[TÉMOIGNAGES] Ils ont donné leur sang ou ont été transfusés

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Nous avons lancé un appel à témoignages sur le don du sang et vous avez été très nombreux à nous répondre. Certains d’entre vous ont effectué plus de 100 dons, d’autres ont bénéficié d’une transfusion. Tous nous racontent ces moments si précieux.

témoignages don du sang

« Donner du sang fait partie de la vie comme recevoir des amis, danser… et autres réjouissances ». Marie a donné 124 fois son sang et jusqu’à la veille de ses 71 ans. Puisqu’en effet, il n’est plus possible de donner son sang après 70 ans révolus. On peut commencer à 18 ans. « Ce fut pour moi une joie et un réconfort lorsque je traversais des moments difficiles. Avoir aidé des inconnus « à ne pas partir » comme l’affirme un médecin, terme plus discret et humble que « d’avoir sauvé des vies ». Je recommande à toute personne « éligible » de le faire. »

Charline, elle, a sauté le pas lors d’une campagne pendant le Covid. « Je me suis dit que donner 1 heure de mon temps pour sauver des vies était un très bon deal ». D’autres se sont lancés suite à un événement familial, comme Anne-Charlotte, 45 ans. « Ma fille a été transfusée lors d’une opération à cœur ouvert à 3 jours. Depuis, je donne régulièrement car j’ai pris conscience que ce geste simple sauvait des vies. »

Et le meilleur moyen de savoir si vous pouvez donner est bien sûr de vous autoévaluer sur le site de l’Etablissement français du sang. Car, aux contre-indications liées à l’âge, s’ajoutent votre poids (peser au moins 50 kg), votre état de santé (pas de fièvre au cours des deux dernières semaines…) et plusieurs autres critères (tatouage ou piercing fait il y a moins de 4 mois, voyage récent dans certains pays…).

De « l’acte citoyen » à la « culture familiale »

Parmi les nombreux témoignages reçus, certains comme Martine parlent d’« acte citoyen ».

« J’ai 69 ans et j’ai donné mon sang pour la première fois à 27 ans. J’étais en stage de formation d’éducatrice spécialisée dans un établissement, et c’est une éducatrice qui m’a sensibilisée et emmenée avec elle. J’ai appris ce jour-là que j’étais « donneuse universelle » puisque du groupe O négatif. J’ai ensuite donné régulièrement (sang total, plaquettes, plasma) jusqu’à l’âge de 58 ans. En effet, ayant bénéficié d’une greffe de cornée, mon sang n’est malheureusement plus accepté et je le regrette ». La greffe de cornée est, en effet, une contre-indication au don du sang.

Le sentiment d’« être utile » revient beaucoup dans les témoignages reçus, comme dans celui de Jean, 67 ans. « J’ai donné pour la première fois à l’âge de 18 ans, entraîné par mon père et c’était parti pour 40 ans. J’ai donné du sang total, des plaquettes, du plasma sans problème, 3 à 4 fois par an. Je garde quelques souvenirs spéciaux comme lors d’une nuit de juillet où nous partions en vacances, le centre de transfusion m’appelle pour un bébé qui avait besoin de mon groupe rare en cette période de l’année ou quand ma femme, infirmière dans un service qui avait besoin de sang, m’appelle parce qu’il n’y avait plus de flacon de mon groupe. Ce sont des moments où l’on se sent utile. J’ai cessé peu avant mes 100 dons pour un problème de santé. Mais j’ai des enfants qui ont pris la suite. »

De donneur à bénévole

Cette transmission familiale semble bien exister pour le don du sang. Christine, elle, évoque une « culture familiale ». « Mes parents étaient eux-mêmes donneurs de sang. J’ai donné du sang total, des plaquettes, le plus souvent du plasma, et j’ai aussi eu “la chance” de donner de la moelle osseuse. Je garde un “merveilleux” souvenir de ce moment, un mélange de bonheur et de fierté comme à la naissance de mes enfants ». Même sentiment chez Philippe : « Je dois remercier mes parents qui m’ont montré le chemin de donneur alors que j’étais enfant puis adolescent. Je viens de dépasser mon 100e don, et j’en suis assez fier, non pas de la performance, mais de l’aide que j’ai pu apporter aux malades qui en avaient besoin. Je suis donneur de plaquettes depuis plusieurs années, après avoir été donneur de plasma, et auparavant, donneur de sang total ». À noter que si les collectes de sang sont organisées dans les entreprises, les salles des fêtes, les mairies… le don de plasma et de plaquettes ne se fait que dans les Maisons du don.

Quand il était petit, Sylvain accompagnait son père qui allait donner son sang. « À l’époque j’avoue que j’y allais davantage pour le sandwich que pour faire du bénévolat mais l’essentiel, à mon sens, était de voir les gens donner pour me sensibiliser et tendre le bras quand j’aurais 18 ans », raconte-t-il. À 19 ans, il a effectué son premier don du sang avec des copains car « c’était beaucoup plus simple d’y aller en groupe pour se soutenir les uns les autres ». À 24 ans, il est devenu bénévole de l’association de son village et aujourd’hui président régional. « Nous réfléchissons à tous les moyens de promotion pour inciter les gens à venir offrir leur sang. Je suis exalté par ce bénévolat qui me prend beaucoup de temps mais qui m’apporte beaucoup en retour. »

Un million de malades soignés grâce au don du sang

Ces dons de sang, de plasma ou de plaquettes soignent chaque année un million de malades atteints d’un cancer, de leucémie ou bien encore en cas d’hémorragie lors d’une opération. C’est ce qui est arrivé à Jean-Marie, 74 ans aujourd’hui, et donneur pendant de nombreuses années. « Je l’ai fait « pour les autres », sans penser qu’un jour je serai bénéficiaire de ce don des « autres ». Suite à une opération, une hémorragie interne décelée tardivement a nécessité la transfusion en urgence de sept culots de sang. Ma tension était descendue à six. C’était il y a plus de 12 ans. »

Comme Jean-Marie, Hugues était donneur et a bénéficié d’une transfusion suite à un accident de moto. Il regrette cependant de ne plus pouvoir donner aujourd’hui. « Depuis ma transfusion, je n’ai plus le droit de donner mon sang et cela me désole ! Je suis en très bonne santé et je trouve cela vraiment dommage sachant qu’il y a toujours de gros besoins, apparemment c’est la règle. S’il y a un moyen d’être à nouveau donneur, je suis preneur… ». C’est en effet un principe de précaution depuis 1997. Les personnes transfusées pourraient avoir été contaminées par une maladie encore inconnue. Et si elles donnent leur sang, elles risquent d’en contaminer d’autres. C’est donc pour éviter cela que les personnes transfusées ne peuvent plus donner leur sang.

Une reconnaissance envers les donneurs

Michelle, elle, a été transfusée suite à un cancer du sein. « J’avais des aphtes dans la bouche et je ne me nourrissais plus, mon taux d’hémoglobine avait chuté. J’ai donc été prise en charge dans un hôpital de jour en Vendée. Tout s’est bien passé. J’ai pu bénéficier de deux poches de sang grâce à un donneur anonyme. Maintenant, je me porte bien. » Françoise, 56 ans, a bénéficié d’une transfusion suite à une anémie sévère et elle ressent « une reconnaissance infinie aux donneurs qui m’ont vraiment sauvée ».

Émeline, 40 ans, a reçu du sang alors qu’elle venait de voir le jour. Elle nous raconte. « Lors de ma naissance, je suis rentrée en contact avec le sang de ma mère. Nous avions un rhésus différent, et son sang a commencé à empoisonner le mien. Cela a débuté par une jaunisse. Mon corps n’était pas encore capable de se défendre tout seul. L’équipe hospitalière a choisi de me faire une transfusion partielle. Grâce à cela, j’ai pu vaincre l’empoisonnement et éviter de graves séquelles mentales. Je suis en parfaite santé depuis. Merci aux donneurs qui ont permis après ma naissance de prendre un meilleur départ et de vivre normalement. »

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Cécile Fratellini

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

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