Apprendre à consommer responsable

Bio, équitable, locavore... Difficile d’acheter juste aujourd’hui. Comment s’y retrouver dans les nouvelles façons de consommer ? Comment faire les bons choix et devenir un « consom’acteur» ?

Consommer responsable

« Consommer responsable » c’est réfléchir au circuit qui a amené le produit jusqu’à son panier. C’est réinjecter un peu d’éthique dans l’acte d’achat. En effet, nos achats éco-responsables ont une influence directe sur le mode de production des aliments. Ils aident au développement des entreprises éthiques et de l’agriculture respectueuse.

Dans les magasins, consommer responsable passe aussi par une lecture attentive des étiquettes : savoir reconnaître un label environnemental ou identifier la provenance du produit.

 

Consommer local, une solution d’avenir ?

Comment consommer responsable, préserver sa santé et celle des siens, ménager la planète et ses ressources, slalomer entre le poivron espagnol « OGMisé » et le haricot kenyan, pour s’alimenter correctement sans faire trop de mal à son portefeuille ?

Les produits bio et équitables sont en moyenne plus chers, et même si c’est justifié (coût de production plus élevé, souhait de mieux rémunérer les producteurs, etc.), tout le monde ne peut y avoir accès. À savoir tout de même : certains magasins bio proposent des produits à prix courant. Et le « bio » des grandes surfaces n’est pas toujours moins cher. On peut aussi devenir « locavore » et ne s’alimenter qu’avec des aliments produits dans un périmètre de 200 km maximum. Manger local, c’est savoir à qui l’on achète, connaître le terroir, réduire l’impact écologique du transport des marchandises, et mieux maîtriser la traçabilité de ce que l’on met dans son assiette.

Autre exemple : les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui, pour favoriser des activités agricoles dans les régions délaissées par l’industrie, ont créé un lien direct entre paysans et consommateurs. Les clients s’engagent à acheter la production des premiers à un prix équitable, et en payant à l’avance. Aujourd’hui, 1 600 AMAP approvisionnent 66 000 familles, soit près de 270 000 consommateurs en France.

Les GAEC*, les épiceries solidaires, les magasins de producteurs participent aussi à cette dynamique : les produits qui y sont proposés sont frais et de qualité, et les prix très raisonnables.

* Groupements agricoles d’exploitation en commun.

 

« Manger mieux sans se ruiner, c’est possible »

Pour réduire son budget alimentaire, tout en mangeant sainement, la vigilance est de mise. Quelques conseils de base :

  1. Acheter des produits de saison, plus frais et moins chers.
  2. Privilégier les circuits courts en ciblant les produits locaux, un geste qui profite à tout le monde : le consommateur s’y retrouve au niveau des prix et l’agriculteur maintient son activité. Moins il y a d’intermédiaires, moins c’est cher.
  3. Consommer moins de viande : 2 à 3 fois par semaine suffit, on peut opter pour un mélange céréales/légumineuses qui apporte des protéines de qualité. C’est meilleur pour la santé, pour la planète et pour le porte-monnaie !
  4. Retrouver le goût de faire soi-même : le plat tout prêt est l’ennemi de votre budget et de votre santé. De plus, le suremballage pèse sur l’environnement. Vous réaliserez de très substantielles économies en cuisinant vous-même.
  5. Comparez les prix. Prévoyez vos menus avant de faire les courses, et triez régulièrement vos placards et votre congélateur afin d’utiliser en priorité ce qui s’y trouve.

 

La fin des étiquettes mensongères ?

Des barres alimentaires qui « boostent la mémoire » ? Des produits « antioxydants », « anticholestérol » ou « bons pour les os » ? En 2011, l’Agence européenne pour la sécurité des aliments a publié les premiers résultats d’une étude concernant les allégations de santé sur les étiquettes : 80 % d’entre elles seraient mensongères. Une législation spécifique reprenant les conclusions de cette étude devrait voir le jour en 2013. L’allégation santé est souvent l’arbre qui cache la forêt de gras, de sucre ou de sel dans le produit, voire des additifs chimiques en grand nombre.

Rassurons-nous : la législation européenne est rigoureuse ; tous les additifs entrant dans la composition des produits alimentaires sont autorisés et réputés sans risque. Pour autant, en attendant la nouvelle législation, les consommateurs doivent rester vigilants et lire attentivement l’étiquetage nutritionnel ou les informations réglementaires obligatoires.

 

Bio ou équitable ?

Les produits bio sont cultivés sans engrais chimiques, sans pesticides, sans produits industriels de synthèse et sans OGM. Ils sont identifiables par un label du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, repérable grâce au logo AB.

Les produits équitables sont issus d’un commerce assurant un revenu correct à des producteurs des pays émergents afin qu’ils puissent développer leur activité à long terme.

 

« Apprendre à lire les étiquettes »

Le point de vue d’Olivier Andrault, ingénieur en agro alimentaire et chargé de mission « Alimentation et nutrition » pour l’association de consommateurs UFC-Que choisir.

L’offre alimentaire est globalement déséquilibrée, notamment pour les enfants : trop de gras, de sucre et de sel. Il est d’autant plus important d’être attentif à la qualité de ce que l’on achète. Si on achète des produits manufacturés, il faut absolument apprendre à lire attentivement les étiquettes et être vigilant sur deux points particulièrement importants :

  • Dans les compositions affichées, l’ingrédient majoritaire vient en premier, puis les autres ingrédients en ordre décroissant. Faites le test : quand le sucre, le gras ou les matières grasses arrivent en premier : dites non !
  • Ne pas se fier à l’étiquetage par portion : en cas d’aliment très calorique, très gras ou très sucré, les fabricants indiquent souvent une portion minuscule, qui induit le consommateur en erreur. Il faut regarder les proportions pour 100 g de produits : on peut ainsi facilement se rendre compte que certaines céréales du petit déjeuner contiennent plus de 40 % de sucre !

 

Pour en savoir plus

  • Guide « Acheter, consommer mieux ». Guide disponible dans les Espaces Info Énergie (il en existe 250 en France). Pour trouver leurs coordonnées, consultez infoenergie.org ou appelez le 0810 060 050 (prix d’un appel local depuis un poste fixe au tarif défini par votre opérateur).
  • Le Marché Citoyen Annuaire de tous les magasins bio, équitables ou solidaires dans toute la France ainsi que de nombreux conseils pour faire évoluer sa consommation.
  • Site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie pour mieux comprendre l’impact de nos choix alimentaires.
  • Les labels de la consommation responsable et leur signification.
  • Fabienne Cassagne

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