Time for the Planet : investir dans des projets de réduction de CO2

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Lancé en 2019, le projet ambitionne de lever 1 milliard d’euros d’ici 2030 pour créer et financer 100 entreprises innovantes dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Toute personne peut contribuer en investissant le montant de son choix dans l’entreprise à but non lucratif.

time for the planet

« Pisser sous la douche ne suffira pas… ». Le message de Time for the Planet placardé en France en début d’année fait sourire. Il souligne surtout la réalité de l’urgence climatique.

« Nous n’avons plus le temps d’attendre que l’humanité adopte de nouveaux comportements, que notre système économique change radicalement ou que les politiques avancent, explique Coline Debayle, cofondatrice du projet. « En revanche, avec l’entrepreneuriat, on peut agir tout de suite. Et vite. » C’est à partir de cette idée que six entrepreneurs lyonnais ont quitté leurs boîtes respectives pour lancer en 2019 le projet Time for the Planet.

Démultiplier l’impact

Le projet se résume en deux chiffres : lever 1 milliard d’euros pour créer et financer 100 entreprises. Lesquelles proposeront des solutions innovantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. « Notre périmètre est très spécifique, il concerne uniquement la réduction directe de CO2, de gaz à effet de serre dans cinq domaines : le transport, l’énergie, l’agriculture, l’industrie et le bâtiment, précise la cofondatrice. Les projets finançables pourraient concerner la fabrication d’engrais décarbonés ou de matériaux de construction sans ciment par exemple ».

Autre particularité du projet : les solutions créées par les entreprises devront être open source (c’est-à-dire sans brevet de propriété intellectuelle), « pour que n’importe où, n’importe quel entrepreneur puisse s’approprier l’idée et la dupliquer ». Et ainsi démultiplier l’impact en termes de réduction de gaz à effet de serre, à l’échelle mondiale.

Investir à partir d’un euro

Pour collecter ce milliard d’euros d’investissement, Time for the Planet compte sur chacun. « Tout le monde peut contribuer et acheter des parts sociales à partir de 1 euro, indique Coline Debayle. Parmi nos associés, on compte des citoyens, des étudiants, des entreprises, des clubs sportifs, des collectivités locales. On ne veut pas opposer les gens mais œuvrer tous ensemble ».

Avec ce statut d’associé, les actionnaires sont donc copropriétaires de l’entreprise non lucrative. Ils peuvent participer à la vie de l’entreprise s’ils le souhaitent, en assistant aux assemblées générales, en devenant membre du conseil de surveillance. Ils peuvent aussi contribuer à la sélection des projets que Time for the Planet financera parmi tous les dossiers reçus.

Quant aux dividendes, il n’y en aura pas. « Les investissements réalisés sont non lucratifs. Personne ne va s’enrichir avec ce projet, souligne la jeune entrepreneuse. Au mieux, l’argent investi sera récupéré. En finance, on parle de TRI, pour taux de retour sur investissement. Chez Time for the Planet, on mesure le TRP, c’est-à-dire de taux de retour pour la planète. Ainsi, pour chaque euro investi, les associés connaîtront leur impact en termes de tonnes de CO2 réduite ».

Chaque citoyen peut se mobiliser à sa façon

Valentin a entendu parler de Time for the Planet sur le réseau social professionnel LinkedIn. Avant cela, il s’intéressait « un peu de loin » au réchauffement climatique, sans se rendre compte de l’urgence et de la gravité de la situation. Très vite, il est emballé par l’ambition du projet et surtout son caractère non lucratif. Il décide alors d’investir un peu d’argent. « Au départ, j’ai mis 20 euros car je n’avais pas trop d’argent, j’ai perdu mon emploi en juillet dernier à cause de la pandémie, nous confie-t-il. Puis à Noël dernier, j’ai offert comme cadeaux des actions de Time for the Planet. C’est une façon d’en parler autour de moi et de sensibiliser ».

Investir de l’argent, c’est bien mais agir c’est mieux, se dit le jeune homme. Depuis septembre 2020, comme un millier d’autres associés, Valentin est bénévole dans le mouvement Time for the Planet. Aujourd’hui, il a même le statut d’« ambassadeur » et consacre une douzaine d’heures par semaine à l’entreprise sociale. Le jeune homme aide à la communication et met en relation les cofondateurs avec des entreprises de son réseau pour leur faire connaître l’initiative et lever de l’argent. « La planète appartient à tout le monde, il faut donc l’aide de tout le monde pour lutter contre le réchauffement climatique. On peut tous contribuer à notre échelle », assure-t-il.

Déjà 1,5 million d’euros levés et 10 000 actionnaires

Début janvier 2021, Time for the Planet avait déjà collecté 1,5 million d’euros et comptait 10 000 associés, parmi lesquels quelques personnalités comme le climatologue Jean Jouzel ou l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de football Raymond Domenech, et surtout des citoyennes et citoyens de tous horizons.

Signe que beaucoup de personnes veulent agir, le mouvement connaît une forte accélération ces derniers mois. « Désormais, nous collectons environ 300 000 euros et enregistrons 2 500 nouveaux associés tous les mois contre 3 000 euros en mars », analyse Coline Debayle. Valentin, quant à lui, croit au projet et à sa capacité à renverser la tendance. « Vue l’ampleur que prend le projet, cela peut réellement contribuer à lutter contre le réchauffement climatique ».

Prochaine étape cruciale : le choix des premiers projets de réduction des gaz à effet de serre, par le comité scientifique. « En 2021, notre objectif est d’en sélectionner trois ».

  • Crédit photo : DR Time for the Planet
Auteur article
Alexandra Luthereau

journaliste spécialisée dans les sujets économie sociale et solidaire.

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