sous-occupation de mon établissement pour préparer des plats en bocaux. On ne sait pas de quoi sera fait l’été 2021 : s’il n’y a finalement pas de restaurant, mes clients auront de quoi manger. Et puis, avec un collègue de l’événementiel très impacté également, nous avons proposé au moment de la Saint-Valentin des balades en Méhari, suivies de nuits dans un habitat insolite sur mon site. Ça a marché. Aujourd’hui, nous proposons cette activité aux entreprises.

Et dès novembre, j’ai lancé « Télétravail au vert » : une chambre par personne et un espace de travail de 12 m2 chacun dans la salle de séminaires inoccupée. Résultat : 280 nuitées. J’ai préféré travailler un peu, plutôt que de voir mon outil de travail déserté. »

Savoir s’adapter aux difficultés pour maintenir son activité

Valérie est sophrologue et professeure de Qi Gong au Mans.

« Je dispense des cours collectifs et individuels de Qi Gong et de sophrologie, auprès de particuliers ou de salariés. À l’annonce du premier confinement, il y a eu un temps de « sidération », comme pour tout le monde. Cela a entraîné la fermeture administrative de la maison de quartier où je donne des cours et de mon cabinet de sophrologie installé alors dans un cabinet médical. Je me suis demandé : continuer, mais comment ?

J’ai réfléchi à des solutions afin de poursuivre les cours à distance, à la fois pour aider mes élèves à surmonter la période et continuer à travailler « un peu ».

Dès le 30 mars 2020, j’ai proposé tous les cours de Qi Gong en visioconférence. La difficulté a été de s’approprier l’outil, d’expliquer aux élèves son fonctionnement, de gérer les problèmes techniques des uns et des autres, et ensuite d’adapter le contenu des cours à cette nouvelle forme d’enseignement. C’était toute une organisation à revoir entièrement.

En parallèle, j’ai décidé de résilier le bail du cabinet de sophrologie que je louais, pour stopper l’hémorragie financière. Et j’ai continué les cours individuels à mon domicile. En juin, j’ai toutefois pu reprendre les cours collectifs en extérieur, quand il faisait beau. J’ai mis aussi à profit cette période pour me former à de nouvelles techniques, peaufiner mes cours, m’entraîner également car c’est nécessaire pour pouvoir enseigner le Qi Gong.

C’est précisément la pratique du Qi Gong et de la sophrologie qui m’ont aidée à surmonter les moments un peu délicats, les doutes. Ces techniques devraient être prises en charge pour aider à dépasser les difficultés d’une telle période, afin de lâcher du lest, de la pression.

Retravailler différemment après avoir été malade du Covid

Murielle, conférencière, a dû arrêter son activité après avoir contracté la maladie. Elle en a créé une autre, plus compatible avec son état de santé.

« J’ai créé mon entreprise en février 2019. Je proposais des conférences en Ehpad aux collectivités. Elles rencontraient un vif succès et mon agenda était rempli pour l’année 2020. Seulement ma vie a été dévastée par le Covid.

J’ai contracté la maladie. J’ai été mise dans le coma puis intubée. Tout est allé très vite, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. J’ai tout perdu : la santé, mon entreprise. Je n’avais plus d’argent (je vis seule donc je m’assume seule). Le seul cadeau que m’a offert le Covid est une pneumopathie.

Je vais mieux mais je n’ai pas retrouvé la puissance de ma voix. Je ne peux toujours pas parler de manière prolongée, ce qui me fatigue toujours autant. Je suis encore suivie par une orthophoniste à l’heure actuelle. Il m’est impossible de continuer les conférences. Alors que faire ?

J’ai une grande créativité donc j’ai créé des « Murder Party » (des enquêtes à résoudre) que je propose aux entreprises en guise de nouvelle expérience clientèle et cela fonctionne ! Je m’économise puisque je crée au calme sans trop parler. Les entreprises valorisent quant à elles leur patrimoine, leur savoir-faire et la clientèle retrouvent la bonne humeur et un peu de légèreté en ces temps moroses. »

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Angélique Pineau-Hamaguchi

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets de société (environnement, économie sociale et solidaire…).

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