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Tatouages : dangereux pour la peau ?

Qu’il soit permanent ou temporaire, le tatouage peut, dans certains cas, être responsable d’atteintes de la peau. Les dermatologues diffusent régulièrement des mises en garde et rappellent les quelques précautions à prendre.

Choisir de se faire tatouer n’est pas un acte anodin, puisqu’il est quasi irréversible. Si le choix du motif et de sa localisation sur le corps est une affaire personnelle, il faut – pour ne pas prendre de risque – faire preuve de vigilance avant de passer à l’acte.

 

Sur quel type de peau ?

Certaines personnes ont une peau fragile, voire malade, et il leur est déconseillé de se faire tatouer. Par exemple, celles qui ont la peau claire et de nombreux grains de beauté ont plus de risques de développer un cancer de la peau. Or un tatouage, surtout s’il est de grande taille, rend plus difficile la surveillance d’éventuelles lésions par un dermatologue. Les personnes souffrant de vitiligo (dépigmentation), d’eczéma ou de psoriasis prennent elles aussi des risques : le tatouage peut en effet aggraver leurs problèmes cutanés. C’est aussi le cas pour ceux qui souffrent de sarcoïdose (maladie inflammatoire) avec des manifestations au niveau de la peau. Le tatouage est également déconseillé aux personnes ayant tendance à faire des cicatrices hypertrophiques (masses rougeâtres) ou chéloïdiennes (qui forment une excroissance sur la peau).

 

Des encres sous surveillance

Selon le Syndicat national des dermatologues vénérologues (SNDV), les encres de tatouage peuvent contenir des métaux toxiques, comme le chrome, le cuivre, l’aluminium ou le mercure, qui peuvent être théoriquement cancérigènes. Cependant, ils sont présents en quantité infinitésimale, et pour l’instant aucune étude n’a jamais mis en évidence un lien entre tatouage et risque de cancer de la peau.

Le SNDV ajoute que les pigments contenus dans les encres peuvent aussi être à l’origine de réactions allergiques plus ou moins importantes (démangeaisons, inflammations), qui nécessitent parfois que le tatouage soit effacé.

À noter : en France, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour garantir aux consommateurs des encres de qualité : depuis 2004 et la création du syndicat national des artistes tatoueurs, les encres sont examinées et sélectionnées par un collège de médecins et de dermatologues. Elles doivent être conformes aux normes sanitaires européennes qui garantissent notamment leur stérilité (vous pouvez demander à votre tatoueur de vous présenter les certificats de conformité des encres qu’il utilise).

Il existe enfin un groupe d’experts sur l’évaluation des risques des produits de tatouage (maquillage permanent et semi permanent inclus) au sein de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

 

Difficile à effacer

Environ 10 % des personnes tatouées ont recours au laser pour faire disparaître leur tatouage. Si c’est de plus en plus fréquent, ce n’est pas facile pour autant et cela peut être long et coûteux. Les tatouages monochromatiques, en général noirs, peuvent être effacés sans laisser de cicatrice visible en trois à quatre séances. Par contre, les tatouages multicolores, en général plus profonds dans le derme, peuvent nécessiter jusqu’à une dizaine de séances. De plus, certaines couleurs (le vert, le jaune, le bleu turquoise) sont particulièrement difficiles à effacer.

Attention : certains tatoueurs peuvent être équipés de lasers pour détatouer. Or, ils ne sont pas habilités à les utiliser.

 

Tatouages éphémères au henné

Chaque année, des cas d’allergies graves, suite à des tatouages au henné, sont rapportés par les dermatologues. En cause : l’adjonction de paraphénylènediamine (PPD), pour renforcer la coloration noire et la durée du tatouage. Avant d’opter pour un tatouage au henné, il vaut donc mieux vérifier sa couleur : le henné naturel est orange à brun verdâtre, mais surtout pas noir. Si vous avez un doute, demandez au tatoueur à voir l’étiquette indiquant la composition du produit qu’il utilise.

 

Pour en savoir plus

  • Émilie Gillet
  • Crédit photo : Helen King/Corbis

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