Sport en entreprise : « Il y a un décalage considérable entre l’intention et la réalisation »

mis en ligne le : 28/05/2021 - mis à jour le :

Le sport en entreprise se développe de plus en plus. Un décret paru le 2 juin 2021 simplifie d’ailleurs sa mise en œuvre. Frédéric Delannoy, directeur technique national de la Fédération française du sport d’entreprise, nous explique cette avancée et les points bloquants qui subsistent.

sport en entreprise

80 % des salariés souhaitent pratiquer une activité physique en entreprise*. Il y a une vraie demande. Mais la mise en œuvre de l’activité physique ou du sport en entreprise n’est pas simple, notamment pour les petites structures. C’est pourquoi la Fédération française du sport d’entreprise propose des solutions pour faciliter sa mise en place.

Le sport en entreprise était considéré comme un avantage en nature, ce n’est plus le cas, c’est une bonne chose selon vous ?

Frédéric Delannoy : C’est l’officialisation et l’espoir d’une simplification du sport en entreprise. C’est une bonne chose pour le développement du sport d’entreprise ou de l’activité physique. C’est un caillou en moins dans notre chaussure. Car si plus de 4 sur 5 des employeurs reconnaissent que la mise en place de l’activité physique dans leur entreprise est utile, moins de 10 % passent à l’acte. Il y a un décalage considérable entre l’intention et la réalisation.

On note plusieurs points bloquants : la question de la réglementation, les risques d’accidents, la complexité de l’encadrement du sport… C’est une activité réglementée. C’est notre travail à nous, la fédération du sport en entreprise, d’accompagner les entreprises et de leur simplifier l’accès à l’activité physique et à un éducateur.

Mutualiser les moyens pour les petites structures

Comment mettre en place le sport en entreprise ?

F.D. : Le sport en entreprise, c’est possible aussi bien pour une structure de 3 salariés que pour d’autres qui en ont des milliers. Pour les grands groupes, l’offre sera interne et en lien avec les attentes managériales. Dans une plus petite structure, on va être dans de l’interentreprises avec la mutualisation de moyens. Des salariés d’une entreprise vont se retrouver avec d’autres d’une même zone d’activités pour jouer au foot le midi par exemple. Cela permet de créer du lien, du réseau et de la dynamique sur les zones d’activités.

Quelles sont les pratiques les plus courantes en entreprise ?

F.D. : On retrouve le running et la marche nordique qui est souvent un premier pas vers l’activité physique, sans oublier le fitness, la gym d’entretien, la zumba. Le yoga, une activité où le cardio n’est pas important, est une deuxième porte d’entrée vers l’activité physique pour les gens sédentaires.

On voit se développer également des sports de combat, de l’autodéfense. Il y a une demande de la part de la population féminine qui souhaite être capable de se défendre tout en se dépensant.

« L’activité physique au travail, c’est 25 % de jours d’absence en moins par salarié »

Quel est le rôle de la fédération du sport en entreprise ?

F.D. : Nous partons de ce qu’est l’entreprise pour lui proposer des solutions adaptées : installer des tables de ping-pong pour faire du tennis de table dans le hall, des paniers de basket… Mais le premier équipement pour faire du sport en entreprise, c’est la douche. On peut faire sans mais on limite considérablement les activités. Ainsi on peut faire de la marche nordique mais pas de running.

Et depuis quelques mois, nous avons créé une plateforme digitale : @work. Elle permet aux entreprises d’avoir un seul interlocuteur. L’entreprise n’a pas à vérifier par exemple si le coach a le bon diplôme, on s’en charge. L’entreprise signe un contrat avec nous et on se charge de tout, elle bénéficie notamment de notre assurance. Une très grande diversité d’activités sont proposées pour que chaque salarié trouve chaussure à son pied.

Pour quelles raisons les entreprises veulent développer l’activité physique ?

F.D.  : Une entreprise peut juste avoir envie que ses salariés fassent une activité physique. Elle peut aussi attendre des effets sur le travail. Car l’activité physique au travail, c’est 25 % de jours d’absence en moins par salarié. Certains demandent la mise en place d’activités physiques pour recréer du lien dans des équipes qui était distendu. On peut alors y ajouter un discours sur la cohérence, la compétitivité. L’objectif premier est que les gens reviennent à la deuxième séance… et au travail.

On doit aller conquérir le public contrairement aux clubs où le public vient spontanément. Donc l’entraîneur ne doit pas pousser les salariés dans leurs limites, il faut éviter les blessures. Son discours doit être adapté à la vie de l’entreprise. Le sport ou l’activité physique en entreprise permet de lutter contre la sédentarité. C’est l’occasion pour les salariés de pratiquer, d’y prendre goût pour rejoindre ensuite un club pour qu’ils s’épanouissent, se sociabilisent…

*Etude Opinionway 2016

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Cécile Fratellini

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

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