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Responsable du bonheur : un métier d’avenir ?

Ils se nomment chief happiness officer, feel good manager, happiness driver… en français, responsable du bonheur. Leur rôle ? Contribuer au bonheur des collaborateurs de leur entreprise.

C’est dans la Silicon Valley, au début des années 2000, qu’est né ce nouveau métier. À l’époque, Chade-Meng Tan, ingénieur chez Google, se donne pour mission de tout faire pour que les salariés de son entreprise se sentent heureux au travail. Il invente ainsi le concept de responsable du bonheur et devient le « Jolly good fellow », ou « super bon camarade » en français, de ses collègues.

Depuis, son concept de « M. Bonheur » a traversé l’Atlantique : après avoir séduit le milieu des start-up, le chief happiness officer (CHO) fait désormais partie des offres d’emploi proposées par de nombreuses entreprises de tailles et de secteurs d’activité très différents. Selon une étude réalisée sur l’année 2016 par Joblift, plateforme qui centralise des offres d’emploi sur Internet, 28 % des annonces pour un CHO provenaient de petites et moyennes entreprises, et 18 % de grandes entreprises.

 

Le bien-être au travail : son premier objectif

Autant d’entreprises qui recherchent des candidats à l’image de Laurence Vanhée, auteur de Happy RH* et créatrice du cabinet de conseil Happyformance. À la suite d’un burn out, Laurence Vanhée se promet de « ne plus jamais être malheureuse au travail ». Et quand elle est recrutée en 2009 à la Sécurité sociale belge, elle décide de faire du bien-être de ses collaborateurs l’un des objectifs de sa fonction de directrice des ressources humaines (DRH). Un titre que Laurence Vanhée refuse d’ailleurs : « Je lui préférais celui de directrice du bonheur ».

* Ouvrage publié aux éditions la Charte, en 2013.

 

Un métier qui s’adapte aux besoins de l’entreprise

« De l’aménagement de l’espace et du temps de travail à la simplification de la vie quotidienne des collaborateurs, en passant par l’organisation d’événements ludiques et jusqu’à la transformation de l’organisation de l’entreprise… Les missions d’un responsable du bonheur sont très diverses et finalement plus larges que celles d’un DRH », explique Laurence Vanhée. Mais sont-elles les mêmes d’une entreprise à une autre ?

« Dans mon cas, je dépends directement de notre directeur général, précise Nathalie Forestier, chief happiness officer d’une entreprise de livraison de repas à domicile et au bureau. Sur ma fiche de poste, j’ai deux missions principales : m’assurer que la communication interne est claire et transparente – j’encourage managers et collaborateurs à échanger en tête-à-tête régulièrement ; et organiser des événements pour la cohésion de l’équipe : séminaires, fêtes d’anniversaires, déjeuners entre collègues… Tous les collaborateurs travaillent beaucoup. Je leur offre des moments de lâcher prise, tous ensemble ». Tantôt intégré à l’équipe des ressources humaines, tantôt associé à la communication interne ou rattaché à la direction, le CHO reste à l’heure actuelle un poste aux contours flous. Et pour cause : il répond aux besoins propres à chaque entreprise.

 

Mettre en œuvre les conditions du bonheur

« J’ai endossé le rôle de responsable du bonheur à un moment où mon entreprise connaissait une forte croissance et recrutait beaucoup, raconte Marianne Prigaux, happiness driver d’une entreprise innovante du secteur bancaire. Dans ce contexte, j’avais pour priorités d’améliorer la cohésion de l’équipe, l’environnement de travail et la façon de manager ». Pour y parvenir, elle a une idée : « Gagner de l’espace pour se sentir mieux et mieux travailler ». Décision est prise en juin 2016 de quitter le centre-ville de Toulouse pour s’installer à la campagne.

« Dans nos nouveaux locaux, les collaborateurs disposent d’une vaste cuisine. Et à l’extérieur, ils peuvent se servir dans le potager et le poulailler. » L’ancien mobilier de travail a été remplacé par des bureaux assis/debout et des fauteuils permettant de soulager les dos. Côté management, un parcours d’intégration est désormais organisé pour les nouveaux arrivants : « chacun est accompagné dans ses premiers pas par un parrain ». De nouveaux espaces de réunion, conçus comme des cabanes sur roulettes, ont été créés pour favoriser le travail d’équipe et les échanges.

Résultat : l’entreprise est numéro un, pour la catégorie des moins de 50 employés, du Great place to work 2017, palmarès récompensant les entreprises où il fait bon travailler. « Atmosphère de travail plus sereine, créativité décuplée, salariés plus fidèles et motivés : le bilan est extrêmement positif à tous les niveaux », conclut Marianne Prigaux.

 

Qualités et compétences du responsable du bonheur

Réaménager bureaux, salles de réunion et lieux de vie, imaginer de nouvelles manières de travailler ensemble, savoir écouter chaque collaborateur, organiser des événements… Le chief happiness officer doit être multi-casquettes. Comment le préparer à remplir toutes ses missions ? Aujourd’hui, il n’existe pas de formation spécifique. Ces responsables du bonheur au travail – qui doivent être à l’écoute des autres, fins observateurs, créatifs et dotés d’un bon sens de l’organisation – sont en majorité issus de filières de l’enseignement supérieur (communication et ressources humaines). Seuls certains organismes privés commencent à proposer des formations.

Alors que les entreprises françaises semblent être de plus en plus nombreuses à faire de la qualité de vie au travail une priorité, la fonction de chief happiness officer pourrait bien, dans les années à venir, se professionnaliser et se généraliser. Avis aux Monsieur et Madame Bonheur de demain !

  • Armelle Oger
  • Crédit photo : Portra/Istock

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