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Alain Baraton : « l’optimiste est un penseur et un rêveur »

Alain Baraton : « l’optimiste est un penseur et un rêveur »

Alain Baraton est jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles et chroniqueur sur France Inter et France 5. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier « Le Camélia de ma mère »*.

Êtes-vous optimiste ?

Alain Baraton : Je suis optimiste par nature. C’est mon moteur. C’est ma raison d’être et j’ai du mal à concevoir que l’on ne puisse pas l’être. D’ailleurs jardiner n’est qu’optimisme. Car entre le moment ou vous semez et où vous voyez pousser la flore, la fleur ou le légume, il a pu se passer mille choses : le froid, le gel, le manque d’eau… Mon métier ne relaie que du bonheur. Même quand le jardin est terminé, il se bonifie et donne du plaisir aux générations à venir. Il n’existe pas beaucoup d’activités qui ont des répercussions sur des centaines d’années. À Versailles, les travaux de Le Nôtre continuent d’être appréciés. Quatre cent ans après, on en parle encore. Voilà un bel exemple d’optimisme !

 

Voyez-vous le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Alain Baraton : L’exemple du verre ne me correspond pas. Il n’est jamais « à moitié ». Pour moi, il est vide ou il est plein. Connaissez-vous le dicton ? « Un verre plein, je le vide mais un verre vide, je le plains. » Disons que je suis un optimiste défaitiste ! Je m’explique : dès que je rencontre une difficulté ou que je ne suis pas satisfait, je me sens désespéré, abattu. J’ai un énorme moment de découragement. Puis mon optimisme reprend le dessus. Je pense que le défaitisme qui m’assaille dans certaines situations est une manière de ne pas devenir un imbécile heureux. Il me rappelle les réalités de la vie et m’aide à pondérer mon optimisme. Tout n’est pas toujours beau, merveilleux ! L’échec existe et peut à tout moment arriver.

 

L’éducation joue-t-elle un rôle sur notre optimisme ?

Alain Baraton : L’influence de l’éducation est un mystère. Dans ma famille, nous étions sept enfants. Nous avons reçu la même éducation et pourtant nous sommes tous de caractères très différents. Je pense que l’éducation vous donne des repères mais que votre force intérieure vous est propre.

L’optimisme, c’est de croire que l’on a de la force mais aussi de croire que, pour bien vivre, il n’est pas vraiment nécessaire d’en avoir. Rien n’est finalement insurmontable. Je pense que l’optimiste connaît plus facilement l’échec que le pessimiste qui n’ose prendre aucun risque. Mais l’optimiste est un penseur et un rêveur. Il est capable de se réfugier dans ses pensées pour trouver le soleil autour de lui.

Avez-vous remarqué que l’optimiste aime les dictons ? Tout vient à point à qui sait attendre. On ne tue pas la poule aux œufs d’or. Il a besoin qu’on lui rappelle que la vie est belle contrairement au pessimiste qui, de toute façon, ne voit que les aspects négatifs. Le pessimiste ne peut se réjouir du beau temps de juin sans penser : « On va le payer ce temps-là » alors que l’optimiste sait qu’après la pluie revient le beau temps.

 

Peut-on communiquer l’optimisme ? Et comment ?

Alain Baraton : Les gens transmettent leurs états d’âme. Un sourire, une bonne humeur irradie l’entourage. Mais globalement l’optimisme est un état d’esprit profond, une philosophie. Il est difficile de changer quelqu’un ou d’insuffler ce mode de pensée. Heureusement, le rire est le propre de tout homme. Il est fait pour aimer, être aimé, se reproduire et pour transmettre.

 

On peut donc dire que vous êtes un parfait optimiste…

Alain Baraton : Oui, mais le bonheur de vivre ne se confond pas avec la naïveté ou la niaiserie. Je suis juste un admirateur de la beauté naturelle des choses qui m’entourent et me font du bien.

Et sachez que l’optimiste a des valeurs : Je ne vais jamais voir un film qui se termine mal, il faut que le héros gagne. J’ai besoin que justice soit faite. Les méchants sont punis, la morale est sauve !

* Le Camélia de ma mère, Éditions Grasset.

  • Aurèle Cariès
  • Crédit photo : DR

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