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Comment fonctionne une alerte alimentaire ?

Les alertes alimentaires permettent de protéger la santé de la population face à la découverte de produits dangereux, contaminés par une bactérie par exemple. Il s’agit d’informer le plus rapidement possible les consommateurs.

Comment fonctionne une alerte alimentaire ?

Marie-Pierre Donguy, cheffe de la mission des urgences sanitaires au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, décrit les principales étapes d’une alerte alimentaire.

Qu’est-ce qu’une alerte alimentaire ?

Marie-Pierre Donguy
Crédit : ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Marie-Pierre Donguy : Elle est déclenchée quand un produit en vente présente une anomalie mettant en jeu la santé des consommateurs. Par exemple, la présence d’une bactérie (salmonelle, listeria, E. coli…), d’un contaminant chimique ou d’un corps étranger. Il peut aussi s’agir d’une erreur d’étiquetage : sur la date limite de consommation, la liste des composants…

L’alerte fait généralement suite à un contrôle officiel, à un signalement des professionnels eux-mêmes (producteurs ou distributeurs) ou à la plainte d’un consommateur. Elle a aussi parfois pour origine des cas groupés de malades, repérés par Santé publique France. Il faut alors mener une enquête de traçabilité pour retrouver la source du problème.

L’information peut aussi provenir d’un autre pays, via le « Rasff », le réseau d’alerte européen.

Qu’est-ce qui peut être en cause ?

M.-P. D. : L’anomalie peut apparaître lors de la fabrication du produit, lorsque les règles d’hygiène n’ont pas été respectées, intentionnellement ou pas. Mais le producteur n’est pas forcément fautif : la matière première peut être contaminée par exemple ou l’environnement (cas d’une zone de récolte contaminée).

Les distributeurs (grossistes, magasins…) peuvent également être responsables, s’ils n’ont pas respecté la chaîne du froid, par exemple.

Quelles peuvent être les mesures prises en cas d’alerte ?

M.-P. D. : Nous commençons par faire cesser la commercialisation du produit, en le retirant des rayons. C’est ce qu’on appelle « le retrait ». Ensuite, nous demandons à ceux qui l’ont déjà acheté de le ramener au point de vente. C’est la procédure de « rappel ». On les informe via des affichettes dans les rayons, la presse et des messages en ligne : sur les réseaux sociaux, les sites internet des ministères ou des professionnels concernés.
Les personnes qui ont déjà consommé le produit et présentent des symptômes inquiétants sont invitées à consulter un médecin. Enfin, il est nécessaire d’intervenir à la source, sur le processus de production ou de distribution, pour mettre en place des actions correctives.

Nous communiquons aussi auprès des professionnels de santé (hôpitaux, médecins libéraux…) et des autres État-membres de l’Union européenne.

C’est enfin aux directions départementales de protection des populations (DDPP) de s’assurer que les mesures sont bien appliquées sur le terrain.

Comment les consommateurs participent-ils au système d’alerte ?

M.-P. D. : Les consommateurs peuvent faire part de leur suspicion au sujet d’un produit. Soit en le rapportant où ils l’ont acheté, soit en contactant leur DDPP.

Ils ont aussi un rôle à jouer dans la prévention du risque alimentaire : en respectant les règles d’hygiène de base, les dates limites de consommation, les recommandations pour les personnes fragiles (par exemple : pas de fromage au lait cru pour les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées…). Car le risque zéro n’existe pas.

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : iStock

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