Modes de garde : « Il faut se demander en quoi (ou en qui) on a le plus confiance »

Choisir un mode de garde pour ses enfants n’est pas toujours simple. Peser le pour et le contre, et bien se renseigner avant, peut permettre de faire le bon choix. Crèche ou nounou ? Comment avoir confiance ? Réponses.

Portrait Myriam Szejer

Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste, auteure de Si les bébés pouvaient parler (éd. Bayard Culture) et présidente de l’association La cause des bébés, donne quelques conseils pour faire le bon choix.

Quelles sont les questions à se poser avant d’opter pour un mode de garde ?

Myriam Szejer : Dans la mesure où l’on a le choix (ce qui n’est pas toujours le cas), il faut évaluer ce qui convient le mieux à la famille et ce qui nous inspire le plus confiance. Par exemple, si l’on se dirige vers une assistante maternelle, il faut se demander si on est réellement en mesure de déléguer la responsabilité de son enfant à une autre femme. Car, si la mère (ou le père) se sent dans l’impossibilité de faire confiance à quelqu’un d’autre, elle/il se sentira mal et le bébé sera lui aussi dans l’inconfort, car soumis à un système de double loyauté. Mieux vaut, dans ce cas, se tourner vers une structure collective, qui sera plus adaptée.

Et si l’on se sent bien avec l’idée de confier son enfant à une tierce personne ?

M.S. : Attention néanmoins à ne pas être aveuglément confiant. Mon conseil est de mettre la professionnelle en présence de l’enfant et d’observer comment elle se comporte : est-ce qu’elle est chaleureuse ? Comment parle-t-elle de son métier ? Est-ce un gagne-pain ou quelque chose qui l’épanouit ? Par ailleurs, une fois le mode de garde choisi, il faut pouvoir repérer les signes d’alerte transmis par son bébé afin de réagir au plus vite si l’enfant est en danger.

La crèche pour développer la socialisation de l’enfant

Quels sont les signaux d’alerte ?

M.S. : Ce sont principalement les changements de comportement : des troubles du sommeil ou de l’alimentation qui apparaissent, des infections saisonnières récidivantes, des troubles digestifs, la manifestation de tristesse ou de colère… Tout changement durable chez son bébé doit amener à se demander s’il n’est pas en train de nous alerter sur son inconfort dans la situation choisie.

En ce qui concerne les crèches, à quoi faut-il être attentif ?

M.S. : Il faut noter d’abord qu’avant 18 mois, la crèche n’est pas une solution idéale, car le bébé, surtout s’il est un peu fragile et/ou qu’il a été beaucoup « couvé », y sera exposé à une surstimulation et à des journées longues et fatigantes pour son jeune âge. Néanmoins, à partir de 18 mois, ça sera formidable pour lui car il commencera à profiter des interactions avec les autres et à développer sa socialisation. D’ailleurs, quel que soit le mode de garde choisi, un conseil à donner aux parents est d’amener ponctuellement leur enfant dans des structures de socialisation précoce (les lieux d’accueil parents/enfants par exemple) avant l’entrée à l’école, car c’est une très bonne préparation au collectif.

  • Emilie Gilmer
  • Crédit photo : DR

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