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Vélo-écoles : se remettre en selle pour avancer

Parce qu’on peut apprendre à faire du vélo à tout âge, des associations proposent des cours gratuits ou pour quelques euros. Des vélo-écoles qui permettent de retrouver un peu d’autonomie et de confiance en soi.

Le vélo peut être un bon moyen – écologique qui plus est – de se déplacer au quotidien. Sauf quand on ne sait pas en faire. Ce serait le cas d’un peu plus de 2 % des adultes en France*. Et même si l’on a appris dans son enfance, le manque de pratique a tendance à faire oublier les acquis au fil du temps.

* Selon « Le vélo et les Français en 2012 », étude réalisée à la demande du Club des villes et territoires cyclables et de la Coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo.

 

Plus de 50 vélo-écoles dans toute la France

Pour apprendre (ou réapprendre) à en faire, des vélo-écoles associatives se développent depuis une quinzaine d’années. Elles seraient une cinquantaine aujourd’hui, réunies au sein de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB). « Les plus importantes d’entre elles forment plusieurs centaines de personnes par an », indique Baptiste Cellier, en charge de l’apprentissage de la mobilité à vélo à la FUB.

Des bénévoles (seule une vingtaine de vélo-écoles comptent des salariés) les aident à trouver l’équilibre et la confiance nécessaires pour maîtriser la petite reine, jusqu’à être à l’aise pour circuler en ville. Les cours y sont gratuits (en dehors bien sûr de l’adhésion annuelle à l’association) ou coûtent quelques euros de l’heure.

 

Être plus mobile pour espérer décrocher un emploi

La majorité des vélo-écoles s’adressent à un public adulte, des femmes à 90 %. Et environ la moitié est en recherche d’emploi. « En apprenant à faire du vélo, ces personnes souhaitent être plus mobiles pour accéder plus facilement au marché du travail, ajoute Baptiste Cellier. La plupart n’ont pas de voiture ni même le permis de conduire. C’est donc une vraie solution pour pouvoir se rendre aux entretiens d’embauche et espérer en finir avec le chômage. »

En plus des cours, quelques associations comme La Vélostation à Chambéry ou La maison du vélo à Toulouse proposent également la location de bicyclettes.

 

Se sentir plus libre, plus en confiance

Certains adultes ont le déclic après la naissance de leurs enfants ou petits-enfants. À l’image d’Agnès, 37 ans, qui a suivi les cours de Place au vélo, à Nantes, pendant environ deux mois.

« Cela a longtemps été un complexe pour moi de ne pas savoir faire du vélo. Adolescente, je trouvais toujours des excuses pour ne pas aller me balader avec mes amies. Et quand mon fils a commencé à en faire, c’était un déchirement de le voir partir avec son papa sans que je puisse me joindre à eux. » Alors, même si cela l’effrayait un peu, Agnès a décidé de se remettre en selle et ne le regrette pas. « Depuis, j’ai un sentiment de fierté et de liberté à chaque fois que je monte sur ma bicyclette. D’autant que lorsqu’on est demandeur d’emploi, on n’a pas toujours le moral. Cela permet aussi de faire du sport et de rencontrer des gens. »

 

Un premier pas pour relever de nouveaux défis

Une réussite qui en appelle d’autres. Il n’est pas rare que les personnes qui parviennent à faire du vélo se lancent ensuite de nouveaux challenges. « C’est une démarche émancipatrice de façon générale, estime Loïc Boche, en charge de la formation des adultes à Place au vélo, à Nantes. La confiance acquise déclenche souvent autre chose : l’envie d’apprendre à nager ou de passer le permis de conduire par exemple. »

 

Pour en savoir plus

  • Angélique Pineau
  • Crédit photo : Kichigin / Shutterstock

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