L’histoire de la société Les Franjynes démarre en 2015. Julie Meunier, jeune femme de 28 ans, découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du sein en stade 3. « J’ai été chauve pendant un peu plus d’an à cause de la chimiothérapie, raconte-t-elle. Au début, je me suis dit que j’allais pouvoir essayer toutes sortes de perruques différentes, changer de tête. Mais entre le prix des perruques et l’état d’esprit que j’avais à ce moment-là, je me suis rendu compte que je n’irai pas sur de la fantaisie. » L’idée lui vient alors de nouer des turbans colorés sur sa tête, et de fixer une frange. « On m’a rapidement félicitée et demandé où j’avais trouvé ça. C’était une bonne alternative pour moi car la perruque me tenait trop chaud. Et surtout car, avec, je ne me reconnaissais pas. »
Une fois la période de traitements terminée, Julie Meunier décide de créer la société Les Franjynes. Elle y commercialise les turbans, bonnets et franges amovibles qu’elle a imaginés pour des personnes atteintes d’alopécie*. Le site internet et sa boutique en ligne sont lancés en juin 2017 grâce au financement participatif.
« J’ai également réussi à faire breveter mon système de fixation des franges avec l’aide d’un avocat spécialisé. Aujourd’hui, je propose des produits dont le prix est accessible. Et qui sont pris en charge par la Sécurité sociale », détaille Julie Meunier. Les turbans, bonnets et/ou franges coûtent autour de 50 euros. Ils permettent aux femmes et enfants de changer de coiffure plus souvent.
« Les tissus choisis sont techniques car je souhaite qu’ils reproduisent certaines propriétés d’une vraie chevelure. Ils sont notamment thermorégulants pour ne pas tenir chaud. Quant aux turbans, ils sont fabriqués par des femmes malades en insertion professionnelle. C’était important pour moi que mon projet ait une dimension sociale et solidaire. » La société reverse également 5 % de son chiffre d’affaires à la recherche contre le cancer.
* L’alopécie est le terme médical désignant la chute des cheveux.
Un an après la création des Franjynes, plus de 2 500 commandes ont été passées. En France métropolitaine, dans les DOM-TOM mais aussi dans toute l’Europe. « À moyen terme, notre projet est de nous développer outre-Atlantique. Mais aussi de continuer à être solidaires, en poursuivant par exemple nos cours de nouages de turbans dans les hôpitaux. Se sentir belle et coquette est une autre façon de lutter contre la maladie ».