Toujours plus de solidarité au café de la Wanted community à Bordeaux

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Au menu, risotto et gâteau au citron ! Chaque jour, des dizaines de plats chauds sont préparés au Wanted café de Bordeaux pour les sans-abris. Malgré sa fermeture en raison de la crise sanitaire, la solidarité continue.

Très active sur Facebook, solidaire et engagée, la Wanted community rassemble ses forces à Bordeaux. Tous les dimanches soirs depuis plus d’un an déjà, Jérémie Ballarin, co-fondateur de Wanted et son équipe avaient lancé au Wanted café, les tablées solidaires. « Le but était d’offrir à des gens qui ne peuvent pas payer, un vrai dîner dans le restaurant », explique t-il. Cette fois ci, lors du second confinement, ils ont décidé d’aller encore plus loin. « On a pu faire nos tablées plus souvent grâce au soutien d’Harmonie Mutuelle. Le but, c’est de pouvoir co-financer nos actions, pour avoir un réel impact », explique Jérémie Ballarin. 

Cinq jours par semaine, le café ouvre ainsi ses portes à toute une équipe de volontaires ayant répondu à leur appel. « On a réellement vu la force de notre communauté. Chaque semaine, il nous fallait au moins vingt commis et dès que je faisais un message à notre communauté, en 20 minutes, toutes les places étaient prises », raconte Jérémie. Parmi eux, plusieurs chefs bordelais, certains venant de restaurant étoilé comme le très chic Pressoir d’argent, d’autres de brasserie. Si Jérémie devait retenir une chose de cette expérience « c’est que ce type d’action a inspiré d’autres professionnels, puisque beaucoup me disent qu’ils aimeraient faire de même dans leur restaurant ».

En fin d’après-midi, tous se retrouvent pour cuisiner 50 plats qui sont ensuite distribués lors des maraudes des associations partenaires : Graines de solidarité, Imagine Demain, les Robins de la Rue, Les Gratuits.

Depuis le début de l’opération, plus de 2000 plats ont été distribués. Et ce n’est pas fini « puisqu’on va continuer jusqu’à la réouverture du café », assure Jérémie Ballarin.

Wanted veut « créer du lien »

C’est dans l’ivresse d’une fin de soirée, en discutant avec deux amis, Christian Delachet et Jérémie Ballarin, que Luc Jaubert, alors étudiant à Paris à l’idée de créer un groupe Facebook pour échanger bons plans et conseils logement. En 2011, le groupe voit le jour. 

Depuis, tous les trois se concentrent entièrement au projet qui a bien grandi. Devenue la plus grande « communauté de solidarité de France sur Facebook », Wanted a pour « vocation de créer du lien entre les gens ». Sur Wanted, on peut vendre son billet de train, retrouver son chien perdu, demander de l’aide pour un déménagement, partager la recette de lasagne de sa grand-mère ou décrocher un travail.

La communauté est présente dans 86 villes, et même à l’étranger, rassemblant en tout plus d’un million de membres. S’ils ne sont que quelques centaines à Casablanca ou à Dakar, à Paris ils sont plus de 500 000, à Bordeaux 170 000 à commenter, conseiller, réagir et surtout aider. Dans cette communauté, beaucoup d’actions s’organisent entre les membres, comme les Maraudeurs by Wanted community. Ce collectif citoyen, dont tous les membres se sont rencontrés sur Wanted Community a eu l’idée de lancer des maraudes dans Paris pour venir en aide aux sans-abris.

Voyant les rencontres qui s’enchainent entre « Wantediens », les trois amis décident de créer « un lieu physique, une base pour que toute la communauté puisse se retrouver et s’entraider ». En 2018, ils ouvrent à Bordeaux, un tout nouveau café-restaurant qui se veut à l’image des groupes Facebook : un lieu convivial, un lieu où l’on puisse « créer du lien ». 

Si l’endroit, en face du marché des Capucins, a tout d’un-café restaurant classique, il se distingue par son état d’esprit. « On a essayé de créer un endroit sans précédent : comme un café classique, on est une entreprise, comme un tiers-lieu, on imagine différentes fonctions à cet espace, comme une association, on crée des moments d’entraide », définit Jérémie.

Le café veut conjuguer rentabilité et solidarité : « on a voulu montrer qu’aujourd’hui, c’est possible d’avoir des lieux rentables qui génèrent aussi de l’entraide », affirme Jérémie. Le café collecte des vêtements, organise des événements solidaires, reverse 2 % du chiffre d’affaire à des associations bordelaises, offre des plats et des cafés suspendus. Cette tradition d’origine italienne consiste à l’origine à offrir un café à celles et ceux qui ne peuvent se le permettre. La coutume a été déclinée au Wanted café. L’initiative est possible grâce aux clients, quand certains acceptent de payer leur note un peu plus cher, grâce à des partenariats et des sponsors ou encore grâce au café lui-même, via sa carte fidélité qui propose d’offrir le 10e repas à une personne en situation de précarité. 

Carte fidélité du Wanted Café
Cafés et repas suspendus au Wanted Café

Bientôt un deuxième Wanted Café

Dix ans après la création de Wanted community et devant le succès du café, les trois fondateurs se lancent un nouveau défi : un Wanted café à Paris où la communauté est la plus importante. 

Le projet a été retardé par la crise sanitaire. « L’idéal, serait d’ouvrir pour l’été 2021 », affirme Jérémie. Selon lui, c’est plutôt bien parti : « on a des espaces en tête, dans le 18e, 19e, 20e, des quartiers populaires qui nous plaisent, on a aussi notre équipe prête à travailler avec nous .»

Pour financer le projet et trouver des investisseurs, une cagnotte a été lancée sur lita.co, une plateforme participative. Plus de 250 000 euros d’intention d’investissement ont déjà été récoltés.

  • Estelle Hersaint
  • Crédit photo : Wanted Community

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