Comment être solidaire pendant les vacances ?

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Il y a toutes sortes de façons d’être solidaire pendant ses vacances. Si on pense spontanément au bénévolat, la solidarité peut aussi passer par ses choix de consommation. Petit tour d’horizon.

Solidaire pendant les vacances

D’après une enquête menée par Les apprentis d’Auteuil en juin 2020, 65 % des Français déclarent que la crise et ses conséquences leur ont donné envie d’être plus solidaires des autres. « En France, la dimension solidarité, déjà forte, a été amplifiée avec la crise », souligne Corinne Makowski, secrétaire nationale en charge des solidarités au Secours populaire.

Si les vacances représentent pour beaucoup une parenthèse, elles peuvent aussi être l’occasion de prolonger les actes de solidarité. Comment ? « La solidarité se fait d’abord dans ses choix de consommation concernant son hébergement, ses activités, ses guides touristiques, ses transports, sa restauration, souligne Caroline Mignon, directrice de l’ATES, le réseau national du tourisme équitable et solidaire. Et aujourd’hui, les gens veulent savoir où va leur argent, si c’est bénéfique pour leur territoire. » D’autant plus qu’avec les conséquences de la crise et la fermeture d’un certain nombre d’établissements pendant plusieurs mois, de nombreux acteurs locaux se retrouvent fragilisés.

Plusieurs possibilités s’offrent alors aux vacanciers solidaires. Ils peuvent privilégier les gîtes, les chambres chez l’habitant, les hôtels indépendants ou une structure de l’économie sociale et solidaire plutôt qu’une chaîne hôtelière internationale ou une plateforme qui pratique l’optimisation fiscale. Favoriser la culture locale, la rencontre avec les habitants, les visites d’artisans ou de vignobles locaux. Autre piste d’action solidaire facile à mettre en place : manger local en évitant les chaînes de restauration. Tous ces gestes participent au développement économique local des territoires dans le respect des populations et de l’environnement.

« Le tourisme solidaire est un tourisme avec un impact positif, loin du tourisme de masse lucratif et hors sol », précise Caroline Mignon. Bonne nouvelle, les alternatives se multiplient, ces dernières années, pour satisfaire la demande croissante.

Labels et plateformes alternatives pour réserver ses vacances

Pour s’y retrouver parmi les nombreuses offres et séparer le bon grain de l’ivraie, plusieurs labels ou plateformes existent. Le label Agir pour un Tourisme responsable, certifié par Ecocert, créé par l’association Agir pour un Tourisme Responsable (ATR), compte 12 tour-opérateurs labellisés.

De son côté, le label Tourisme équitable de l’ATES, qui existe depuis 2014, répertorie aussi depuis 2020 des structures françaises solidaires. Ces services et établissements labellisés s’engagent notamment à respecter les principes de l’économie sociale et solidaire (ESS), à préserver et valoriser le patrimoine naturel et culturel local, à acheter des prestations de services à des prix justes et équitables, et à soutenir financièrement ou en nature des projets et actions solidaires.

Citons également la Clef verte et l’Écolabel européen, qui garantissent une gestion responsable des établissements, le nouveau guide TAO France 2­000 idées et adresses­ pour voyager engagé ou encore les plateformes de réservation d’hébergements responsables comme Fairbnb ou Fairbooking.

Deux structures françaises labellisées Tourisme équitable

Crédit photo : iStock.

Depuis 2020, le label Tourisme équitable est étendu à la France. Deux structures touristiques ont déjà été labellisées. Le Zazie Hôtel est un deux-étoiles parisien agréé entreprise solidaire et d’utilité sociale. En particulier, l’hôtel fait travailler toute l’année des personnes en difficulté d’emploi.

De son côté, Widetrip propose des expériences locales hors des sentiers battus, avec par exemple des jeux de piste culturels et solidaires, des ateliers de fabrication écoresponsabilisants ou des écobalades.

Accueillir et accompagner des vacanciers

Et pourquoi pas bronzer utile­ ? En ramassant des déchets sur la plage ou en montagne, par exemple (les sites Initiatives Océanes et Mountain Riders répertorient les opérations), ou en participant à des actions pour favoriser l’accès aux vacances pour tous. Là encore, les associations comme le Secours Catholique, APF France Handicap, le Secours populaire ou les Petits frères des pauvres offrent de nombreuses possibilités ­ : accueillir des enfants ou des réfugiés pendant les vacances chez soi, assurer la logistique des séjours ou encore accompagner les vacanciers.

Pour permettre à toujours plus de personnes de partir en vacances, les associations cherchent régulièrement de nouveaux bénévoles. « ­Chacun a ses talents qu’il peut mettre à profit, en fonction de son temps et de ses envies ­ », souligne Corinne Makowski. Et au Secours populaire, toutes les idées sont les bienvenues. «­ Les sportifs peuvent proposer des randos, les passionnés d’oiseaux des balades dans des réserves naturelles et les férus de photo des reportages en images une journée à la mer…­ »

S’il fallait encore convaincre du bien-fondé de ces actions de solidarité, le Secours populaire précise­ : « ­ Participer à ces actions, ce n’est pas triste du tout, c’est même enthousiasmant ­ ! ­ ». Comme les vacances.

Témoignage : « des échanges, des moments partagés »

témoignage vacances solidaires
Crédit photo : Killian Le Bouquin

Chloé Henry, 21 ans, est bénévole pour le Secours populaire, à Caen. 

« Je suis bénévole, tous les étés depuis 2018, aux Journées des oubliés des vacances. Face aux inégalités, celles liées aux vacances ne sont pas les premières auxquelles on pense. Pourtant, ce sont de vraies bulles d’oxygène, pour se reposer, avoir du répit. Sans ces moments, le quotidien est plus difficile. Durant ces journées, en plus de l’aide à la logistique, je propose aux familles de faire de belles photos d’elles en souvenir. Ce qui me plaît, surtout, ce sont les échanges avec elles, les moments partagés et les rires, aussi. L’aspect humain, quoi ! »

  • Crédit photo : Jean-Marie RAYAPEN SPF
Auteur article
Alexandra Luthereau

journaliste spécialisée dans les sujets économie sociale et solidaire.

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