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La mobilité : clé de l’emploi

Se déplacer pour passer un entretien ou se rendre tous les jours au travail n’est pas toujours évident. Des structures de l’économie sociale et solidaire aident les personnes éloignées de l’emploi à être plus mobiles.

La mobilité : clé de l’emploi

Pour trouver ou conserver un emploi, il est parfois nécessaire d’être mobile, en passant d’un département ou d’une région à l’autre. Mais encore faut-il déjà pouvoir postuler aux offres situées à quelques kilomètres de chez soi.
Sept millions de Français en âge de travailler – soit un sur cinq – rencontreraient des difficultés dans leurs déplacements quotidiens, selon le Laboratoire de la mobilité inclusive. Une fondation* créée pour réfléchir à ces questions et proposer des solutions.

Ainsi, 50 % des personnes en insertion auraient déjà refusé un travail ou une formation faute de moyen pour s’y rendre. Et 41 % des employeurs auraient du mal à pourvoir un emploi pour ces mêmes raisons**. Pourtant, des solutions, il en existe.

* Créée à l’initiative de l’association Wimoov et de Total, cette fondation rassemble une quinzaine d’acteurs privés et publics.
** Selon l’étude « Mobilité, insertion et accès à l’emploi », Laboratoire de la mobilité/Auxilia, 2013.

 

Des réponses innovantes

Si le covoiturage s’est largement démocratisé ces dernières années, d’autres initiatives se sont également développées, s’adressant en priorité à des publics fragiles. Des auto-écoles sociales (pour passer le permis de conduire à son rythme et avec une aide financière), des vélo-écoles (pour apprendre ou réapprendre à faire du vélo), de la location de véhicules (voitures, scooters, mobylettes), des garages associatifs (pour réparer son véhicule à moindre coût)… Autant de réponses innovantes, proposées par des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), pour sortir les plus précaires de leur isolement.

 

Être aidé par un conseiller « mobilité »

Parmi ces acteurs de l’ESS, l’association Wimoov a créé 25 plateformes de mobilité en France, dans des territoires ruraux et périurbains mais également en ville. Chacune accueille en moyenne 1 000 personnes par an, principalement en insertion professionnelle ou en situation de handicap, orientées par Pôle emploi ou les missions locales, par d’autres associations, des collectivités ou encore des entreprises.

Simone, 36 ans, a eu recours à la plateforme de Tours. Au chômage depuis deux ans, elle avait des difficultés à financer son permis. Sa « conseillère mobilité » a écouté ses besoins, l’a informée sur les différentes possibilités et, ensemble, elles ont déterminé la plus adaptée : une auto-école sociale. Depuis, Simone a obtenu son permis. « Il ne me reste plus qu’à trouver une voiture et je pourrai lancer mon activité dans la restauration. » Selon Wimoov, cet accompagnement personnalisé permettrait à plus de la moitié des bénéficiaires de décrocher un emploi ou d’éviter de le perdre.

 

Bientôt 100 plateformes de mobilité ?

Le gouvernement semble lui aussi avoir pris conscience que mobilité et lutte contre le chômage étaient étroitement liées. En juin 2015, le Premier ministre a demandé une évaluation (en cours) sur le sujet à l’Inspection générale des finances. Et en septembre, le président de la République a annoncé la création prochaine de 100 plateformes de mobilité. Insuffisant, selon le Laboratoire de la mobilité inclusive pour qui il en faudrait au moins 350 pour couvrir les besoins.

 

Témoignage

Florence Gilbert, présidente du Laboratoire de la mobilité inclusive et directrice générale de l’association Wimoov

Florence Gilbert« On en parle peu mais, en France, certains parents font plus de deux heures de marche par jour pour emmener leurs enfants à l’école. Et d’autres sont contraints de passer la nuit à la gare afin d’arriver à l’heure au travail. Des situations qui ne sont pas aussi rares qu’on l’imagine. Les personnes précaires subissent une double peine : elles habitent souvent plus loin des bassins d’emploi que les plus aisées et dans des zones moins bien pourvues en transports en commun. C’est donc à elles que cela coûte le plus cher. En dehors des aspects financiers, d’autres problèmes peuvent se greffer : des difficultés cognitives ou physiques, liées au handicap par exemple. La mobilité est clairement le premier frein au retour à l’emploi, déjà parce que cela limite considérablement le champ de recherche. Et lorsqu’on est plus mobile, cela aide à se sentir plus en confiance pour résoudre ensuite d’autres difficultés, comme réussir à trouver une formation, un logement ou encore à se soigner. »

 

Pour en savoir plus

  • Angélique Pineau
  • Crédit photo : ferrerivideo / iStock et Florence Gilbert / DR

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