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Vrai/faux sur l’alimentation bio

Certains ne jurent aujourd’hui que par le bio. D’autres, au contraire, considèrent qu’il s’agit là d’un effet de mode, hors de prix et sans véritable valeur ajoutée. Vérités ou préjugés ?

Pour être bio, un produit doit être labellisé.

VRAI. En Europe, c’est le label dit « Eurofeuille » qui certifie tous les produits issus de l’agriculture biologique. Ils répondent à un cahier des charges précis et font l’objet de contrôles réguliers. Le label français AB, aligné en 2009 sur les critères de l’Eurofeuille, est devenu facultatif. Mais il reste souvent apposé sur les produits pour sa notoriété. Enfin, certains labels bio, attribués pour la plupart à des produits déjà estampillés « Eurofeuille », vont plus loin en matière d’exigence environnementale et sociale.

 

Le bio, c’est forcément plus cher.

VRAI & FAUX. Issus d’une agriculture moins productive, employant plus de main-d’œuvre, les produits bio sont effectivement plus chers que les produits non bio. L’écart de prix peut varier de 20 à 80 %, selon les études et les types de produits*. Cependant, le bio est souvent associé à un comportement alimentaire plus « responsable » qui permet de réduire la facture : achat de produits locaux et de saison, moindre consommation de plats préparés, achat en vrac, réduction du gaspillage alimentaire… Selon une étude récente du WWF**, le panier moyen résultant d’un tel comportement, pour une famille de quatre personnes, revient au même prix qu’un panier standard.

* Études UFC Que Choisir, août 2017 – Linéaires, janvier 2017 – Le Parisien, mai 2016 – 60 millions de consommateurs, janvier 2013 – Linéaires, octobre 2011.

** Étude comparative entre panier classique et panier « flexitarien », World Wildlife Fund et Eco2 Initiative, novembre 2017.

 

[TÉMOIGNAGE] Manger bio : « Je choisis les labels les plus exigeants »

Valérie Dubillard raconte ce que le passage à une alimentation bio a changé dans sa vie.

 

Le bio, c’est une affaire de mode.

FAUX. La progression du bio, dans les habitudes françaises de consommation, est telle qu’il n’est plus possible de la limiter à un effet de mode. Les ventes de produits alimentaires bio ont augmenté de 20,7 % en 2016. Et selon le Baromètre Agence Bio/CSA, 89 % des Français ont consommé des produits bio en 2016. Autre indicateur de démocratisation : la grande distribution représente aujourd’hui 42 % des ventes de bio, contre 35 % pour les chaînes spécialisées.

 

[INFOGRAPHIE] Le bio : un marché en plein essor

Retrouvez les chiffres clés sur le bio en France.

 

Les produits bio français sont rares.

FAUX. En 2016, les produits issus de l’agriculture biologique française représentent 71 % du bio consommé dans le pays*. Cette part atteint presque 100 % pour les œufs, 98 % pour les viandes fraîches et transformées, 95 % pour le lait et les produits laitiers, 89 % pour la boulangerie, 75 % pour les légumes… Si elle ne s’élève qu’à 45 % au rayon fruits, c’est principalement dû à l’import des fruits exotiques ou méditerranéens (agrumes, bananes, mangues…).

* Source : www.agencebio.org

 

 À lire aussi : Cantines bio : où en est-on ?

Le point avec Stéphane Veyrat, directeur de l’association « Un plus bio ».

 

L’apport nutritionnel des produits bio est meilleur.

VRAI. Selon une étude internationale datant de 2015, pilotée par l’Université de Newcastle*, les fruits, légumes et céréales bio offrent une concentration supérieure – de 19 à 68 % – en antioxydants. Or ces derniers ont des effets bénéfiques avérés sur la santé. Ils réduisent notamment le risque de certains cancers, de maladies cardiovasculaires et neurodégénératives.

L’étude conclut également à une teneur moindre en azote, cadmium et pesticides dans les végétaux bio. Une autre analyse, commandée en 2016 par le Parlement européen**, confirme la supériorité nutritionnelle des produits bio, en recensant les risques sanitaires (troubles cognitifs, cancers, infertilité…) des résidus de pesticides détectés dans les aliments non bio.

* Organic vs Non-organic food, Université de Newcastle, octobre 2015.
** Human health implications of organic food and organic agriculture, Parlement européen, décembre 2016.

 

Point de vue de Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio

 

Florent Guhl
Crédit photo : DR Agence Bio

« Au bio sont souvent accolés différents stéréotypes. Or, ceux-ci ne correspondent plus à ce que nous constatons dans nos études et sur le terrain. L’un des préjugés les plus tenaces est que le bio serait réservé à une élite urbaine aisée, les fameux « bobos ». Or, nous assistons depuis quelques années à une véritable explosion du bio. L’alimentation biologique pénètre dans toutes les couches de la société, urbaine ou rurale, aisée ou non. Cet essor pose à la filière un problème nouveau : l’apparition d’un risque de pénurie sur de nombreux produits. D’où la nécessité de convertir en biologique toujours plus d’exploitations.

 

En 2016, la surface agricole engagée en bio a ainsi augmenté de 17 %, pour représenter 5,7 % de la SAU*. En conclusion des états généraux de l’alimentation, le 21 décembre 2017, le gouvernement s’est engagé à porter cette part à 15 % en 2022 et à 30 % en 2030. L’Agence Bio fait 5 propositions pour y parvenir : maintenir les dispositifs d’aide aux producteurs bio ; accorder une priorité d’accès foncier aux candidats à l’installation en bio ; introduire 20 % de produits bio dans la restauration collective d’ici 2022 ; doubler le Fonds Avenir Bio de soutien à la filière ; et enfin, orienter les outils de financement privé vers l’agriculture biologique. »

* SAU : surface agricole utile.

  • Paul Warguin
  • Crédit photo : Nayomiee / Getty

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