Écologie et entreprise : cinq pistes pour préserver la santé des salariés

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L’environnement professionnel n’est pas sans conséquence sur la santé des salariés. Les entreprises peuvent agir à leur échelle pour prendre en compte cette réalité. Découvrez 5 pistes d’actions.

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1.  Agir sur la qualité de l’air intérieur au sein de l’entreprise

Aérosols désodorisants, solvants, désinfectants, peintures… nombreux sont les activités et produits utilisés dans les entreprises qui impactent la qualité de l’air intérieur. Des mesures peu coûteuses suffisent pourtant à inverser la tendance. « La première chose à faire est d’identifier et de réduire les sources de pollution : adopter des produits et des méthodes de nettoyage (et de désinfection) plus favorables à la santé, la sécurité au travail et l’environnement, privilégier les matériaux, les revêtements et le mobilier à faibles émissions de polluants », suggère Ragnar Weissmann, directeur scientifique d’Objectif Santé Environnement.

« Il faut ensuite se préoccuper de l’aération (la ventilation fonctionne-t-elle ? Est-elle adaptée aux besoins et équipée de filtres efficaces ?) et enfin, effectuer des mesures pour avoir éventuellement recours à un purificateur d’air. » Ces démarches ont un effet non négligeable sur la productivité. « Il est prouvé qu’un air dégradé affecte les capacités cognitives et donc la performance des salariés », remarque l’expert.

2.  Éviter de surchauffer dans les locaux

Une température intérieure trop élevée associée à un taux d’humidité trop bas (< 40 %) peut entraîner une gêne respiratoire et une irritation des muqueuses. « Cela est susceptible de majorer le risque de manifestations allergiques, de contracter une infection et augmenter l’effet des polluants », ajoute Ragnar Weissmann. À l’inverse, un taux d’humidité élevé (au-delà de 60 %) favorise l’apparition de moisissures (et les émissions des matériaux).

Or, le spécialiste le souligne : « Offrir un cadre de travail sain à ses salariés produit de nombreux cobénéfices, tels que réduire l’absentéisme et soigner sa réputation ».

3.  Se débarrasser du plastique à tous les étages

La réchauffe des aliments dans des contenants en plastique augmente l’émission de substances nocives dans la nourriture (les perturbateurs endocriniens, notamment). Les cantines d’entreprise peuvent ainsi se tourner vers des contenants en inox, tout comme les salariés, qui ont intérêt à utiliser une gourde en inox afin d’éliminer les bouteilles et les gobelets en plastique. Autre piste : repenser ses habitudes d’achat concernant les fournitures de bureau pour faire le choix de matériaux durables.

« Attention, toutefois, aux plastiques de substitution “biosourcés” (les barquettes en cellulose, par exemple), prévient Katia Baumgartner, pilote du réseau santé-environnement de France Nature Environnement. Ils contiennent eux aussi des additifs issus du pétrole et émettent des produits toxiques comme des perturbateurs endocriniens. »

4.  Améliorer le contenu de l’assiette des salariés

L’entreprise a un rôle à jouer pour favoriser le bio, le local et proposer des menus plus variés en restauration collective. « Elle peut aussi limiter la présence de boissons sucrées et la distribution automatique de plats prêts à l’emploi ultratransformés qui comportent des conservateurs, des additifs et des produits dérivés comme du sirop de glucose », note Katia Baumgartner.

Mon Restau Responsable, fruit d’un partenariat entre le réseau Restau’Co et la Fondation Nicolas Hulot, vise par exemple à inciter les entreprises à s’engager dans ce domaine. « Agir pour la santé environnementale est aussi un moyen de fédérer les salariés autour d’un projet porteur de sens, bien souvent en phase avec leurs valeurs personnelles, et un précieux levier de transformation de l’entreprise », ajoute Ragnar Weissmann.

5.  Végétaliser les bâtiments de l’entreprise

La présence de plantes et de verdure sur des murs végétalisés participe à rafraîchir l’atmosphère en augmentant le taux d’humidité durant les périodes de chaleur. « C’est une façon de limiter le recours aux climatiseurs qui, non seulement contribuent au réchauffement climatique, mais aggravent les problèmes d’allergie et provoquent des coups de froid », indique Katia Baumgartner.

Plusieurs études démontrent que travailler dans un espace végétalisé a un effet positif sur le confort de travail et le moral des salariés.

« La santé environnementale est devenue un levier de recrutement »

Audrey Richard est la présidente de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) et DRH du groupe Up.

Audrey Richard
Crédit photo : DR.

« La question de l’environnement et des conditions de travail sur site est devenue un sujet de préoccupation pour les candidats à l’emploi. Notamment les jeunes générations qui sont particulièrement sensibles aux enjeux d’écologie. Les RH ont ainsi conscience qu’elles doivent se démarquer sur ce terrain et modifient leurs habitudes pour répondre à ces attentes.

Les impacts sont nombreux : sur les repas d’affaires, par exemple, où la qualité de l’alimentation s’améliore nettement et où la vaisselle réutilisable s’impose de plus en plus. Certains innovent aussi dans les services proposés aux salariés (embauche de coachs culinaires, ouverture de salles de sport) ou dans le confort de travail (installation de murs végétaux qui absorbent le bruit). Sans compter la réflexion au long cours menée sur les métiers de demain, qui devront intégrer pleinement cette donnée. »

  • Émilie Gilmer
  • Crédit photo : iStock

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