Proches aidants : ce qui change pour vos droits

Depuis le 1er octobre 2020, le congé proche aidant est rémunéré. L’occasion de faire le point sur les aides destinées à ces 8 à 11 millions de Français qui s’occupent au quotidien d’un proche malade ou handicapé.

Proches aidants : ce qui change pour vos droits

Qui sont les aidants ?

Les proches aidants seraient entre 8 millions en France, selon le seul chiffre officiel (une estimation du ministère des Solidarités et de la santé en 2008), et 11 millions selon des études indépendantes. Un « aidant » est une personne qui assiste, de façon régulière et bénévole, un proche en perte d’autonomie en raison d’une maladie ou d’un handicap. Près de 4 millions d’entre eux seraient par ailleurs en activité et salariés.

Droits des aidants : ce qui existe déjà

  • Le congé proche aidant

En 2016, la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a créé un « droit au répit » pour permettre aux proches aidants de souffler. Celui-ci consistait en un financement (à hauteur de 500 euros) de la prise en charge du proche malade ou handicapé dans un accueil de jour ou un hébergement temporaire.

Trop compliqué à demander, pas assez connu : il a été remplacé dès 2017 par le congé de proche aidant. Il est « ouvert à tout salarié justifiant d’une ancienneté minimale d’au moins un an dans l’entreprise ». Ce congé peut durer jusqu’à trois mois. Et à son issue, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire. L’employeur ne peut le refuser. Mais à la manière d’un congé sans solde, il n’était jusqu’à présent ni rémunéré ni indemnisé. Par conséquent, les proches aidants l’ont peu demandé.

  • Les aides financières

Les aidants familiaux peuvent bénéficier, sous condition, d’aides financières telles que l’allocation d’éducation à un enfant handicapé (AEEH), la prestation compensation handicap (PCH), l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA).

  • Le soutien moral

Il existe des ressources sur le terrain (cafés des aidants, maisons des aidants, lieux de répit) qui sont malheureusement très peu centralisées. Pour les connaître, il est conseillé de se tourner vers les associations locales ou les centres locaux d’information et de communication (CLIC), les centres communaux d’action sociale (CCAS), les groupes de protection sociale ou les services sociaux des caisses de retraite.

Congé proche aidant : ce qui change au 1er octobre 2020

Depuis le 1er octobre 2020, les aidants peuvent prendre un congé rémunéré. Ils peuvent toucher jusqu’à 43,83 euros par jour pour une personne en couple, 52,08 euros pour une personne seule. Ce congé peut être pris pour trois mois, fractionnables, pour l’ensemble de la carrière, et ouvre des droits à la retraite.

Les salariés du secteur privé, les indépendants ainsi que les demandeurs d’emplois inscrits peuvent en bénéficier.

Aides financières : ce qui a changé début 2020

La PCH (Prestation compensation handicap) que touchent certains aidants n’est plus imposable depuis début 2020, et elle est dans certains cas cumulable avec le RSA (Revenu de solidarité active).

Solution de répit : un numéro depuis la crise sanitaire

Le 0 800 360 360, un numéro unique national a été mis en place dans le cadre de la crise sanitaire pour les personnes en situation de handicap et les proches aidants. Objectif ? Répondre le plus rapidement possible aux demandes urgentes de répit.

Ce numéro sera pérennisé après la crise sanitaire du Covid-19.

En outre, d’ici 2022, 200 000 solutions de répit supplémentaires devraient être créées, doublant ainsi les possibilités actuelles.

Pour les jeunes aidants spécifiquement – leur  nombre est estimé à 500 000 en France – le gouvernement souhaite un possible aménagement des rythmes d’étude et prévoit de sensibiliser le personnel de l’Education nationale à cette problématique encore trop méconnue.

POINT DE VUE

Florence Leduc, présidente de l’Association française des aidants

Florence Leduc
Crédit photo : Nathanaël Mergui

« Cette nouvelle version du congé proche aidant a des atouts : l’indemnisation journalière jusqu’à trois mois renouvelables sur la carrière, avec un montant qui s’adapte en fonction de la situation de la famille. À nos yeux, il s’agit réellement d’un pied dans l’entrebâillement de la porte.

Les pouvoirs publics réagissent afin que les proches aidants restent en activité, et c’est fondamental. Sans cela, aider un proche signifie la fin des rémunérations, une retraite entamée et, du jour au lendemain pour certains, se retrouver enfermés à domicile avec son proche. Certes, cette solution ne répond pas à la totalité des situations – elle ne concerne que les salariés – mais elle résout déjà certaines questions temporaires.

Nous, aidants, souhaitons juste vivre le mieux possible et demandons à l’employeur de nous faciliter la vie quand un proche est malade et qu’on a besoin de se poser. Attention en revanche, à ne pas en déduire que « proche aidant » est un métier. Il existe des intervenants professionnels et nous tenons à ce qu’ils continuent à jouer pleinement leur rôle. »

À lire aussi : la tribune de Florence Leduc sur la solidarité.

Pour en savoir plus :

Association française des aidants : son site propose des formations en ligne, des adresses de cafés des aidants et des ressources gratuites pour tous les proches aidants mais aussi pour les professionnels.

  • Pauline Hervé
  • Crédit photo : Getty Images

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