Ressources humaines : quelles priorités pour demain ?

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Une étude réalisée entre janvier et avril 2021 présente les nouvelles priorités des directions des ressources humaines. Au cœur des enjeux de demain, le recrutement, le développement des compétences, et une meilleure prise en compte des aspirations des salariés.

Les intervenants de la conférence débatent sur scène

Quelles sont les futures orientations des entreprises en matière de ressources humaines  ? Pour répondre à cette question, Boston Consulting Group, cabinet international de conseil en stratégie, a interrogé près de 6700 managers en ressources humaines dans 113 pays. Les résultats de cette enquête, publiée en juin 2021, ont été présentés lors de la conférence « L’humain au cœur de la relance » organisée le 15 novembre à Paris par le groupe Les Echos-Le Parisien et Harmonie Mutuelle, et à laquelle étaient conviés de nombreux directeurs des ressources humaines. Cette étude valide l’émergence de nouveaux modèles, liés à la pandémie et au développement des usages numériques. Le recours au télétravail en particulier, ainsi que la flexibilité horaire semblent être devenus la norme.

Dans le même temps, l’enquête identifie de nouvelles priorités pour les directions des ressources humaines. En haut de la liste, on retrouve la problématique du recrutement, puis celle du développement des compétences. Enfin, la prise en compte des aspirations des salariés apparaît désormais incontournable.

Dans tous les secteurs, on peine à recruter

Les difficultés de recrutement touchent toutes les branches professionnelles. « L’ensemble des métiers connaissent une pénurie, déclare Stéphane Dubois, directeur des ressources humaines du groupe Safran. Il est tout aussi compliqué de recruter un tourneur-fraiseur qu’un spécialiste du digital ». Souvent, parce que la filière d’apprentissage a été abandonnée. « Il est important de rouvrir des voies d’éducation dans l’industrie permettant d’avoir des profils avec un haut niveau de compétences » poursuit-il.

Ce manque de personnel qualifié est également observé par Tiffany Foucault, directrice des ressources humaines du groupe Fnac-Darty. « On a des besoins de recrutement importants sur des métiers pour lesquels la formation initiale, de façon structurelle, est insuffisante en France ». C’est le cas par exemple des techniciens-réparateurs. Les entreprises doivent alors multiplier les initiatives pour trouver des solutions : reconversions internes, parcours de formation, partenariats avec Pôle Emploi pour intégrer des chômeurs de longue durée.

Pour Caroline Lebrun, directrice engagement et coopération d’Harmonie Mutuelle, les ressources humaines ont un rôle clé à jouer dans l’ouverture aux nouveaux profils. « On n’a jamais eu autant besoin de diversité de talents, de point de vue en entreprise. Il faut créer des instances managériales qui permettent cette diversification. »

Caroline Lebrun est la directrice engagement et coopération d’Harmonie Mutuelle.
Crédit photo : Les Echos – Le Parisien Evènements

Le développement des compétences, un enjeu d’avenir

Face à ce défaut de main d’œuvre, le développement des savoir-faire et la formation sont devenus des préoccupations importantes pour 90 % des managers RH, selon l’enquête. Jean-Michel Caye, auteur de l’étude et directeur associé au Boston Consulting Group, estime que ce sont aux employeurs d’agir. « Si vous ne trouvez pas sur le marché les gens dont vous avez besoin, il faut réfléchir à les « fabriquer » vous-même. » En élaborant des programmes de formations individualisés, les entreprises pourraient ainsi créer de nouveaux parcours destinés à faire éclore les talents.

Cet accompagnement permettrait aussi d’éviter un écueil lié à la transformation du travail, sous l’impact du digital : l’obsolescence des compétences. « Les connaissances que nous acquérons aujourd’hui ne seront pas forcément durables, prévient Stéphane Dubois, directeur des ressources humaines du groupe Safran. Se pose donc la question de former en continu les collaborateurs sur des métiers nouveaux. »

Prendre en compte les aspirations des salariés pour les retenir

88 % des managers RH interrogés affirment qu’il est indispensable de se concentrer sur les besoins et attentes des employés. Mais quels sont ces besoins ? Les questions de sens au travail, d’engagement et de culture d’entreprise  ressortent particulièrement depuis la crise du Covid-19, selon Stéphane Dubois. Pour attirer et retenir un employé, la capacité à expliquer à quoi l’on contribue est devenue essentielle. Et les organisations sont aujourd’hui scrutées de près sur la portée environnementale et sociale de leurs activités.

Benoit Serre, DRH de L’Oréal, est aussi Vice-Président de l’ANDRH, l’Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines
Crédit photo : Les Echos – Le Parisien Evènements

« Même dans une grande entreprise, les gens veulent avoir des garanties », estime Benoît Serre, vice-président de l’Association Nationale des Ressources Humaines et directeurs des ressources humaines de l’Oréal. Selon l’étude Boston Consulting Group, 57 % des collaborateurs sont aujourd’hui en recherche active de nouvelles opportunités. Son auteur, Jean-Michel Caye, explique ce mécanisme : « Aujourd’hui, si vous ne faites rien pour l’environnement, pour le digital, pour un traitement individualisé des parcours, les talents s’en vont. »

Répondre à ces demandes requiert une part d’exemplarité, selon Caroline Lebrun, directrice engagement et coopération d’Harmonie Mutuelle.  « Impliquer un salarié, c’est être soi-même engagé et engageant. Sur les sujets de santé et d’environnement, aux entreprises de se saisir de leur impact et de réfléchir à leur mode d’entreprendre. »

  • Solal Duchene
  • Crédit photo : Les Échos - Le Parisien Evènements

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