[TRIBUNE] Solidarité : ne pas oublier les plus vulnérables (Unafam)

Essentiel Santé Magazine a demandé à des personnalités engagées quel regard elles portaient sur la solidarité aujourd’hui. La réponse de l’Unafam (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) à travers sa présidente Marie-Jeanne Richard.

[TRIBUNE] Solidarité : ne pas oublier les plus vulnérables (Unafam)
Marie-Jeanne Richard
Marie-Jeanne Richard

La solidarité renvoie au lien moral qui unit les individus. Elle forme le ciment de la cohésion sociale. Dans le champ du handicap, nous sommes passés d’une démarche d’insertion à la notion de société inclusive. Cette démarche citoyenne vise à rendre accessible à tous l’accès aux soins, au travail, à l’éducation, à la formation, à la culture. Elle implique qu’au-delà de son âge, de ses revenus, de sa maladie ou de son handicap, l’individu soit considéré comme une personne à part entière.

Pour une personne en situation de handicap, cela impose de reconnaître et d’évaluer ce handicap, qu’il soit visible ou non, afin de mettre en place les compensations nécessaires. Notons que les outils classiques d’évaluation des besoins en aide humaine sont mal adaptés au handicap invisible. Quant aux outils spécifiques, ils sont mal connus.

Répondre aux besoins de chacun

La solidarité sociale serait donc de mettre en œuvre des dispositifs accessibles à tout le public concerné, sans exclusion par le revenu, la culture, l’éducation, le type de handicap dans la stricte équité de traitement afin de répondre aux besoins de chacun.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées définit un droit à la compensation, dû par la collectivité, aux personnes en situation de handicap. Son article 11 prévoit que : « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. Cette compensation consiste à répondre à ses besoins… tels qu’ils sont exprimés dans son projet de vie, formulé par la personne elle-même ou, à défaut, avec ou pour elle par son représentant légal lorsqu’elle ne peut exprimer son avis. »

Accompagner l’autonomie

Aujourd’hui, la notion de société inclusive va au-delà de la notion de compensation du handicap pour inscrire la politique à destination des personnes en situation de handicap dans une logique d’« investissement social ». Elle ne vise pas seulement à compenser les déficiences, mais vise aussi à développer les capacités de la personne, pour lui permettre d’atteindre la plus grande autonomie possible.

Il est essentiel que, dans cette transition, les personnes les plus vulnérables ne soient pas oubliées au double risque de renforcer leur exclusion et de faire porter à leurs aidants une charge encore plus lourde entraînant isolement et épuisement. Aucune personne ne devrait se retrouver en dehors des radars. Pourtant des invisibles se trouvent encore dans des situations inacceptables au quotidien. Ceci s’explique par le manque de dispositifs adaptés et par les difficultés qu’ils rencontrent pour avoir accès et faire valoir leurs droits.

Les nombreuses alertes, lancées par les associations, n’ont toujours pas permis de prendre la pleine mesure de ces carences. Si des axes de progrès se mettent en place, une politique sociale ambitieuse, efficace, durable, respectueuse des droits fondamentaux, doit être développée.

Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam

L’Unafam

Créée en 1963, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) représente environ 15 000 familles. Elle s’est donnée pour objectif d’offrir une écoute, un soutien, un accompagnement et des formations aux proches de personnes ayant des troubles psychiques sévères (schizophrénie, troubles bipolaires, dépressions sévères, psychoses graves, troubles obsessionnels compulsifs…). Reconnue d’utilité publique, l’Unafam est présente dans toute la France et compte 2 000 bénévoles.

  • Crédit photo : Getty - photo portrait : DR Unafam

Un commentaire pour cet article

  1. BOULLAND

    Les Français ne sont pas solidaires si l’on n’est pas un accréditeur comme un organisme associatif.
    Mon exemple corrobore mon opinion. Quand bien même j’ai lancé le 02 février de cette année une cagnotte Leetchi intitulée « Appel à la solidarité de chacun en faveur d’un chômeur de longue durée qui veut créer sa boutique BIO » à ce jour je n’ai reçu aucune participation malgré ma proposition en échange de bien vouloir offrir aux plus généreux des produits biologiques de qualité.

    J’attends seulement un geste minimal de 1 euro de participation.

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