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Quand l’agriculture s’invite en ville

Albi est connue et reconnue pour sa cité épiscopale inscrite au patrimoine de l’Unesco. Mais aussi et de plus en plus pour son engagement dans une démarche d’agriculture urbaine.

Quand l’agriculture s’invite en ville

Faire pousser des légumes dans le jardin d’un cloître en centre-ville ou bien encore sur des plates-bandes au sein de l’université. Ce sont des exemples d’agriculture urbaine développée à Albi dans le Tarn depuis 2014. « L’objectif était de lancer le débat sur l’autosuffisance alimentaire en travaillant sur le bilan carbone grâce à un approvisionnement de proximité, en garantissant la qualité des produits et en essayant de travailler avec les habitants », explique Jean-Michel Bouat, adjoint au maire d’Albi délégué à l’agriculture urbaine.

Les 48 heures de l’agriculture urbaine

L’édition 2019 des 48 heures de l’agriculture urbaine se déroulera les 4 et 5 mai. Cet événement organisé par la Sauge (Société d’Agriculture Urbaine Généreuse et Engagée) incite à passer à l’action. Plusieurs villes, dont Albi, y participent et proposent des animations autour du jardinage.

« Créer du lien social »

Plus d’une vingtaine de « stations potagères » ont vu le jour dans les écoles, les lycées, en centre-ville, dans les quartiers au pied des immeubles… Les unes sont gérées par les services municipaux, les autres par des associations comme les Incroyables Comestibles ou par les deux. Tout le monde peut venir jardiner puis récolter les légumes. Des petites pancartes avec des codes couleur précisant si les légumes sont mûrs ont également été installées. Objectif ? Récolter les légumes au bon moment. « Toutes les semaines, nous nous rendons dans un jardin pour travailler la terre ou semer, selon la saison. On essaie de créer du lien social. Le chef du Resto U cuisine avec les herbes aromatiques cultivées sur les plates-bandes de l’université », se réjouit Olatz, co-présidente des Incroyables Comestibles. Toujours motivés, les Incroyables. Même sous la pluie. Un lundi de novembre, ils sont allés dans une école albigeoise semer du blé avec les enfants. « Parfois des parents viennent nous aider, cela crée une dynamique. Et puis il y a une idée de transmission, les enfants sauront comment jardiner. Il y a une approche culturelle et sociale », précise Marie des Incroyables Comestibles.

À côté de ces plates-bandes ouvertes à tous, fleurissent des jardins partagés, des potagers collectifs ou solidaires. « Le principe des potagers solidaires est simple : on jardine ensemble une fois par semaine et on partage les récoltes. C’est un lieu de rencontre qui crée du lien social », explique Pascale Brûlet, animatrice jardin et compostage.

Un marché de producteurs-vendeurs locaux

Une zone à aménagement différé de 73 ha a été créée pour développer le maraîchage à cinq minutes du centre-ville. Deux maraîchers sont déjà installés, trois autres devraient venir d’ici deux ans. « Ce sont de “vrais agriculteurs” mais sur des petites surfaces », précise Jean-Michel Bouat. Des maraîchers que l’on retrouve sur le nouveau marché du jeudi, réunissant des producteurs vendeurs situés dans un périmètre de 60 km autour d’Albi. C’est le cas de Jean-Gabriel Pélissou. Il a opté pour l’agroforesterie, c’est-à-dire qu’il fait pousser les légumes au milieu des arbres. « Je me suis adapté au lieu, j’ai conservé toute la biodiversité. C’est bien d’être proche du centre à la fois pour le marché et pour les clients qui peuvent venir voir directement comment les légumes sont produits », explique-t-il.

À quelques pas de son étal, Jérôme Deleuze, maraîcher et viticulteur vend son vin naturel. « Notre idée était d’avoir “une ferme en ville”, nous avons planté de la vigne sur les coteaux d’Albi et nous cultivons aussi des légumes bio pour les restaurateurs albigeois », précise-t-il.

Pour favoriser cette démarche d’agriculture urbaine, un comité de pilotage réunissant tous les acteurs (chambres consulaires, collectivités, associations…) a été créé il y a un an. Il travaille sur le plan alimentaire territorial afin de mettre en place des actions favorisant les circuits courts et l’alimentation locale.

L’essor des fermes urbaines

Elles fleurissent sur le toit des immeubles, en plein centre-ville ou en sous-sol des immeubles. Elles, ce sont les fermes urbaines. Depuis le printemps 2017, une ferme est installée en plein cœur de Metz. Au menu, maraîchage en agriculture bio, élevage, vente de produits locaux et ferme pédagogique. À Paris, une micro-ferme est installée en sous-sol d’un immeuble. On y fait pousser des endives, des radis ou bien encore des champignons. Et les projets se multiplient. Une ferme urbaine devrait aussi voir le jour à Nantes en 2020 sur l’île de la ville. Le toit de la future halle du marché de Nogent-sur-Marne pourrait également être un lieu de maraîchage.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : CF

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