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Aidants familiaux : ne pas rester isolés

Aidants familiaux : « Ne pas s’isoler, ne pas culpabiliser et s’accorder du temps pour soi »

En France, près de 4 millions de personnes s’occuperaient régulièrement d’un proche dépendant. Focus sur les aidants familiaux.

Des aidants familiaux qui ont tendance à s’oublier et à mettre en danger leur propre santé. Le point avec Isabelle Rochebois, assistante sociale à « Priorité Santé Mutualiste – Equasanté ».

 

Quelles sont les principales difficultés des aidants ?

Au quotidien, accompagner un proche dépendant demande beaucoup de temps et d’énergie. Le risque principal est donc l’épuisement physique et psychique, du fait de la répétition des tâches, des gestes, des arguments et de la vigilance permanente que cela demande. Aussi, même si l’on est organisé, même si l’on est résistant, sur le long terme il est quasi inévitable d’éprouver un sentiment de fatigue. C’est tout à fait normal.

Faute d’aides suffisantes (d’intervenants professionnels notamment), être aidant nécessite parfois d’être présent en continu pour assurer une sécurité de la personne au quotidien, parce qu’elle peut chuter, parce qu’elle est fatiguée. Le risque est alors de se retrouver soi-même enfermé dans cette situation de dépendance. Car se libérer deux heures pour aller à un rendez-vous ou faire ses courses nécessite toute une organisation. Une situation qui peut isoler socialement.

 

Avec l’épuisement, l’autre risque majeur est donc l’isolement ?

Absolument. La personne aidante peut se retrouver en perte de lien avec sa propre famille, ses amis et son réseau professionnel, car elle est un peu accaparée par cette nouvelle situation. C’est tout aussi vrai pour l’aidant familial d’un enfant, que pour celui d’un adulte handicapé ou d’une personne âgée dépendante. D’autant que l’entourage ne se rend pas toujours compte de ce qu’est le quotidien d’un aidant, et qu’il a parfois des difficultés à comprendre.

 

S’accorder un répit est donc indispensable ?

Il est primordial de ne pas s’oublier au point de n’être présent que pour l’autre. Or les aidants ne s’autorisent pas toujours à prendre du temps pour eux car ils culpabilisent. Le simple fait de dire « je n’en peux plus » est difficile, parce que l’on pense « je suis responsable, c’est ma famille, je me dois de… ». Et cela empêche parfois d’évoquer son épuisement avec ses proches. Pourtant, l’exprimer est salutaire. D’où l’importance des groupes de parole et des associations qui peuvent apporter du soutien.

En effet, se recentrer un peu sur soi, sur son ressenti, et le partager avec d’autres personnes, c’est aussi une façon de s’accorder un peu de répit. Sans parler des séjours et des hébergements temporaires qui peuvent exister par ailleurs et qui permettent de récupérer. Bien qu’ils soient peu nombreux et que les places soient très limitées.

 

Pour en savoir plus

  • Angélique Pineau
  • Crédit photo : vadimguzhva/Istockphotos

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