Avec Le Point rose, Nathalie Paoli accompagne les parents qui ont perdu un enfant

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Le troisième épisode de la saison 2 de notre podcast Les Nouvelles Voix de la Solidarité est consacré à Nathalie Paoli. Cette maman a créé l’association Le Point rose pour soutenir les parents endeuillés ou avec un enfant en fin de vie. Une décision prise rapidement après le décès de sa propre fille, des suites d’un cancer. Découvrez son témoignage.

Nathalie Paoli Podcast

Sa fille, Carla-Marie, a succombé à une tumeur du tronc cérébral, à l’âge de 9 ans. Avant, pendant et après cette épreuve très douloureuse, Nathalie Paoli aurait aimé être aidée par des personnes ayant vécu la même chose. Des personnes qui la comprennent. C’est ce qui lui a donné envie de créer, avec le papa de sa fille, une association dédiée aux parents endeuillés : Le Point rose.

Née en 2015, quelques mois seulement après le décès de Carla-Marie, l’association accompagne les parents touchés par la fin de vie d’un enfant. Un soutien indispensable afin qu’ils ne sombrent pas, mais renouent au contraire avec la vie.

Mais comment Nathalie Paoli a-t-elle trouvé la force de se relever et d’agir pour les autres ? C’est ce qu’elle nous explique dans le troisième épisode de la saison 2 des Nouvelles Voix de la Solidarité. Le podcast d’Essentiel Santé Magazine qui donne la parole à des femmes engagées, qui font avancer la société.

Aider les parents à vivre le deuil d’un enfant

Ancienne professionnelle de la communication, Nathalie Paoli avait l’habitude d’accueillir des familles d’enfants malades lorsqu’elle travaillait à l’Olympique de Marseille. Mais elle était loin d’imaginer qu’elle serait concernée à son tour, quelques années plus tard.

Après le décès de sa fille, Carla-Marie, elle s’est demandé comment réussir à vivre « après un tel cataclysme ». Une interrogation par laquelle passent tous les parents qui font la douloureuse expérience de la perte d’un enfant. « On a l’impression que le train repart pour tout le monde, parce que c’est la vie, et c’est normal. Sauf qu’on est à quai. Et on se dit : comment je remonte dans le train, le train de mon boulot, de ma vie de famille, de ma vie de femme ou d’homme ? », se souvient Nathalie Paoli.

Elle a alors cherché du soutien, des réponses. Sans vraiment en trouver. En tout cas rien qui ne soit réellement adapté à sa situation. D’où l’idée de passer à l’action et de créer une association qui réponde à ce besoin non couvert. Pour aider les parents concernés à trouver de nouveau « des raisons de se lever le matin ».

« Dans notre pays où il y a tellement de solidarités, de choses extraordinaires, j’étais sidérée de voir qu’on n’était pas plus aidant avec un parent qui vit le pire. En tout cas ce que l’on se représente souvent comme le pire. »

À chaque famille sa résilience

L’association Le Point rose accompagne donc les parents confrontés à la fin de vie d’un enfant « mais de façon très humble », tient à préciser sa cofondatrice. Comment ? En leur proposant des ressources pour tenter d’affronter cette épreuve et préparer l’après. Depuis sa création, plus de 300 familles ont ainsi été soutenues, dans toute la France.

« Leur demande la plus fréquente est de participer à des groupes de parole, de rencontrer d’autres parents qui ont vécu la même chose », raconte Nathalie Paoli. Une manière souvent de se rassurer sur le fait qu’il est possible de survivre à un tel malheur. L’association peut aussi les orienter pour trouver un thérapeute par exemple.

Le Point rose les aide parfois à répondre à des besoins plus matériels, comme la prise en charge des frères et sœurs ou de la sépulture lorsqu’ils ont peu de moyens financiers.

« L’idée de l’association, c’est également de leur offrir des bulles où ils vont reprendre plaisir à créer, se mettre en mouvement, faire du sport, faire un voyage… ».

L’association élabore ainsi avec les familles ce qu’elle appelle des « projets de résilience » aux dates importantes, comme le premier anniversaire de l’enfant sans lui ou le premier anniversaire de son décès. La famille de Paul, décédé avant d’atteindre sa majorité, a par exemple pu réaliser le rêve du jeune homme : celui d’aller à New York pour ses 18 ans. Le Point rose les a aidés à organiser ce voyage, en sa mémoire.

Partager autre chose que de la souffrance

À ceux qui lui demandent parfois si ce n’est pas trop dur, pour elle, de côtoyer aujourd’hui autant de familles qui ont connu le même drame, Nathalie Paoli les rassure.

« Contrairement à ce que l’on peut imaginer, on ne partage pas que de la souffrance avec ces parents, on partage surtout de l’amour. »

L’aventure du Point rose a d’ailleurs sans doute participé à sa propre résilience. Car elle a su transformer une tragédie personnelle en une démarche « de santé publique ». « Je crois que j’ai toujours eu ça en moi, l’envie de prendre soin des autres, mais je n’avais jamais vraiment écouté cette petite voix. »

podcast ESMNotre podcast Les Nouvelles Voix de la Solidarité

Essentiel Santé Magazine a eu envie de mettre en lumière des personnes qui s’engagent pour les autres. Le podcast Les Nouvelles Voix de la Solidarité donne ainsi la parole à des femmes qui se mobilisent à travers des actions concrètes et utiles à la société. Écoutez leur histoire !

  • Crédit photo : DR
Auteur article
Angélique Pineau-Hamaguchi

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets de société (environnement, économie sociale et solidaire…).

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