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Moustiques : comment se protéger ?

Quand ils nous piquent, les moustiques nous laissent un bouton et une sensation de démangeaison. Mais pas seulement ! Ces insectes peuvent aussi être vecteurs de maladies.

« Il existe en France métropolitaine une soixantaine d’espèces de moustiques. Deux d’entre elles sont considérées comme invasives. Aussi appelée moustique tigre, Aedes albopictus est présente dans trente-trois départements français. Et Aedes japonicus est surtout installée dans l’est de la France », explique Sébastien Chouin, directeur scientifique et technique de l’établissement interdépartemental pour la démoustication du littoral atlantique (EID Atlantique).

Toutes ces espèces ont en commun d’être plus petites qu’une pièce de 20 centimes d’euro, d’avoir un corps fin, de grandes pattes ainsi qu’une trompe en forme de seringue. Chez ces insectes, ce sont les femelles qui piquent. Or, si ces piqûres font partie des petits désagréments de l’été, elles peuvent avoir des conséquences plus graves que la simple démangeaison.

Les moustiques sont en effet vecteurs de maladies comme la dengue, la fièvre jaune, le chikungunya, la fièvre West Nile ou encore le Zika. Pour l’heure, il n’y a pas d’épidémie en France (métropole et outre-mer). Mais, il est tout à fait possible qu’un insecte pique une personne infectée, puis une personne saine et propage ainsi le virus. Face à ces moustiques qui font l’objet d’une surveillance rapprochée de la part des autorités sanitaires, il faut être particulièrement vigilant.

Les eaux stagnantes : un nid à moustiques

La première mesure de prévention est d’éviter la prolifération des moustiques. Une fois fécondée par le mâle, la femelle part à la recherche d’une victime à piquer (humaine ou animale). Elle est attirée par le dégagement de CO2 lié à la respiration, par la transpiration ainsi que par des composés olfactifs tels que les acides lactiques. Le sang prélevé par la piqûre lui donne les protéines nécessaires au développement de ses œufs. Ces derniers ont besoin d’eau pour éclore et passer au stade de larve, puis de nymphe et enfin d’adulte.

« C’est justement pour éviter ce développement qu’il faut agir sur les gîtes potentiels. Comment ? En nettoyant les gouttières, en vidant les soucoupes des pots de fleurs, en couvrant les réservoirs d’eau et les piscines non utilisées, etc. Bref, en éliminant tous les endroits où l’eau peut stagner », préconise Sébastien Chouin.

La moustiquaire : la meilleure barrière

Autre mesure de prévention : éviter les piqûres, tout simplement. Pour protéger la maison et ses habitants, les moustiquaires imprégnées ou non d’insecticide (à installer aux fenêtres, portes et autour des lits) restent la meilleure barrière physique. « On peut aussi porter des vêtements couvrants et amples, d’une couleur claire qui attirera moins les moustiques. Autre solution : faire fonctionner un ventilateur ou un climatiseur, car ils détestent l’air frais. On peut également limiter les activités en extérieur aux heures où les moustiques tigres sont les plus actifs, c’est-à-dire à l’aube et au crépuscule », conseille Sébastien Chouin.

Antimoustiques : sont-ils recommandés ?

Appliquer un antimoustique, répulsif, qui éloigne l’insecte sans le tuer, sur les vêtements et sur les zones de peau découvertes permet de compléter la protection. « L’usage de ces produits doit être réservé à certaines circonstances, lorsqu’il y a vraiment beaucoup de moustiques ou quand il y a des risques de transmission de maladies », précise Sébastien Chouin.

Leur durée d’efficacité varie entre quatre et huit heures et leur application doit être renouvelée après une baignade, par exemple. De même, en cas d’utilisation de crème solaire, l’application de répulsif doit avoir lieu après un délai d’au moins vingt minutes. Il en existe de plusieurs types. Ces produits doivent être employés avec précaution. Ils ne doivent pas être ingérés, ni appliqués sur les muqueuses ou sur des lésions cutanées. Quelques conseils : ne pas en couvrir le visage et les mains des enfants de moins de 30 mois, en raison du risque d’ingestion orale et consulter son pharmacien ou son médecin avant de les utiliser chez la femme enceinte et chez le tout-petit. Chez la femme allaitante, le Haut Conseil à la santé publique (HCSP) considère que « leur utilisation est possible en respectant les mêmes précautions que chez les autres adultes et en veillant à la non-application au niveau du sein ainsi qu’au lavage des mains avant la mise au sein ».

Des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes, vendus sous la forme d’aérosols ou de diffuseurs électriques, existent également. Ils utilisent des molécules chimiques pour tuer les moustiques. L’association UFC-Que choisir, qui a étudié ces produits, préconise toutefois de les utiliser avec parcimonie. « Leurs effets nocifs pour la santé sont encore mal cernés », selon elle. Dernier type d’insecticides : les serpentins fumigènes doivent être employés exclusivement à l’extérieur et, « pour une bonne protection, il faut se trouver à proximité immédiate », ajoute l’association.

Quelles alternatives ?

D’autres protections existent sur le marché de l’antimoustique, mais toutes n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Ainsi, les colliers, l’absorption quotidienne d’ail, la citronnelle sous toutes ses formes, les flacons et sprays d’essences végétales, les lampes à ultraviolets et les applications pour smartphones sont jugées par l’UFC-Que Choisir comme ayant « une efficacité très faible ou nulle ».

Le HCSP va même plus loin. Il indique qu’« il est fortement recommandé de ne pas utiliser : les bracelets anti-insectes pour se protéger des moustiques et des tiques. Idem pour les huiles essentielles, dont la durée d’efficacité, généralement inférieure à vingt minutes, est insuffisante ; les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide ».

 

Le moustique tigre sous surveillance

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive installée en France depuis 2004. À ce jour, il est implanté dans trente-trois départements. Dans certains cas, il peut être vecteur de maladies telles que la dengue ou le chikungunya. Les autorités sanitaires suivent avec attention l’extension de son implantation. Et la population est invitée à signaler sa présence sur le portail Signalement-moustique.fr
L’EID Atlantique, qui participe à cette surveillance, a créé l’application iMoustique (disponible gratuitement sur l’App Store et le Google Store). Celle-ci permet d’envoyer une photo du moustique tigre observé partout en France, de se renseigner sur cet insecte et de recevoir des conseils sur les actions de prévention qui limitent sa prolifération.

  • Léa Vandeputte (ANPM-FRANCE MUTUALITE MAI 2017)
  • Crédit photo : Shutterstock

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