Qu’est-ce qu’une vélo-école ?

mis en ligne le : 10/05/2016 - mis à jour le :

Il est possible d’apprendre (ou de réapprendre) à faire du vélo quand on est adulte. Comment ? En prenant des cours dans une vélo-école. Il en existe dans les principales villes de France. Explications.

vélo-écoles

Vous n’avez jamais appris à faire du vélo ? Ou cela fait très longtemps que vous n’êtes pas monté sur une bicyclette ? Pas de panique, il est possible d’apprendre à faire du vélo à tout âge. La solution ? S’inscrire dans une vélo-école. Vous pourrez y suivre des cours afin d’être à l’aise pour vous déplacer en deux-roues, notamment pour circuler en ville en toute sécurité, et réviser en même temps le code de la route à vélo.

Le vélo peut être un bon moyen – écologique qui plus est – de se déplacer. Mais pour ceux qui ne savent pas en faire, cela peut être synonyme d’appréhension. Et même si l’on a appris dans son enfance, le manque d’entraînement a tendance à faire oublier les acquis au fil du temps.

Pour résoudre ce problème, les vélo-écoles se développent depuis le début des années 2000 en France, sous forme d’associations. La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) en fédère près de 180 (elles n’étaient que 45 en 2015). On les trouve surtout dans les grandes villes, là où l’usage du vélo est le plus répandu. Et contrairement à ce que l’on imagine, elles ne sont pas réservées aux enfants. La plupart des vélo-écoles proposent des cours d’apprentissage du vélo pour adultes. C’est donc un bon moyen de se remettre en selle.

Pourquoi apprendre à faire du vélo quand on est adulte ?

« En 2020, plus de 10 000 personnes ont fréquenté les vélo-écoles, indique Arthur Janus, animateur du réseau au sein de la FUB. Avec des motivations diverses : pouvoir se déplacer quand on veut, sans dépenser trop et en polluant moins, faire des balades avec ses enfants le week-end ou pendant les vacances, aller au travail, se rendre à un entretien d’embauche… »

Voir les pistes cyclables se développer et le flot de cyclistes grossir dans les villes peut également donner envie de s’y mettre ou de s’y remettre. La pratique du vélo a ainsi augmenté de 30 % à Paris entre 2010 et 2018 et de 10 % en moyenne par an à Lyon. Une tendance qui touche aussi les villes moyennes*.

Vouloir commencer ou reprendre une activité physique de façon douce est aussi un élément déclencheur parfois. « Parmi les apprenants, quelques personnes viennent nous voir sur les conseils de leur médecin. Car il leur a recommandé d’avoir une activité physique régulière », précise Loïc Boche, chargé de projet en charge de la vélo-école adultes au sein de l’association Place au Vélo à Nantes.

Depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, le vélo apparaît aussi comme une alternative aux transports en commun, afin de limiter les contacts au quotidien. Un nouvel attrait pour la petite reine qui suscite de plus en plus de curiosité pour les vélo-écoles. « Pendant l’été 2020, soit quelques semaines après le premier confinement, on a eu beaucoup de demandes de renseignements », se souvient Anna Couverture, elle aussi en charge de la vélo-école adultes au sein de Place au Vélo. Le Covid-19 a donné un grand coup de projecteur sur la mobilité à vélo. »

Vélo-écoles exemple nantes
Depuis 2008, la vélo-école de l’association Place au Vélo à Nantes a formé plus de 400 adultes à l’apprentissage du vélo. Crédit photo : Place au Vélo Nantes.

Les apprenants des vélo-écoles sont surtout des femmes

La majorité des vélo-écoles s’adressent à un public adulte. Et elles sont fréquentées par environ 80 % de femmes. « Elles peuvent n’avoir jamais appris à faire du vélo pour des raisons culturelles ou liées à leur environnement social. Et dès qu’elles ont des enfants en âge d’en faire, elles ont envie d’apprendre elles aussi, pour les accompagner », explique Anna Couverture, de Place au Vélo.

Parvenir à faire du vélo est souvent un processus psychologique important pour ces personnes. Une réussite qui en appelle d’autres. Il n’est pas rare qu’elles se lancent ensuite de nouveaux défis comme apprendre à nager ou passer leur permis de conduire. Cela génère un sentiment de fierté et prouve que l’on est encore capable d’apprendre à l’âge adulte.

Le plus souvent, les apprenants des vélo-écoles sont des personnes âgées de 30 à 50 ans et en recherche d’emploi. « Elles souhaitent être plus mobiles pour accéder plus facilement au marché du travail, décrypte Arthur Janus, animateur du réseau des vélo-écoles au sein de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB). » Si l’on n’a pas de voiture ni même le permis de conduire, pédaler peut être une solution pour se rendre aux entretiens d’embauche et espérer en finir avec le chômage.

Toutefois, le public des vélo-écoles a tendance à se diversifier davantage, notamment depuis la crise sanitaire. De plus en plus d’hommes et de jeunes viennent frapper à la porte des associations pour apprendre à faire du vélo ou être plus à l’aise au milieu de la circulation en ville.

Témoignage : « Un sentiment de fierté et de liberté à bicyclette »

Agnès, 41 ans, a suivi les cours de la vélo-école de Place au Vélo, à Nantes.

« Cela a longtemps été un complexe, pour moi, de ne pas savoir faire du vélo. Adolescente, je trouvais toujours des excuses pour ne pas aller me balader avec mes amies. Et quand mon fils a commencé à en faire, c’était un déchirement de le voir partir avec son papa, sans que je puisse me joindre à eux. Maintenant, j’ai un sentiment de fierté et de liberté à chaque fois que je monte sur ma bicyclette. D’autant que lorsqu’on est demandeur d’emploi, on n’a pas toujours le moral. Cela permet aussi de faire du sport et de rencontrer des gens. »

Combien coûte un cours dans une vélo-école ?

Les vélo-écoles proposent en général des stages en petits groupes, en fonction de votre niveau. Si vous n’avez jamais appris à faire du vélo ou si vous n’en avez pas fait depuis très longtemps, il faut en général une dizaine de cours au minimum pour maîtriser un cyclo. Le temps de trouver son équilibre et de prendre confiance en soi. Certaines personnes ont développé une véritable appréhension après une mauvaise chute ou l’accident d’un proche par exemple.

La plupart des vélo-écoles proposent à la fois des cours d’apprentissage (pour les primo-apprenants) et des sessions de remise en selle (pour les personnes sachant pédaler mais qui ne circulent pas à vélo). Ces cours d’approfondissement permettent notamment d’apprendre à rouler en ville, au milieu du trafic. Le plus souvent, les vélos sont fournis par l’association, il n’est donc pas nécessaire d’en avoir déjà acheté un pour commencer à pratiquer.

En plus de l’adhésion à l’association (compter quelques euros pour une année), il vous en coûtera en moyenne 10 euros pour un cours collectif et 20 euros pour un cours individuel dans le réseau de la FUB. Avec des réductions possibles pour les personnes en recherche d’emploi ou bénéficiant des minima sociaux. Le tarif peut aussi être dégressif en fonction du quotient familial.

En plus des cours, quelques associations comme La maison du vélo à Toulouse ont un service de location de vélos. Elles sont peu nombreuses car cela demande une logistique importante pour l’entretien et le stockage. D’autant plus que la plupart des grandes villes proposent des vélos en libre-service.

Des cours de vélo pour les enfants aussi

Place au Vélo, à Nantes, comme environ la moitié des vélo-écoles en France, intervient aussi en milieu scolaire pour apprendre aux enfants à faire du vélo. En moyenne, l’association en forme plus de 3 000 par an, dans les écoles et les collèges. Mais en 2020 et 2021, avec la crise du Covid, les interventions se sont considérablement réduites.

L’association nantaise a également initié des cours de vélo individuels pour enfants pendant les vacances scolaires, au sein de ses locaux et non plus à l’école. « Certains parents nous ont fait cette demande car ils disent avoir du mal à apprendre à leurs enfants à faire du vélo. Ils ne savent pas comment s’y prendre », raconte Loïc Boche de Place au Vélo. Et s’ils n’ont jamais appris eux-mêmes, c’est forcément encore plus compliqué.

Pour en savoir plus :

Consultez le site de la Fédération française des usagers de la bicyclette : www.fub.fr/velo-ecoles. Et pour trouver une vélo-école proche de chez vous, regardez la carte de France.

Quelle est la formation des moniteurs de vélo-écoles ?

Qu’ils soient bénévoles ou salariés (dans 20 % des cas), la grande majorité des moniteurs de vélo-écoles ont reçu une formation spécifique pour enseigner l’apprentissage du vélo. Il en existe essentiellement deux en France :

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Angélique Pineau-Hamaguchi

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets de société (environnement, économie sociale et solidaire…).

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