Les Ehpad du Groupe VYV se préparent à la reprise de l’épidémie

Face à la remontée spectaculaire du virus, les Ehpad se préparent. Leurs atouts : les enseignements de la première vague. Visites sur rendez-vous, organisation des dépistages, comment les établissements du Groupe VYV s’organisent-ils ?

ehpad

Pour de nombreuses familles de résidents en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), la première vague de SARS Cov2 a laissé un souvenir amer. Isolement du parent âgé du fait de son confinement en chambre, contraintes drastiques d’organisation à respecter pour les visites… Le virus reprenant aujourd’hui clairement de la vigueur, les proches des personnes âgées résidant en Ehpad sont légitimement anxieux. « Mon parent est-il bien protégé face à ce rebond de la pandémie ? », « Va-t-on encore enfermer les résidents dans leur chambre ? » … Autant de questions qui restent posées. Le Ministère des Solidarités et de la Santé apporte quelques réponses. Ainsi le protocole dédié aux établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées daté du 11 août 2020 prévoit que les visites extérieures se poursuivent normalement mais simplement que des « réponses graduées » puissent être faites en établissement « en fonction de la situation ». Parmi ces solutions : la réactivation des visites sur rendez-vous, la modulation du format des visites (durée, nombre de visiteurs en simultané…). Ou encore la priorité donnée aux visites en extérieur.

Confinement en chambre : proscrit

« Le confinement en chambre a été un vrai sujet de débat, confie Valérie Levacher, directrice du pôle Accompagnement de VYV 3, l’offre de soins et d’accompagnement du Groupe VYV (qui gère 180 établissements et services pour personnes âgées, dont 106 Ehpad). Nous savons qu’il a eu des conséquences sur la coupure du lien social des personnes âgées, même si cette coupure a été compensée par la mise à disposition de tablettes Skype. Ces tablettes sont toujours disponibles mais notre volonté est de ne pas revenir sur un confinement individualisé. S’il le fallait, nous imaginons plutôt un confinement par unités de vie. »

Deux visiteurs au maximum

Pas question, donc, de reconfiner dans les chambres. Quant aux visites, de nombreux Ehpad sont passés aux visites sur rendez-vous depuis que la circulation du virus s’est à nouveau accélérée. Quant aux repas, au sein des Ehpad gérés par la Mutualité Française Centre Val-de-Loire (MFCVL), par exemple, ils continuent d’être servis en salle afin de garantir le maintien du lien social mais en respectant les préconisations gouvernementales de distanciation sociale, ce qui n’est pas toujours simple pour les équipes.

Tester… oui mais

Les tests ? Compliqué. Même si Emmanuel Macron a évoqué, lors de sa visite dans un Ehpad du Loir-et-Cher le 22 septembre, qu’il faut trouver la meilleure organisation, « c’est-à-dire tester les soignants et ceux qui sont en contact avec les personnes âgées » afin de « protéger au maximum nos aînés », les choses ne sont pas si simples. La congestion des laboratoires d’analyse et la longueur du délai d’obtention des résultats aux tests Covid-19 qui s’ensuit constituent un obstacle de taille. Comment gérer l’isolement si le résultat met deux semaines à venir ? Il n’est actuellement pas obligatoire de tester le personnel soignant. C’est donc à chaque établissement de sensibiliser son personnel sur l’importance du test PCR en cas de symptôme, de contact à risque et de retour de congé. « Nous sommes très vigilants sur les tests afin d’éviter toute propagation du virus », explique Bruno Papin, directeur général adjoint de la Mutualité française Centre Val-de-Loire, qui gère notamment un pôle personnes âgées (résidences-autonomie, Ehpad, services de soins infirmiers à domicile…). Au retour des vacances d’été, « le dépistage a été recommandé pour les collaborateurs avant la reprise du travail », précise Valérie Levacher.

Première vague : des enseignements précieux

Heureusement, les résidences pour personnes âgées ont pu tirer des enseignements de la vague initiale de Covid-19. En premier lieu, la nécessité de développer une « culture sanitaire » au sein des structures. Et par exemple, de faire appel à un médecin-coordonnateur du pôle autonomie. C’est le rôle que joue le Dr Sophie Kubas pour la Mutualité Française Centre Val-de-Loire. « La première vague a montré l’importance, pour les établissements, de disposer d’un regard scientifique et médical », souligne-t-elle. Au printemps dernier sa mission a consisté à :

  • sensibiliser les personnels aux règles d’hygiène
  • conseiller les établissements sur l’organisation à mettre en place pour les tests et l’isolement.
  • aider à organiser les espaces Covid et les circuits de prise en charge

En lien étroit avec l’Autorité régionale de santé (ARS), la cellule de crise de la MFCVL est toujours active et reste mobilisée pour coordonner des protocoles sanitaires adaptés à chaque établissement

Second enseignement : l’appel aux volontaires. Expérimenté au sein des structures médico-sociales lors de la première vague, parallèlement au redéploiement des personnels et à la fermeture provisoire de certaines unités hospitalières, cet appel devrait se faire auprès de différents corps de métiers : pompiers, bénévoles de la Croix-Rouge, personnels de l’aviation au chômage technique…

  • Félix Maréchal
  • Crédit photo : Getty Images

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