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[TEMOIGNAGE] « On ne choisit pas d’être autiste, on naît comme ça »

Zoé a 21 ans. Diagnostiquée autiste Asperger seulement l’an dernier, la jeune femme a pu bénéficier des premiers aménagements de l’université « Aspie-friendly » à Toulouse. Elle raconte son parcours.

[TEMOIGNAGE] « On ne choisit pas d’être autiste, on naît comme ça »

Zoé est loquace. Elle parle facilement de son parcours scolaire, de sa vie, des difficultés rencontrées… « C’est vrai, ça ne se voit pas que je suis autiste Asperger. Je suis hypersociable… une fois que la glace est brisée. Avant, c’est plus compliqué. À la fac, je ne parle à personne, j’ai mon casque sur les oreilles pour ne pas entendre tout ce brouhaha », explique la jeune femme. Zoé a 21 ans. Elle vient de terminer une licence de biologie des organismes à Toulouse et s’oriente vers une école d’ingénieur. Diagnostiquée autiste Asperger tardivement (à 20 ans), elle a su faire face à ses difficultés tout au long de sa scolarité.

Le projet d’université « Aspie-friendly » lancé en 2018 a favorisé la réussite de son année de licence. « Cela m’a aidée psychologiquement déjà. Les responsables du projet et les enseignants m’ont beaucoup encouragée en me disant que je pouvais y arriver. Ayant peu confiance en moi, c’était important de les entendre me dire cela », explique Zoé.

La jeune femme a également pu bénéficier d’aménagements à certains examens. « Mon plus gros problème, c’est la rédaction. Je peux avoir un brouillon parfait et faire un blocage au moment de le remettre au propre. Pour une des matières, j’ai pu passer une partie à l’écrit et l’autre à l’oral », raconte-t-elle.

Une association d’étudiants autistes

Zoé a également participé à des ateliers de réflexion pour améliorer les énoncés des exercices en les rendant plus explicites. « Ce sont parfois des détails mais un mot peut nous bloquer. Autre exemple : c’est compliqué pour nous, les autistes Asperger, de ne pas avoir un rythme régulier en changeant toujours de salles, en ayant des heures de cours différentes. Ce projet d’université « Aspie-friendly » va permettre d’aider beaucoup d’élèves comme moi afin qu’ils trouvent leur place au sein de la fac », précise-t-elle. Une association d’étudiants autistes « La bulle », a également été créée. « Cette association va diffuser des informations sur notre différence et notre manière de vivre pour que les autres nous comprennent mieux. Car hélas souvent les gens nous catégorisent en pensant que soit nous sommes des génies, soit des personnes renfermées sur elles-mêmes, et ils nous mettent à l’écart. Être autiste, c’est comme être homosexuel, on ne le choisit pas, on naît avec ».

« Je suis un peu comme une enfant de 5 ans »

Et Zoé a fait avec sans le savoir pendant 20 ans. « Cela n’a pas été facile, j’ai sauté une classe, on me traitait d’intello. Je jouais toute seule dans la cour. J’avais des difficultés comportementales…Quand j’ai pu mettre un mot sur ce que j’avais, cela m’a permis de comprendre beaucoup de choses comme par exemple mes problèmes de concentration. Comme je dis souvent, je suis un peu comme une enfant de 5 ans c’est-à-dire que je ne comprends pas le second degré, les sous-entendus et je parle sans filtre », explique-t-elle.

La jeune femme essaie d’aller vers les autres. Parallèlement à ces études, elle a travaillé comme serveuse tout au long de l’année. Au début, elle a eu du mal à s’intégrer au sein de l’équipe et puis en fin d’année, elle est sortie avec eux pour fêter la fin du service. Heureuse et fière d’avoir franchi ce cap.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : Getty Images

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