Le sport en entreprise pour allier bien-être et performance

De plus en plus d’entreprises font le pari de proposer des activités sportives à leurs salariés, durant ou en dehors des heures de travail. Frédéric Delannoy, directeur technique national de la Fédération Française du Sport d’Entreprise, fait le point sur cette tendance qui gagne du terrain.

Le sport en entreprise pour allier bien-être et performance

La Fédération Française du Sport d’Entreprise est une jeune fédération. Mais quelle est son ambition ?

Frederic Delannoy
Crédit photo : FFSE

Frédéric Delannoy : L’objectif de la Fédération Française du Sport d’Entreprise est de développer une pratique d’activité physique régulière pour la santé et le bien-être des collaborateurs et la performance de l’entreprise. Pour ce faire, nous formons des salariés sur des questions de santé, comme les troubles musculo-squelettiques, et des équipes de santé en entreprise (infirmières, médecins du travail…).

De nombreuses questions juridiques, pédagogiques ou logistiques accompagnent souvent la mise en place du sport en entreprise. Notre but est aussi d’apporter l’ensemble des solutions, conseiller, accompagner et faciliter la vie des entreprises, tout en garantissant un niveau de qualité. C’est vraiment notre raison d’être. Nous sommes la fédération agréée par le ministère des Sports sur ce sujet.

Quels sont les avantages à inclure une pratique sportive en entreprise ?

F.D. : Il y a des chiffres qui existent et qui attestent clairement des bénéfices d’une telle pratique. En termes de productivité, les structures qui proposent de l’activité physique régulière en entreprise gagnent entre 6 et 9 points de productivité*. On connaît aussi l’impact de l’activité physique bien organisée sur les arrêts maladies en nombre et en durée. C’est-à-dire que non seulement ils sont moins nombreux mais, quand ils ont lieu, ils sont plus courts. Il y a aussi plus de cohésion et de communication entre les salariés.

L’argument de l’attractivité devient aussi important dans le discours des entrepreneurs. Il y a des entreprises qui vont investir énormément dans des structures pour attirer de nouveaux talents. En l’occurrence, il y a des sociétés en régions un peu éloignées qui ont besoin de très fortes compétences. Proposer des activités et des infrastructures sportives peut être un argument en plus.

Ce n’est pas neutre de faire faire du sport à ses salariés. Les retours des salariés et des chefs d’entreprise sont très positifs.

Quels peuvent être les freins à la pratique sportive en entreprise ?

F.D. : Les deux principaux freins, si l’on se met du côté du chef d’entreprise, sont l’insécurité juridique, par exemple que se passe-t-il si un collaborateur se blesse ?, et la complexité. L’offre est tellement éparpillée, diversifiée et multiple que cela demande un travail conséquent à l’entreprise pour mettre en place de l’activité physique pour ses collaborateurs. Il doit trouver les bons interlocuteurs, les équipements, gérer la logistique…

Du point de vue du salarié, il y a ceux qui n’ont pas envie de faire du sport. Nous sommes dans une société avec des individus qui ont le droit de penser et d’agir comme ils l’entendent. Le deuxième frein que citent les salariés est l’appréhension du regard de l’autre. Mais il y a des solutions qui existent sur les manières dont on met les gens en activité. On observe, par exemple, que lorsque l’on crée une salle de sport en entreprise, elle est souvent utilisée par des sportifs qui font déjà du sport, et les autres ont un peu la trouille d’y aller. L’idée est de créer des groupes de niveau, du moins les premiers temps. Une fois qu’on y trouve son bonheur, le frein se lève.

On insiste aussi beaucoup sur la diversité des familles d’activités pour que chaque salarié trouve une activité qui lui convienne.

Le Gouvernement a publié une circulaire le 12 décembre 2019 qui va favoriser la mise en place de la pratique sportive en entreprise. Qu’est-ce qu’elle affirme ?

F.D. : Cette circulaire lève les doutes et éclaircit les interprétations variées qu’il pouvait y avoir sur l’aspect plutôt juridique du sport en entreprise. Il y a des cas où l’Urssaf a jugé qu’il s’agissait d’un avantage en nature, et donc qu’il devait y avoir cotisation sociale. Inutile de dire que ce n’était pas très porteur pour développer le sport en entreprise, surtout lorsque le Gouvernement affirme que l’un de ses objectifs est de déployer du sport pour tous les Français, notamment en entreprise. Avec cette annonce, on exonère de cotisations sociales les entreprises qui mettent en place une activité physique ou sportive sous certaines conditions. C’est définitivement un pas dans la bonne direction.

Il y a des pratiques innovantes qui se mettent en place pour favoriser la pratique sportive en entreprise.

F.D. : Une tendance qui commence à émerger est le coaching vidéo. C’est-à-dire qu’il y a un coach qui a sur son écran 4 ou 5 salles différentes et qui voit ses élèves comme lors d’une séance de sport. Les sportifs quant à eux ne voient que le coach qui peut intervenir exactement comme il le ferait dans une salle. C’est une façon de partager les coûts entre plusieurs petites structures et cela permet de faire sauter l’un des freins qui est le regard de l’autre.

Est-ce qu’on peut affirmer que de plus en plus d’entreprises sont conscientes des bienfaits du sport en entreprise ?

F.D. : Pour nous c’est simple, cela se mesure par le niveau de notre activité et par le nombre de nos sollicitations. En 2006, nous étions 5 000 licenciés. Aujourd’hui, nous sommes plus de 35 000. Et le sport en entreprise se développe aussi beaucoup en dehors de notre fédération. À l’occasion des Jeux olympiques de 2024, le Gouvernement a annoncé qu’il voulait trois millions de sportifs en plus en France. L’un de nos objectifs affichés est d’y contribuer en ayant un million de licenciés en plus sur le sport en entreprise. C’est un beau défi à relever !

  • Propos recueillis par Cassandra Poirier
  • Crédit photo : Getty Images

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