Et si on se mettait aux écogestes ?

La crise historique que le monde vit a, plus que jamais, mis en lumière les nombreuses interactions entre environnement et santé. Or, chacun d’entre nous peut faire sa part pour préserver la planète. Économies d’eau et d’énergie, chasse au gaspillage, valorisation des déchets : il existe tout un panel d’actions simples et accessibles qui peuvent aussi être bénéfiques à votre porte-monnaie…

écogestes

« C’est notre mépris pour la nature et notre manque de respect pour les animaux avec lesquels nous devrions partager la planète, qui ont causé cette pandémie. » Interrogée mi-avril sur sa perception de la crise de la Covid-19, la célèbre primatologue britannique Jane Goodall, qui a voué sa vie à la défense des animaux et de l’environnement, n’avait pas mâché ses mots. Et elle n’a pas été la seule personnalité à pointer du doigt l’impact de certaines activités humaines dans l’apparition du coronavirus. Dans une tribune publiée dans Le Monde intitulée « La pandémie de Covid-19 est étroitement liée à la question de l’environnement », 16 dirigeants d’organismes scientifiques affirmaient ainsi que le déclin de la biodiversité accélérait l’émergence de virus dangereux pour l’homme.

Une partie de la réponse est entre les mains des citoyens qui, par des initiatives simples, peuvent contribuer à la préservation de la planète. « Le combat ne pourra être gagné que s’il est mené sur tous les fronts », estimait en juin 2019 le cabinet de conseil spécialisé Carbone 4 dans son étude « Faire sa part ? – Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique ».

Une « formidable opportunité » de tout réinventer

Sans compter qu’adopter des réflexes « écolo » ne profite pas uniquement à l’environnement… et ce n’est pas Julien Vidal qui dira le contraire. Le jeune homme, fondateur du mouvement Ça commence par moi, s’était mis au défi de réaliser un écogeste par jour pendant un an. Verdict ? « J’ai divisé par cinq mon empreinte carbone*, économisé environ 300 euros par mois et amélioré mon état de santé en optant pour des produits de meilleure qualité », assure le trentenaire.

Il a d’abord apposé un autocollant « Stop pub » sur sa boîte aux lettres (de quoi éviter le gâchis de 40 kg de papier par an) et s’est petit à petit pris au jeu. « J’ai changé complètement mes habitudes et c’est un vrai plaisir ! Tous les “oui mais” qu’on entend – c’est trop cher, c’est trop compliqué, ça prend trop de temps – sont faux à partir du moment où on décide de faire ces actions au fur et à mesure et en conscience. Car nous avons là une formidable opportunité de réinventer nos modes de vie pour être plus en connexion avec nous-mêmes, avec les autres et avec le vivant. »

« Pour vous lancer, prenez déjà le temps de “diagnostiquer” ce que vous consommez et ce qui vous est réellement nécessaire », préconise Cédric Javanaud, directeur du pôle sensibilisation à la Fondation GoodPlanet. « Par exemple, il faut savoir que, pour fabriquer un jean, il faut 11 000 litres d’eau… Est-ce qu’on a vraiment besoin d’en changer plusieurs fois par an ? », questionne l’expert.

Des actions à faire chez soi comme au bureau

À la maison, une démarche simple – et économique – consiste à installer une multiprise avec interrupteur pour éteindre facilement ses appareils électriques de loisirs (télévision, box internet, lecteur DVD) lorsqu’on sort ou lorsqu’on dort. « Sur une année, la veille d’une box peut consommer autant qu’un réfrigérateur », indique Florence Clément, coordinatrice de l’information grand public à l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. Pour faire le ménage, inutile de multiplier les sprays et autres lingettes, d’autant que les particules de synthèse utilisées pour les parfumer polluent l’air intérieur. Misez sur des produits porteurs d’un label environnemental, ainsi que sur les nettoyants naturels (savon noir, vinaigre blanc, bicarbonate de soude).

Le tri des déchets reste lui aussi à améliorer : actuellement, un peu plus de la moitié des Français (51 %) déclarent trier systématiquement les emballages**. Si vous avez un jardin, pourquoi ne pas faire un compost pour valoriser les épluchures et restes de repas ? « C’est bien pour l’environnement et cela permet de faire baisser les charges payées pour que la collectivité s’occupe des poubelles », fait remarquer Florence Clément.

Du côté des déplacements, essayez de privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche à pied. Si vous ne pouvez pas vous passer de votre voiture, entretenez-la soigneusement et pensez au covoiturage. Au bureau, mettez votre ordinateur en veille quand vous vous absentez, et au-delà d’une heure d’inactivité, éteignez-le totalement. Imprimez vos documents recto verso et nettoyez régulièrement votre boîte mail.

Le télétravail, encouragé pendant la pandémie, permet également de limiter la consommation de carburant et donc les émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, soyez indulgent avec vous-même ! « Ce n’est pas grave de ne pas être parfait, surtout que nous avons tous des contraintes personnelles, souligne Cédric Javanaud de la Fondation GoodPlanet. Mais il faut se dire que, même si elle est petite, nous avons tous une responsabilité, celle de prendre soin de notre bien commun. »

* L’empreinte carbone, qui représente la quantité de gaz à effet de serre émise par la consommation d’énergie et de matières premières d’une personne, permet de mesurer son impact sur le climat.

** Dernière enquête Ipsos pour l’Observatoire du geste de tri des Français/Citeo (mai 2019).

  • Crédit photo : Getty Images/iStock
Auteur article
Natacha Czerwinski

journaliste spécialisée dans les sujets de société (éducation, famille, environnement, initiatives positives...)

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